‹ La musique, ses lois, son évolutionChapitre 28 sur 91 · CONCLUSIONS DE LA PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS DE LA PREMIÈRE PARTIE

Les conclusions auxquelles nous amène cette première partie de notre étude peuvent être ainsi précisées :

1° La musique, — synthèse des sons qu'il ne faut pas confondre avec des phénomènes purement sonores — a un sens intraduisible dans le langage ver-

4. L. LanGLois, Rig-Véda ou Livre des Hi ymnes (1848, t. I. Intr., vij).

bal ; elle est constituée par une pensée sans concepts, rythmiquement construite, et dont nous ne pouvons trouver nulle part l'équivalent;

2° Elle ne traduit les émotions qu indirectement, par voies d'images, organisées selon sa technique prepre ;

3° La seule chose qu’elle puisse imiter ou reproduire directement, dans la passion, c’est son dynamisme; le pouvoir d'expression que nonsluiattribuons est fondé sur le principe suivant : tout mouvement représente, pour nous, la cause qui l’a produit;

4° Les primitifs et les non-civilisés actuels, dans leurs opérations magiques ; après eux, les philosophes et les compositeurs les plus grands de l'Allemagne, ont attribué à la musique un pouvoir surnaturel qui semble tenir à deux causes : d’abord au caractère absolument spécial, unique et isolé dans la vie intérieure, de la pensée musicale; ensuite à la haute généralité de ce dynamisme passionnel, qui n’est pas celui de telle émotion déterminée, mais celui de la vie elle-même ;

0° Il est également vrai de dire que la musique est un acte supérieur de l'intelligence, et qu’elle sortdes profondeurs du sentiment. En fait, émotion et pensée ne sont pas nettement discernables.

Nous venons de terminer la première partie de notre programme. Nous avons défini la musique. Nous avons maintenant à l’expliquer, à dire d’où elle vient, comment elle a pu se former. Ainsi que je l’ai dit en commençant, c’est surtout l’origine des matériaux de l’art musical et la règle de leur emploi, qui sont ici en question.

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