RECOMPOSITION ARTIFICIELLE DES TIMBRES
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électriques intermittents qu'on fait passer à travers le circuit de l’électro-aimant ; le nombre des passages des courants électriques doit être exactement égal au nombre de vibrations du diapason le plus grave si |-0, c’est-à-dire de 120 à la seconde. A chaque passage, le fer doux de l’électro-aimant devient magnétique pendant un instant, et attire les branches du diapason, qui sont elles-mêmes aimantées une fois pour toutes. Les branches du diapason le plus grave, s* sont attirées une
fois à chaque vibration par les pôles de l'électro-aimant, celles du second diapason si qui fait deux fois plus de vibrations, sont attirées une fois toutes les deux .vibrations, etc., et, par conséquent, les vibrations des diapasons sont provoquées et entretenues tant qu’on fait passer le courant dans l’appareil. Aussi les vibrations des diapasons graves sont-elles très-énergiques, et celles des diapasons aigus relativement faibles.
Pour produire ainsi des courants intermittents d’une périodicité exactement déterminée, on se sert de l’appareil représenté figure 33.
Fig. a).
Un diapason a est fixé horizontalement entre les branches d’un électro-aimant bb ; ses extrémilés portent deux fils de platine c, c, qui plongent dans deux godets remplis moitié de mercure, moitié d'alcool, et formant les extrémités supérieures de deux tiges de laiton. Ces dernières ont des vis de pression i, pour recevoir les électrodes, et reposent sur deux planchettes /, g, qui peuvent tourner autour d’un axe f, et qui chacune peuvent être élevées ou abaissées un peu au moyen-des
lo<5 TUÉ0H1E PHYSIOLOGIQUE DE LA MUSIQUE,
vis g ; on peut ainsi les placer de manière que les extrémités des fils de platine c, c soient en contact avec le mercure dans les godets d, au-dessous de l’alcool. Une troisième vis de pression e est reliée à la poignée du diapason. Quand celui-ci entre en vibrations et est traversé par un courant électrique allant de i à e , le circuit est interrompu toutes les fois que l’extrémité du diapason quitte le mercure, et rétabli toutes les fois que le fil de platine revient au contact avec le mercure. Si le courant ainsi interrompu traverse en même temps l’électro-aimant ( fig . 33), ce dernier, qui s’aimante à chaque passage du courant, fait vibrer le diapason a, aimanté lui-même. Généralement, un seul des godets d sert au passage du courant. On verse de l’alcool sur le mercure pour éviter que celui-ci ne soit oxydé par les étincelles qui se produisent au moment de l'interruption du courant. Ce système d’interruption a été imaginé par Ncef; au lieu d'un diapason, il faisait usage d’un ressort métallique vibrant, et cette disposition se retrouve le plus généralement dans les appareils d’induction, très-employés en médecine. Mais les vibrations d’un ressort se communiquent à tous les corps voisins, et, par conséquent, s’entendent trop pour le but que nous poursuivons ; en outre, elles sont trop irrégulières. C’est ce qui m’a décidé à substituer un diapason au ressort. En raison de la parfaite symétrie des deux branches, le manche du diapason est très-peu ébranlé par les vibrations, et, par suite, n’ébranle pas lui-même, autant que l’extrémité fixe du ressort, les corps sur lesquels il repose. Le diapason de l’appareil qui vient d’être décrit, doit être exactement à l’unisson de celui du son fondamental si [,0 ; pour y arriver, j’ai fait usage d’une petite pince en fort acier, qui se place sur l’une des branches. Quand on la rapproche de l’extrémité libre de la branche, le son descend ; dans le cas contraire, le son monte (1).
L’appareil tout entier marche-t-il, les résonnateurs fermés : tous lesdiapasons prennent un mouvement régulier, maison n’entend rien, tout au plus une faible somme de sons, produits par l’action directe des diapasons sur l’air. Si on ouvre un ou plusieurs résonnateurg) les sons correspondants se produisent avec une grande énergie, et avec d'autant plus de force que les résonnateurs sont plus ouverts. On peut ainsi former rapidement diverses combinaisons du son fondamental avec les harmoniques présentant des intensités variables, et produire de cette manière des sons de divers timbres.
Parmi les sons fournis par la nature qui paraissent le mieux se prêter à être reproduits par les diapasons, viennent en premier lieu
(1) L’appareil a été construit par Kessel de Cologne ; on donnera ([ans le supplément Vil une description plus détaillée et des indications plus précises pour les expériences.