‹ La mutualité [microforme]Chapitre 8 sur 26 · L'UNION SAINT-JEAN-BAPTISTE D'AMÉRIQUE · texte numérisé non relu

L'UNION SAINT-JEAN-BAPTISTE D'AMÉRIQUE

Siège social :

Bâtisse Unity, Woonsocket, : 28 à Casier postal : 1001 Nashua, N.-H., Je 24 mars 1919.

Monsieur A. Bourbonnière, Brunswick, Me., Cher Monsieur,

J'ai lu avec intérêt le résumé du volume que vous préparez sur la Mutualité. I] est Certainement désirable de mieux faire connaître nos Organisations fraternelles: et cela pour de nombreuses raisons. Au cours de ses quelques années d'existence, notre mutualité Canadienne-française et franco-américaine a certainement fait un bien immense tant au point de vue national qu’économique; on ne peut trop le redire. Je vous souhaïite tout le Succès possible dans votre entreprise. Veuillez, cher Monsieur, accepter l’expression de mes sentiments les plus distingués. |

Henri T. LEDoOUx.

Président général.

ALLIANCE NATIONALE Montréal, 26 décembre 1918

M. Avila Bourbonnière, Montréal.

Cher Monsieur Bourbonnière,

Je n'hésite pas un instant à vous e.:courager à poursuivre l’œuvre tout à fait utile et nécessaire que vous avez entreprise, à Savoir de faire connaître aux nôtres l’historique de la mutualité dans son passé, son expansion actuelle et le bien qu’elle est appelée à faire.

L'expérience que vous avez de ce sujet est un gage que le succès de cette entreprise est assuré. Je ne connais pas encore votre travail mais le cadre de la mutualité est si vaste que j'ai hâte d'en faire la lecture afin de pouvoir puiser à vos connaissances.

Notre race est appelée à occuper dans l'histoire de la mutualité une des premières places, sinon par le nombre au moins par la qualité.

Depuis quelques années les sociétés de bienfaisance canadiennes-françaises ont donné l’exemple de l’énergie et du développement d’une manière intensive. Elles ont

donné l’essor à toutes sortes de progrès et

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à de nouvelles idées qui ont rendu orgueilleux les mutualistes de langues étrangères au point que la mutualité anglaise dans bien des cas a emboité le pas et a adopté nos innovations.

Je vous félicite de tout cœur pour cette heureuse idée et vous souhaite tout le succès que vous méritez.

Votre bien dévoué

Théo CYr1IHOT, M. 1:

Médecin en Chef de l'Alliance Nationale.

La puissance de l'épargne

Quand en 1870-71 la Prusse eut vaincu la France, elle voulut l’écraser afin de la mettre hors d'état de tenter longtemps un retour offensif : dans ce dessein elle lui imposa une indemnité de cinq milliards. De l'avis de la Prusse, et même dans l'opinion des neutres, c'était la ruine de la France.

Et cependant que vit-on? Après 70, la France était plus prospère que l'Allemagne, qui l’avait vaincue, qui avait prétendu l'écraser. Vingt mois ap: : le paiement des cinq milliards, le taux de l’:rgent était plus élevé à Berlin qu’à Paris.

. Et la France a beaucoup mieux bravé que

l'Allemagne les crises économiques de 1878- 79. Encore au moment de la Grande Guerre, l'Allemagne n’obtenait qu’à près de 6 p. c. le crédit que la France trouvait chez elle à 4. On sait pourtant, que la population de la France est restée stationnaire depuis environ un demi-siècle, on sait aussi d’une façon générale, que l’industrie française est loin d’être aussi puissamment outillée que l’industrie allemande, anglaise, américaine.

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À quoi donc Ja France aoit-elle attribuer Sa vigueur économique ? C'est l’un des économistes français les plus distingués de ce temps, M. Charles Gide, qui va nous l'apprendre : «Si la France a pu tenir honorablement SOn rang de grande puissance industrielle, à côté de pays Supérieurs par la Population, leur activité, leur outillage, c’est Surtout à sa puissance d'épargne qu'elle le doit. »

À quoi la France doit-elle Sa richesse ?

M. de Bulow, chancelier de l’Empire alle- Mmand, l’a dit en plein parlement au mois de novembre 1908 ‘ (La France doit sa richesse à son sol béni, à l’activité et à l'ingéniosité de ses habitants, mais encore

son admirable esprit d'économie. La France est devenue le banquier du monde.

Ce que la France &agne de moins que nous par la Produr*ion, elle Je compense par l'épargne. »

Telle est la puissance de l'épargne.

«Ce que l'épargne a réalisé en France elle Pourrait, toutes proportions gardées, l’'accomplir ici comme ailleurs. L'économie, qui en tout temps est une vertu civique, est de nos jours un devoir impérieux. Il nous faut nourrir, vêtir, équiper, armer les soldats

américains qui sont encore sur le champ de bataille. Il nous faut exporter l'excédent de nos moyens de subsistance afin de nourrir le monde allié, où les producteurs valides sont devenus des soldats, où des milles carrés de champs nourriciers sont devenus des champs meurtriers. Il nous faut donner du travail, au pays, à des centaines de mille ouvriers, dans nos usines et dans nos fabriques, dans nos campagnes et dans nos ports.

Ces centaines de mille ouvriers n’auront du travail qu’autant qu’ils pourront trouver à vendre leurs produits ou à utiliser leurs services. Or, comme en ces années extraordinaires, c’est l’État qui centralise l'achat des denrées alimentaires et des objets manufacturés et l’utilisation des services dont ont besoin les armées et les populations civiles alliées, ce n’est qu’en économisant le plus possible et en prêtant vos épargnes à l’État que vous contribuerez à nourrir le monde allié, à faire vivre des millions d’Américains qui vivent de leur travail.

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