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LA SOCIÈETE DES ARTISANS CANADIENS-FRANÇAIS

Bureau du Président,

Montréal, 26 novembre 1918.

Monsieur A. Bourbonnière, Ville.

Cher Monsieur et Confrère,

J'ai l’avantage d’accuser réception de votre lettre du 14 courant m'annonçant la publication de votre ouvrage sur la mutualité. Je vous félicite bien sincèrement de votre initiative, car, comme vous le dites si judicieusement, nous assistons à une sorte de mouvement de dislocation plus ou moins menaçante.

Les grands centres urbains, la grande industrie manufacturière ont occasionné des modifications profondes au sein de la population canadienne-française, affaibli ses forces, les liens de ses familles; c’est un devoir public de remédier dans la mesure du possible à ces changements, en provoquant l'extension du principe mutualiste, son correctif efficace.

Tout ce qui est susceptible de fortifier les liens entre les hommes, de les rapprocher

” de les éclairer, de les rendre plus prévoyants,

tout cela est du domaine de la mutualité.

Il est à souhaiter que les principes qut contiendra votre Ouvrage se répandene parmi nos compatriotes, afin d’aider à enrayer cette désorganisation de la famille traditionnelle, que vous avez pu ainsi que moi-même constater.

Veuillez bien m'inscrire Sur la liste de Souscription pour cinq exemplaires.

Recevez cher Monsieur et Confrère, l’expression de mes sentiments dévoués et fraternels,

Rodolphe BÉDARD, Président-Général Société des Artisans Canadiens Français

ASSOCIATION CANADO-AMÉRICAINE Manchester, N. H. 27 novembre 1918.

Monsieur A. Bourbonnière, Organisateur, L'Alliance Nationale, 395 Avenue Viger, Montréal, P. Q.

Mon cher Monsieur,

J'apprends que vous avez sur le métier en préparation, un travail intitulé La Mutualité, lequel paraîtra prochainement Sous la forme livresque. Permettez-moi de saluer en vous un Drécurseur. Bien que la mutualité occupe une place de prime importance dans la vie économique de notre

peuple, je ne sache pas qu'aucun compatriote ait jamais abordé un sujet de ce genre. Aussi sommes-nous obligés, lorsque nous avons besoin de renseignements, de consulter les travaux des mutualistes de langue anglaise. Il y a bien les ouvrages de Dédé et de Léopold Mabilleau, mais la mutualité française diffère tellement, sinon en SOn principe, du moins dans ses applications, de la mutualité américaine, que les écrits de ces savants spécialistes ne sauraient nous être de beaucoup d’utilité.

Votre livre vient donc combler une lacune et nous pouvons lui prédire la faveur du public.

D'ailleurs, le nom de l’auteur constitue par lui-même une garantie de bonne foi, d'intégrité historique, de connaissance du sujet. Après avoir été tour à tour président et secrétaire d’une société nationale, aujourd’hui organisateur au service d’une autre, mêlé, en un mot, au mouvement depuis de nombreuses années, vous étiez tout préparé pour mettre à jour ce livre attendu et désiré : La Mutualité, ce qu'elle est, ce qu'elle a été, ce qu’elle sera.

Ce titre seul indique que vous vous êtes tracé un cadre très vaste. Vous ne sauriez

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donc passer sous silence l’histoire de la mutualité franco-américaine. Elle constitue un exemple frappant de cette force secrète d'expansion qui accompagne la rac2 française partout où elle s'implante. Si incroyable que cela Paraisse, les canadiensfrançais arrivés aux Etats-Unis sans le SOU, chargés de familles, obligés de créer de toutes pièces et de maintenir ensuite leur Organisation Sociale, occupant 2u début les positions les moins lucratives, prêtent aujourd’hui des millions aux entreprises américaines.

Quand on examine Je status financier de nos sociétés, que constate-t-on? On y voit l'épargne franco-américaine placée sur débentures dans l’industrie yankee et contribuant au développement des chemins de fer, des voies de navigation, des entreprises Municipales, etc. Sans doute, il est rai- Sonnable que les économies réalisées par nos gens dans les institutions de ce pays servent au progrès de ces mêmes institutions. C’est un juste retour des choses produit par la loi des équilibres. Mais le temps n'est-il Pas arrivé ou une partie de l'argent s’accumulant année par année dans le trésor de nos sociétés de bienfaisance, devrait être

affecté au développement et au maintien de nos propres institutions, collèges, écoles, journaux, etc? N'est-ce pas une chose anormale qu’une paroisse obligée d’agrandir une école catholique soit tenue de s'adresser à des protestants pour emprunter de l’argent, alors qu’elle pourrait en trouver dans le trésor de nos sociétés? Bref, pourquoi n'emprunterions-nous pas au besoin notre propre argent, quand il y va du salut des institutions nécessaires à notre vie nationale.

Voilà, il me semble, un problème économique dont votre livre aidera sans doute à mettre en lumière la solution.

Je ne m’attarderai pas sur le rôle joué par nos sociétés dans le domaine de la conservation de la langue et de la foi; je sais que vous aurez souligné ce point si important.

Il ne me reste plus qu’à souhaiter à votre ouvrage la plus grande diffusion et à vous remercier d’avance pour l’œuvre utile que vous aurez accomplie.

Votre bien dévoué le président général de l’Association

Canado-Américaine, A. À. E. BRIEN, M. D.

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