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HECOM POSITION ARTIFICIELLE DES TIMBRES

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les voyelles de la voix humaine, parce qu’elles contiennent relativement peu de bruits étrangers, et présentent , dans leur timbre, des différences très-tranchées qu’il est facile de reproduire. La plupart des voyelles, en effet, sont caractérisées par un petit nombre d’harmoniques graves que peuvent donner nos diapasons ; l'É et 1,1 seulement, sortent un peu des limites. Le mouvement des diapasons tout à lait aigus, sous l'influence du courant électrique, est trop faible, pour que je puisse l’employer sans troubler l’expérience par le bruit des étincelles électriques.

J’ai fait la première série d’expériences avec les huit diapasons allant du si \?0 au si[,3. Je pouvais reproduire l'OU, l’O, l'EU et môme l’A, mais celui-ci n’était pas très-mordant parce que les harmoniques utt et rék, immédiatement au-dessus du si caractéristique, et encore notablement renforcés dans la voyelle naturelle, faisaient défaut dans l’expérience. Le son fondamental de cette série, le si pris tout seul, donnait un OU très-sourd, beaucoup plus sourd que le langage ne peut le produire. Le son se rapprochait de l’OU quand on faisait vibrer en môme temps, mais faiblement, le second et le troisième son partiels si et faa. On obtenait un très-bel O en donnant fort le si j.4, et plus faiblement le sij,, le fa% et le ré3. Le son fondamental si [,0 devait ôtre un peu étouffé. En modifiant brusquement la position des couvercles des résonnateurs, de manière ji rendre au si[,0 toute sa force et à affaiblir tous les harmoniques, l’appareil donnait très-bien et très-nettement un OU après un O.

J'obtenais un A ou plutôt un A% en faisant sortir aussi forts que possible les sons les plus élevés de la série, du cinquième au huitième, et affaiblissant les autres.

Quant aux voyelles de la seconde et de la troisième série, caractérisées par des sons encore plus aigus, on ne peut que très-imparfaitement les reproduire en donnant leurs résonnances graves. On ne pouvait même pas les distinguer nettement par elles-mêmes, mais seulement par opposition à l’OU et à 10, quand on alternait avec ces dernières voyelles. L’appareil donnait un AI passablement net, quand je renforçais surtout le quatrième et le cinquième sons partiels, en affaiblissant les plus graves, et une espèce d’É quand je renforçais le troisième, affaiblissant tous les autres. La différence de ces deux voyelles avec l’O consistait principalemeut en ce que le son fondamental et ses octaves devaient être beaucoup plus faibles dans l’AI et l’É, que dans l'O (1).

(I) U faut corriger d'après ces Indications les résultats consignés dans les Complet rendus de Munich, du 20 juin 1850. Je ne connaissais pas encore, à ce moment, les harmo-

Pour pouvoir étendre les expériences aux voyelles ouvertes, je me suis fait construire plus tard encore les diapasons réh, fak, la |,4) si \)% (les deux derniers sonnent déjà très-faiblement), et j’ai pris pour son fondamental le si au lieu du si \,0 de tout à l’heure. J’ai pu alors reproduire très-bien l’A et l’AI ; l’É était au moins beaucoup plus net que précédemment. Mais je n'ai pu atteindre jusqu’au son caractéristique de l’I.

Aveccette série dediapasons plus aigus, le fondamental si [>,, pris tout seul, donnait encore l’OU. Le môme diapason modérément ébranlé, et accompagné de son octave si L, donnée avec force et de la douzième fa, plus faible, donne l’Odont la caractéristique est précisément le si^,. On obtient l’A en ajoutant au si b, le si'Ci et le fa avec une intensité modérée, et en faisant résonner énergiquement le sij,3 et le re, comme des sons caractéristiques. Pour changer l’A en AI, il faut un peu renforcer le si !-a et le fa, voisins de la caractéristique grave ré, , é tou lier le si J,,, et donner toute la force possible au rét et au fak. Pour l’É, il faut donner aux deux sons les plus graves de la série, si[., etsi!-a une intensité modérée, parce qu’ils avoisinent la résonnance grave /fla, et faire sortir aussi fort que possible, les sons les plus aigus fax, la \,k, sij,j. Mais je n’ai pu encore réussir aussi bien pour cette voyelle que pour les antres, parce que les diapasons aigus étaient trop faibles, et que les harmoniques immédiatement au-dessus du son caractéristique, ne pouvaient, comme on voit, entièrement disparaître.

De môme que les voyelles de la voix humaine, les sons des différents registres de l’orgue peuvent être reprodu itspar notre appareil, pourvu qu’ils ne présentent pas d’harmoniques trop aigus ; il manque cependant toujours, aux sons imités, le bruit aigre et sifflant que donne le courant d’air en se brisant contre les lèvres du tuyau. Les diapasons ne peuvent reproduire que la partie purement musicale du son. Pour l’imitation des instruments à anche, il manque les harmoniques mordants dahs le haut; on peut cependant reproduire le nasillement de la clarinette, au moyen d’une série d’harmoniques impairs, et le son doux du cor au moyen du chœur complet de tous les diapasons.

Mais, quoiqu’il soit impossible d’imiter tous les sons avec cet appareil, il permet cependant de trancher l’importante question de savoir si le timbre est altéré par une variation de la différence de phase. Comme je l’ai déjà dit, en commençant le chapitre, cette question est d’une importance fondamentale dans la théorie des sen-

iiiqucs supérieurs de l’É ou de U, et je faisais l’O trop sourd, afin de le distinguer do UE imparfait.

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