‹ La MusiqueChapitre 58 sur 188 · SONS DES TUYAUX A ANCHE · texte numérisé non relu

SONS DES TUYAUX A ANCHE

sons aigus sont plus facilement anéanties par le frottement. Aussi le bois donne-t-il un timbre plus doux ou plus sombre, moins mordant.

Le caractère général de tous ces jeux est, en outre, de donner facilement le son; aussi se prétent-ils bien à un dessin mélodique trèsrapide, mais l'intensité du son ne comporte pour ainsi dire pas de modification, parce qu’un faible accroissement dans la force du souffle élève déj^ notablement la hauteur. Sur l’orgue, par conséquent, le forte et le piano ue peuvent être obtenus qu’en tirant des registres qui ouvrent plus ou moins de tuyaux, d’un timbre fort et mordant, on bien doux et faible. Aussi les moyens d’expression sont-ils restreints sur cet instrument, mais, d’un autre côté, il doit évidemment une partie de son action particulièrement grandiose, à cette circonstance que le son y présente une intensité invariable, à l’abri et au-dessus des excitations subjectives.

O. Sons des tuyaux à aticbc.

Le son des instruments de cette catégorie se produit de môme que sur la sirène; l’accès du tuyau est successivement ouvert et fermé au courant d’air, en sorte que ce dernier se subdivise lui -même en une série de secousses isolées imprimées au gaz. Dans la sirène, cet effet se produit, comme nous l’avons dit plus haut, au moyen d’un disque tournant percé de trous; dans les instruments à anche, ce sont des plaques élastiques ou des membranes qui, entrant en vibrations, ouvrent et ferment alternativement l’orifice sur lequel elles sont fixées. A cette catégorie appartiennent :

1° Les tuyaux à anche de l’orgue et l’harmonium. Leurs anches représentées en perspective (fig. 28, A), et en coupe [fig. 28, B), sont de petites lames métalliques rectangulaires zz fixées sur une

Fig. 3*.

plaque plane a, percée elle-même d’une ouverture b de même forme et de même dimension que l’anche. Quand celle-ci est au repos, elle ferme l’ouverture complètement, en laissant seulement sur ses

bords une fente aussi étroite que possible. Quand elle entre en vibrations, elle oscille entre les deux positions désignées par z, et z*, dans la figure 28. Dans la position zt, comme on voit, l’air trouve un passage dont le sens est indiqué par la flèche; dans la position zâ, l’ouverture est fermée par l’anche. L’anche représentée ici est Y anche libre. Je plus généralement employée aujourd’hui. Ces anches sont un peu plus petites que l’ouverture qu’elles ferment, de manière à pouvoir s’y mouvoir sans en toucher les bords. Autrefois on employait des anches battantes qui, à chaque vibration, frappaient contre leur cadre; mais elles ne sont plus employées à cause de leur son trop criard et bruyant.

Le mode de fixation des anches dans les registres de l’orgue est

représenté dans les figures 29, A et B. A porte, à sa partie supérieure, un cornet acoustique ; B est supposé fendu suivant sa longueur ;

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