‹ La musiqueChapitre 4 sur 28 · M A DELON · texte numérisé non relu

M A DELON

Il y a de la chromatique là dedans.

Évidennnenl Madelon est une sotte et une ignorante, et ne sait pas au juste ce que c'est que la chromatique, mais elle a recueilli cette expression comme synonyme de tendre et de passionné, et elle se dépêche de la placer dés que l'occasion s'en présente.

Chez les Grecs, les deux expressions diatonique et chromatique existaient dans la langue nmsicale et avaient, à prendre les choses en général, le même sens que celui que nous leur donnons.

11 existe un troisième genre, dit enharmonique, fondé précisément sur le tempérament, dont nous ne pourrons parler avec quelque détail que lorsque nous aurons examiné la question des gammes en différents tons, mais que pour l'instant, nous nous contenterons de définir : le passage ou la transition d'une note à une autre, sans que l'intonation de cette note soit changée d'une manière appréciable. Ainsi, lorsqu'il est nécessaire dans la phrase musicale de faire un ré bémol au lieu d'un ut dièse, ou un ut dièse au lieu d'un ré bémol, il est bien évident que le nom de la note change et non pas son intonation, si l'on se sert d'un instrument où le comma n'existe pas, et alors on fait de Venharmonie (du grec èv dans, Upu-o-Ax accord, liaison).

ïS'ous avons emprunté ce mot aux Grecs, comme les deux autres, mais il n'a pas pour nous le même sens que pour eux. Nous avouerons même qu'on en a donné plu-

sieurs interprétations et que la question n'est pas encore nettement décidée. Il semblerait pourtant assez probable qu'il désignait une snccession mélodique, dont les intervalles étaient des quarts de ton. Ce gem-e de succession se conçoit et s'admet, scientifiquement et théoriquement parlant ; mais dans la prati({ue, du moins avec nos habitudes actuelles d'instruments et de voix, il est parfaitement inexécutable. Ce qui pourrait cependant en donner uncf idée, c'est le fait de la tolérance mélodique ou de l'attraction mélodique dont nous avons parlé plus haut. Ce qu'il y a de certain, c'est que les auteurs anciens n'en parlent qu'avec enthousiasme, et ne tarissent pas en éloges à propos des effets qu'il produisait.

Nous savons que la gamme moderne se compose d'une série de sept sons, huit en faisant l'octave, ainsi espacés :

Du 1" son au 2% un ton;

Du 2-

au 5-,

un ton;

Du 0"

au 4",

un demi-ton

Du 4°

au 5' ,

, un ton;

Du 5-

au 6%

un ton;

Du 6=

au 7^

, un ton ;

Du 7=

au 8'=,

, un demi-ton.

Et nous n'avons jusqu'à présent parlé que de la série ut, ré, mi, fa, sol, la, si, ut, dans laquelle les notes pestent naturelles, c'est-à-dire, ne sont précédées, ni de dièses, ni de bémols. Supposons que par une raison quelconque on ait besoin de déplacer sur l'échelle générale des sons le point de départ de cette série, et qu'au lieu de chanter ut, ré, mi, etc., on veuille dire par exemple sol, la, si, ut, ré, mi, fa, sol, de manière à produire le même effet de série mélodique qu'avec la première gamme. Il est bien évident que si l'on maintient à toutes les notes de la 'i^ série, sol, la, si, ut, etc., exactement le même son que celui qu'elles ont dans la 1'''^, ut, ré, mi, fa, etc., on aura une gamme différente, non pas seulement comme hauteur absolue de notes, cela va sans dire, mais connue rapports d'intervalles. Un tableau comparatif va reildre sensible

24 I.A Ml Slol E.

ce fait, que les personnes non musiciennes ont toujoui's beaucoup de peine à saisir, et qui est pourtant de la piiin haute importance, puisqu'il donne la clef de la génération des gammes et qu'il est le fond méjiie de la transposition.

Première gamme présenlée avec rindicalion des et des demi-Ions.

Ions

Deuxième gamme sans alléralion

avec l'indication

des Ions et des demi-lons.

Ut-ré =

1 ton.

Sol-la ==

1 ton.

Ré-mi =

1 ton.

La-si =

1 ton.

Ml-FA =

^ ton.

Sl-UT =:

i ton.

Fa-sol r^

1 Ion.

Ut-ré =

1 ton.

Sol-la =

1 ton.

Ré-mi =

1 ton.

La-si =

1 ton.

Ml-FA =

J ton.

Sl-UT =

1 ton.

Fa-sol ^=

i ton.

Nous VOYOUS

que le -

ton

qui dans la 1

" «"ainnie se

trouve entre la 7*^ note et la 8*^, se trouve dans la 2'' gamme entre la G*^" note et la T*". Donc la relation des intervalles est changée.

Prenons un autre exemple, et commençons, je suppose, notre gamme par fa; notre tableau comparatif va nous servir encore :

Deuxième gamme non-altérée.

Première

jamme.

Ut-ré =

1 ton.

Ré-mi —

1 ton.

Ml-FA =

1 ton.

Fa-sol =

1 ton.

Sol-la =

1 ton.

La-si :=

1 ton.

Sl-UT =

' ton.

Fa-?ol

1 ton

Sol-la

1 ton

La-si

1 ton

Sl-UT

i ton

Ut-ré

1 ton

Fié-mi

1 ton

Ml-FA

4 ton

Ici le 2 ton nécessaire de la o' à la 4° note se trouve de la 4° à la 5'. Pour rétablir la disposition des intervalles telle que nous la connaissons et la voulons, il nous suffira d'employer à propos les deux signes # et b- Ainsi, dans le premier cas, nous changerons le | ton mi-fa en 1 ton mi-faii(, puisque le dièse hausse la note, et conséquennnent le ton suivant fa-sol, deviendra le a ton fa^-sol. Lans le second cas, nous changerons le { ton si-ut en 1 ton

si p-ut, et conséquemmcnt le ton précédent la-si, se changera en 2 ton /o-sib-

Dressons maintenant nn tableau synoptique do la gamme non altérée et des deux autres, et nous verrons que, comme disposition des intervalles, les trois gammes sont identiques.

1 ton ;

: ut-ré.

Sol-la.

Fa-sol.

1 ton :

: ré-mi.

La-si.

Sol-la.

•^ ton

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