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DISCONTINUITÉ DE LA SENSATION

son commence à présenter une notable continuité. Les choses se passent exactement de même sur l’harmonium, où l’i//, du registre du cor (132 vibrations), et même du registre du basson (264 vibrations), présentent encore une sorte de ronflement. En général, le même phénomène se produit avec plus ou moins de netteté pour tous les sons aigres, ronflants, saccadés, qui, comme on l’a déjà dit, sont toujours accompagnés d’un très-grand nombre d’harmoniques nets.

La raison de ce fait réside dans les battements produits par les harmoniques élevés et voisins des, sons dont il s’agit. Si, dans un son composé, on peut encore entendre le 15' et le 16” son partiels, ces deux derniers forment entre eux un intervalle d’un demi-ton, et donnent naturellement les battements désagréables de cette dissonnance. On peut facilement s’assurer, en appliquant à l’oreille un tube résonnant convenablement choisi, que ce sont bien en réalité les battements de ces deux sons partiels qui produisent la dureté du son total. Qu’on émette le sol — , (49 1 /2 vibrations) ; le 15e son partiel est fa§3, le 46”, sol3 , le 17”, so/j, etc... Si j’arme mon oreille du résonnateur so/3, qui renforce tous ces derniers sons partiels, mais surtout le sol3, et moins le fa§ 3 et le sol%3, la dureté du son total devient extraordinairement plus grande, et tout à fait analogue à l’aigre grincement que donnerait l’émission simultanée du fa§3 et du sol3. Cette expérience réussit sur le piano aussi bien que sur les deux registres de l’harmonium. Elle réussit encore pour les régions aiguës aussi haut que peuvent atteindre les résonnateurs. J’en ai un en solA, qui peut encore renforcer le so/A, mais peu ; en l’adaptant à l’oreille, on entend cependant nettement la dureté du sol de 99 vibrations prendre un caractère plus aigre.

Déjà le 8” et le 9' son partiels, séparés l’un de l’autre, par un intervalle d’un ton entier, doivent donner des battements, mais produisant un son moins aigre que les harmoniques plus élevés. Ici, les résonnateurs ne renforcent pas aussi bien, parce que ceux d’entre eux au moins qui sont graves, ne sont pas en état de renforcer simultanément deux sons séparés l’un de l’autre par un intervalle d’un ton entier.

Pour les résonnateurs aigus, qui donnent un moindre renforcement, l’intervalle qui sépare les sons renforcés est plus grand ; aussi m’est-il arrivé, au moyen de résonnateurs allant de so/3 à solA, d’augmenter la dureté des sons compris entre sol0 et sol, (de 99 à 198 vibrations), dureté qui dépend des 7”, 8' et 9* sons partiels (Ja3, soi.,, et de la.3 à fak, soi, et /«,); en comparant le son du sol dans le résonnateur, au son de la disson nance/»., so/s ou so/3 lu,, directement frappée, on reconnaît aussi que les deux effets sont très-semblables, et en

particulier que la rapidité des intermittences est à peu près la même dans les deux cas.

On peut donc considérer, comme hors de toute contestation, que les mouvements de l’air, correspondant à des sons graves, accompagnés de beaucoup d’harmoniques, éveillent en même temps la sensation et de sons graves élémentaires continus, et de sons aigus élémentaires discontinus, qui donnent à l’ensemble un caractère dur et grinçant. C’est là l’explication du fait trouvé plus haut dans l’étude des timbres, à savoir, que les sons,’ accompagnés de beaucoup d’harmoniques aigus, sont aigres, ronflants ou tremblants ; c’est ce qui fait aussi qu’ils sont beaucoup plus pénétrants que les autres, et que l’oreille ne peut pas les supporter aussi facilement. En elTet, une impression intermittente détermine une excitation beaucoup plus forte dans nos appareils nerveux, et s’impose toujours à la sensation avec une nouvelle intensité. Par contre, des sons simples, ou des sons composés qui ne contiennent qu’un petit nombre d’harmoniques graves, éloignés les uns des autres, doivent déterminer dans l’oreille une sensation parfaitement continue qui produit une impression douce, suave et peu énergique, même si, en réalité, les sons émis présentent une intensité relativement grande.

Jusqu’ici nous n’avons pas pu déterminer le plus grand nombre d’intermittences pouvant rester perceptibles dans les notes aiguës; nous nous sommes bornés à faire remarquer que, toutes choses égales d’ailleurs, il est d’autant plus difficile de percevoir ces intermittences, et qu’elles produisent une impression d’autant plus faible, qu’elles sont en nombre plus considérable. Par conséquent, bien que la forme du mouvement, c’est-à-dire le timbre, demeure invariable quand la hauteur croît, en général, le timbre présentera moins de dureté pour des hauteurs croissantes. En particulier, la région de la gamme, qui avoisine le /ajf5, doit jouer un rôle important, car, à cette hauteur, l’oreille présente, comme on l’a remarqué plus haut, une sensibilité toute particulière. Les harmoniques dissonnants, qui peuvent se rencontrer dans cette région, doivent y être particulièrement sensibles. Le fa'i5 est le 8' son partiel du fa$t de 3C7 vibrations, qui appartient à la fois aux sons supérieurs de la voix d’homme et aux sons graves de la voix de femme; c’est en même temps le 16‘ du /"as, du médium de la voix d’homme. J’ai déjà dit plus haut que des voix humaines, simultanément émises avec effort, faisaient souvent entendre ces notes aiguës. Quand la chose a lieu pour les sons graves des voix d'hoinme, il doit se produire une dissonnancc aigre, et, en réalité, comme je l’ai déjà remarqué plus haut, on entend, dans le forte vibrato d’une forte basse-taille , les sons aigus de l’octave

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