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HAUTEUR DU SON

pendent des modifications et des rapports des nombres de vibrations.

La sirène qui vient d’ètre décrite ne donne qu’un son faible ; si j’en ai parlé en premier lieu, c’est que son mécanisme est le plus facile à saisir ; elle peut aussi, par le changement du disque, se prêter à des expériences très-variées. On obtient un son plus fort avec la sirène de Cagnard-Latour, décrite dans les figures 2, 3, 4. SS est le disque

tournant, vu d’en haut dans la figure 3, et de côté dans les figures 2 et 4. Il est monté sur une caisse à vent A, qui peut être mise en communication par le tube B avec une soufflerie. Le couvercle de la caisse A, qui est en contact immédiat avec la partie inférieure du disque tournant, présente un nombre égal d’ouvertures; les trous de ce couvercle et ceux du disque ont des directions faisant entre elles un certain angle, comme le montre la figure 4 (la figure 4 est une coupe de l’instrument suivant la ligne tin de la figure 3). Il résulte de cette disposition des trous, que le vent qui s’échappe imprime au disque SS un mouvement de rotation, et qu’on peut obtenir, en soufflant suffi-

THÉORIE PHYSIOLOGIQUE ÜE LA MUSIQUE, samment fort, de .'iO à GU tours par seconde. Comme tous les trous de cette sirène sont traversés en même temps par le vent, on obtient un son beaucoup plus fort qu’avec la sirène de Seebeck. Pour déterminer le nombre de tours, il y a le compteur rr fixé sur une roue dentée qui ■ engrène avec la vis /, et qui, à chaque tour du disque SS, avance d’une dent. Au moyen de la poignée h, on peut déplacer un peu le compteur, de manière à établir ou à interrompre à volonté la communication avec la vis/. Si on engrène au moment où un pendule batla • seconde, et qu’on sépare le compteur de la vis au moment d’un autre coup du pendule, les aiguilles indiquent combien le disque a fait de tours pendant les secondes comptées (1).

Dove a donné à cette sirène plusieurs séries de trous, qui peuvent, à volonté, laisser passer ou arrêter le vent. Une sirène polyphone, présentant encore d’autres dispositions particulières, sera représentée et décrite dans le huitième chapitre.

En premier lieu, il est évident que, si le disque d’une de ces sirènes tourne d’un mouvement uniforme, et quele vent s’échappe par secousses en passant par les trous, le mouvement résultant de l’air sera périodique, dans le sens que nous avons attaché à ce mot. Les trous équidistants se succèdent au bout de temps égaux dans la rotation. A chaque trou, une bouffée d’air s’échappe dans l’atmosphère, et y produit des ondès qui se succèdent à intervalles égaux, exactement comme les gouttes tombant régulièrement dans une nappe d’eau. Dans l’intervalle de chaque période, les dispositions différentes des sirènes peuvent donner à l’air un mouvement d’une nature différente, selon que les trous sont étroits ou larges, voisins ou éloignés les uns des autres, selon la forme de l’orifice des tubes, mais, en tout cas, toutes les secousses, imprimées à l’air par le même nombre de trous, produiront un mouvement régulièrement périodique, tant que la vitesse de rotation et la position du tube ne changeront pas ; ces secousses éveilleront donc, dans l’oreille, la sensation d’un son musical ; c’est ce qui arrive en effet.

Des expériences faites avec l’aide des sirènes, on arrive aisément à conclure que deux séries présentant le même nombre de trous, et tour-

(I) Je suis arrivé récemment à imprimer à une sirène une rotation régulière et constante au moyen d'une petite madiineélectro-magndique, dans laquelle le courant électrique est interrompu par la force centrifuge d’un poids, dès que la vitesse de rotation commence à dépasser une certaine valeur. La vitesse de la machine s’accroît donc jusqu'à cettelimite, mais ne peut jamais la franchir. On n'a pas besoin de monter la sirène sur une soufflerie ; au disque est adaptée une sorte de petite turbine qui pousse l’air dans la caisse à travers les trous. Grâce à cette disposition, la sirène donne des sons d’uno hauteur extraordinairement constante, à tel point quelle peut rivaliser sous ce rapport avec les tuyaux d'orgue les mieux construits.

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