‹ La mutualité familialeChapitre 3 sur 7 · I. — Essor de la mutualité · texte numérisé non relu

I. — Essor de la mutualité

Avant d'aborder le fond du sujet, il est utile de vous prc^^ï^i sur la situation actuelle <|. la mutualité quelques chlp^ qu.. j'emprunte au dernier compte rendu publié parle Minime de llnt l icur. D'ailleurs, j'en serai sobre pour ne pas vous fatiguer hn 189i, on comptait 11.335 sociétés de secours mutuels, avec un effectif de 1.804.5;)2 membres. Cet effectif dépasse aujourd'hui -2 millions et demi. Si l'on y comprend les membres do Jeurs familles, ces mutualistes représentent au moins 5 à (J milliïms de personnes, c'est-à dire au moins le septième de la population C'est une armée considérable, dont l'importance est encore supérieure à ses proportions numériques, puisqu'elle est formée d'une élite de personnes, ayant su faire preuve d'initiative libre, d'épargne et de prévoyance.

Ce total de membres comprend la catégorie des

membres honoraires pour 2Go.AHH, ce qui laisse pour les membres participants un nombre de 1.539.104.

Ce dernier nombre lui-même se décompose ainsi :

Hommes. 1.227.213 ou 80 «/„

I^emmes 250.604 16

Enfants 61.287 4

(1) Communication présentée au Conerés do la Vr,n;/., : Arih ■ ■ ,

dans la séance du 3 juin 1901. ^«"S^*"» de la Socicto d Kconomic sociaîo

loutons enfin que, sur les 11.355 sociétés, il en est 4.500ou 40 % qui possèdent un fonds de retraites, c'est-à-dire qui joignent un service de pensions de vieillesse à rallocation de secours temporair-es en cas de maladie et de frais funéraires.

En 1887, le nombre des sociétés était de 8.427 et celui des mutualistes de 1.322.738, ce qui représente en 10 ans une progression d'environ 40 % . Depuis 1897, elle s'est notablement accentuée, au point d'atteindre le même taux de 40 % dans les trois dernières années. Le personnel des mutualistes a doublé depuis 1886.

Voilà, certes, de magnifiques résultats et qui sont bien faits pour exciter l'orgueil et la joie des amis de la mutualité. Ces progrès sont d'autant plus remarquables qu'ils ont été obtenus en dépit d'une législation attardée, pleine de restrictions, d'arbitraire et de défiance, mais heureusement détendue par la modération et la tolérance de ceux qui avaient à l'appliquer.

Aujourd'hui que la mutualité est enfin en possession, avec la loi du 1*^ avril 1898, de sa charte d'émancipation qui lui permet les fédérations et qui élargit sa sphère d'activité, quel essor ne peuton pas espérer pour elle ! Les mutualités scolaires, qui grandissent chaque jour sous nos yeux, nous préparent pour un avenir prochain des légions de mutualistes pratiquants. Le mouvement est lancé, ridée jouit de la faveur publique; munie de son outillage légal, de son organisation et de ses ressources financières et morales, la mutualité est prête pour mener à bien les grandes taches que le pays voudra lui confier.

Mais ce passé si honorable et ces perspectives si riantes ne doivent pas nous fermer les yeux sur certaines imperfections de l'institution. Plus on aime la mutualité et plus on a foi dans son avenir, plus aussi l'on doit avoir à cœur de la fortifier encore, d'élargir ses bienfaits et de la préparer, par de sages retouches, à jouer le grand rôle que ses amis ambitionnent pour elle.

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