‹ La MusiqueChapitre 59 sur 188 · INSTRUMENTS A ANCHE · texte numérisé non relu

INSTRUMENTS A ANCHE

pp est le tuyau ou le vent arrive par en bas ; l’anche l est dans la rigole r, fixée elle-même dans le couvercle de bois s; d est le curseur. Celui-ci presse par en bas sur l’anche; si on l’enfonce, ilia raccourcit, ce qui élève le son ; le contraire se produit si on le tire vers le haut. On peut ainsi produire facilement et à volonté de petites modifications dans la hauteur du son.

2° Les anches de la clarinette, du hautbois et du basson, taillées dans des plaques élastiques, présentent une construction analogue. La clarinette a seulement une anche large, qui est fixée devant une ouverture correspondant à l’embouchure, comme dansles anches métalliques précédemment décrites, et qui battrait si l'amplitude de sa course était grande. Mais cette amplitude est faible et, par la pression des lèvres, l’anche est seulement rapprochée de son cadre de manière à rétrécir suffisamment la fente, sans battre contre les bords. Dans le hautbois et le basson, il y a, à l’embouchure, deux anches de ce genre placées l'une contre l'autre ; elles sont séparées par une faible distance, et le courant d’air qui passe au milieu les force à fermer la fente à chaque vibration.

3° Anches membraneuses.

La meilleure manière d’étudier leurs particularités consiste à construire artificiellement des anches de ce genre. A cet effet, on coupe l’extrémité supérieure d’un tube en bois ou en caoutchouc, suivant deux plans obliques, comme le montre la figure 30, de manière qu’il reste deux saillies à peu près rectangulaires entre les plans des deux sections. On place alors deux bandelettes de caoutchouc vulcanisé, peu tendues, sur les deux sections obliques, de manière à laisser entre elles, à la partie supérieure, une fente étroite, et on les entoure d'un fil. De cette manière, on forme une embouchure à anche, que l'on peut associer à volonté à des tuyaux, ou à d’autres cavités remplies d’air. Dans la vibration, les membranes ouvrent ou ferment la fente en se rapprochant ou en s’éloignant l’une de l’autre. Des membranes ainsi disposées obliquement, parlent beaucoup plus facilement que lorsqu’on les place perpendiculairement à l’axe du tuyau, comme l’a proposé J. Müller ; car alors elles ne peuvent ouvrir et fermer alternativement le passage qu’après avoir été infléchies par la pression de l’air. Pour des anches membraneuses de ce genre, on peut diriger le courant d’air aussi bien dans le sens des flèches, que dans le sens

Fig. 30.

opposé. Dans le premier cas, la fente est ouverte par les anches au moment où celles-ci se dirigent vers le réservoir à air, et par conséquent vers le fond du tuyau. J'appellerai anches en dedans des anches de cette nature ; elles donnent toujours des sons plus graves que si on les faisait vibrer librement, sans les relier à un espace rempli d’air. Les anches déjà énumérées des tuyaux d’orgue, de l'harmonium et des instruments de bois, sont toujours disposées de cette manière. Mais on peut aussi opposer les anches membraneuses ou métalliques au courant d’air, de manière qu’elles lui laissentle passage libre, lorsqu’elles se dirigent vers l’extérieur de l’instrument. Je les appelle alors anches en dehors. Les 'sons des anches en dehors sont constamment plus aigus que ceux des anches isolées.

Comme instruments de musique, il y a lieu de considérer deux sortes d’anches membraneuses; ce sont les lèvres humaines dans le jeu des instruments de cuivre, et les cordes vocales du gosier dans le chant.

Il faut considérer les lèvres comme des anches membraneuses trèsfaiblement élastiques, formées par un grand nombre de tissus humides, et qui, à cause de cela, ne vibreraient relativement qu’avec beaucoup de lenteur, si on pouvait les employer isolément. Dans les instruments de cuivre, elles forment des anches en dehors qui, d’après la règle précédente, doivent donner des sons plus aigus que leur son propre. Grâce à leur faible résistance, elles sont mises en mouvement assez facilement dans les instruments de cuivre, par la pression variable des colonnes d’air vibrantes.

Dans le gosier, les cordes vocales élastiques jouent le rôle d’anches membraneuses. Elles sont tendues d’avant en arrière, comme les rubans de caoutchouc de la figure 30, et laissent entre elles une fente, celle de la glotte. Elles présentent, sur toutes les anches artificielles, l’avantage de pouvoir modifier d’une manière extraordinairement sûre et rapide l’étendue de la fente, leur tension et môme leur forme ; ajoutons à cela les grandes modifications dont est susceptible la cavité de la bouche. Il en résulte que la voix humaine peut produire une bien plus grande variété de sons que n’importe quel instrument. Si on examine au laryngoscope, les cordes vocales pendant la production du son, on les voit exécuter des vibrations très-sensibles, surtout pour les notes graves de poitrine ; l’ouverture de la glotte se trouve entièrement fermée, chaque fois que les cordes vocales se meuvent vers l’intérieur du corps.

La hauteur des divers instruments à anches énumérés ici peut être . modifiée au moyen de procédés très-différents. Les anches métalliques de l’orgue et de l’harmonium ne sont jamais destinées qu’à la produc-

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