‹ La muze historique; (volume 2)Chapitre 39 sur 84 · IMPORTANTE · texte numérisé non relu

IMPORTANTE

CoMMEencetemps^l'Astredu Monde Recommençant sa course ronde, Va produire dans l'Univers Multitude d'éfets divers, Tantôt, d'obscures matinées, Tantôt, d'a^éables journées, Tantôt, purifiant les airs, Tantôt, le remplissant d'éclairs, D'exalaizons et de nuages, De foudres, de vents et d'orages.

Tantôt tiède, tantôt bouillant.

Tantôt pâle, tantôt brillant.

Tantôt, de ses rayons superbes, Desséchant les fleurs et les herbes, Et, tantôt, rendant embellis Les jardins d'œillets et de lis.

Tant en ce Monde variable Tout est changeant et peu durable.

Ainsi, sans tourner comme luy,

20 En renouvelant aujourd'huy L'opération coûtumiére De mon peu d'art et de lumière, Je vais faire, à tors et travers.

Tantôt, d'assez passables Vers,

2( Qui courent dans bien des Provinces, Tantôt de foibles et de minces.

Et, bref, d'un esprit inégal, Jazant, tantôt bien, tantôt mal.

Mais que ma folie est extresme !

^0 Je me compare au Soleil mesme; Suis-je un baudet? suis-je un oizon?

Ciel ! cette comparaizon Est si bizare et si clochante, Qu'elle en est tout-à fait méchante.

3 5 En recommençant mon Tribut, Madame, excuzez ce début; Soyez, ô Princesse excellente, A ce trait grossier indulgente.

Il n'est ny joly, ny sçavant,

40 Peut-être que d'or-en-avant Je feray mieux des paralelles ; Cependant, oyez des Nouvelles.

De Turin, on nous fait raport.

Non pas que la barbare Mort

45 Ait fait à Madame Royale, Eprouver sa fureur brutale, Oûy bien que sa chère santé S'ètoit vue à l'extrémité ; Mais que l'on a quelque espérance

50 De guérizon, ou d'alégeance :

Le Ciel la veuille conserver.

La Muze historique. — Janvier 1664.

Il ne pouroit pas ariver (Si la Parque en faizoit sa proye) Un plus grand malheur en Savoye^ 5 5 Du moins, c'est-là le sentiment De bien des Gens d'entendement.

Comme les erreurs Sophistiques Où s'atachent les Hérétiques, Nonobstant leurs vains argumens, 60 N'ont pas d'étemels fondemens, Un jeune Homme de conoissance, Huguenot depuis sa naissance, Ayant abjuré, l'autre-jour^ ^ „^^ . Aux Jacobins du grand Fauxbour, s. Gcmam. ^ ^^^^^^^ Calvinisie

Dont il avoit suivy la piste.

Etant instruit de longue-main.

Devint Catholique-Romain, Par les vœux et soins d'une Dame,

70 Que j'aime de toute mon ame.

Dame, qui par des traits vainqueurs Peut dompter les plus saees cœurs.

Et dont ce nouveau Catholique Est (ce m'a-t'on dit) Domestique,

75 Qui de cet heureux changement Rend grâce au Ciel, atout moment.

Tout-de-bon, l'action est telle, Et vient d'une source si belle, Que de cette Conversion

80 Je fais volontiers mention :

Et pour enrichir mon Histoire Du Nom plein d'honneur et de gloire De TAutnce d'un si grand bien.

C'est (foy de sincère Chrétien)

85 Madame de la Calprenéde, Dame charmante, et qui possède Tant de dons du Ciel, excélens, Et tant d'admirables Talens, Un Esprit si beau, si tranquile,

90 Une humeur si douce et civile.

Tant de bonté, tant de beauté.

Et tant de générozité.

Qu'à parler en Auteur fidelle.

On voit peu de Dames comme Elle.

95 J'ay sceu d'un bon Prére Feùillan, Que Mardy, premier jour de TAn, Le Roy, cnez-Eux, oiiyt la Messe, Escorté de force Noblesse.

Monsieur, qui le suivoit de prés, 100 S'y rendit tout soudain, après; Et-là, parurent en bel ordre Cinquante Chevaliers de l'Ordre, Brillans d'un éclat non commun,

Dont Monsieur le Prince étoit l'un, 105 Lequel, se métant à leur Teste,

En faveur de la bonne Feste,

Sa Majesté complimenta^

Et le bon An luy souhaita :

D'Antoine la Noble Eminence 1 10 Mesmes, luy fit la révérence.

Et pluzieurs Evesques Mitrez,

S'étans audit Lieu rencontrez.

Environ octante bons Pérès,

Y compris quelques jeunes Frères, 1 1 5 En moult respectueux aroy

Saluèrent aussi le Roy;

En icelle cérémonie

Ladite sainte Compagnie

Que Dieu garde de tout méchef, 120 Ayant pour Conducteur, ou Chd,

Leur Provincial, très-digne Homme,

Et tenu pour tel jusqu'à Rome;

Cet Illustre Supérieur

Etant secondé du Prieur, 1 2 5 Autre Père pieux et sage,

Et je n'en sçay pas davantage.

Ce mesme mémorable jour, Aprés-diner, toute la Cour Fut au Temple des Jèzûites, I ^ o Belle Eglize, et des mieux construites, Où fit un Sermon, plus qu'humain.

Le docte Père Barsamain, Un des Enfans d^ saint Ignace, Qui presche avec grande éficace.

135 Quelques séditieux d'Erfort, Aimans le trouble et la discord, Ayans fait, par noize civile.

Mourir un des Grands de la Ville, Qui publiquement, ou sous-main,

140 Favorizoit leur Souverain :

Monsieur l'Electeur de Mayence, Avec lequel leur insolence (Ainsi que l'on m'en a parlé) Avoit eu quelque démêlé,

14^ Persévérans dans leur manie, Ou, plutôt, dans leur félonie, (Comme dans les rébellions Les gens sont fiers comme lions) Quoy que l'on leur puisse prométre,

1 50 Ivont nul dézir de se soûmètre.

La plus-part d'eux sont des grédins, Toutefois les gros Citadins Apréhendans d'aller en Grève, N ozent propozer paix, ny trêve,

1 5 5 Fussent-ils des plus aparens.

Janvier 1664. — Livre XV. Lettre I.

Je ne scay point leurs diférens.

Mais je croy qu'on ne peut, sans crimes Contre un Commandant légitime Former d'audacieux projets, 160 Et, certainement, les Sujets Qui dans l'armement et la force Trouvent du goût et de l'amorce^ Ne sont pas par moy réputez Les meilleures Gens des Citez.

16) Les Manans du Val de Luceme, Que presque un mesme instinc gou ver- (De Luceme et des environs) [ne, Ne font pas moins les fanfarons :

Et quoy que Monsieur de Savoye

170 Toute justice leur octroyé.

Cette infidelle Nation Encline à l'obstination.

Veulent avoir par violence, Par le dézordre et la licence,

17$ Et par un noir soulèvement, Ce qu'on ne leur doit nulement, Etans, ces mizérables Hères, Excitez par de mauvais frères, Qui les mètront dans un faux-pas,

180 Et ne les en tireront pas.

Sans mentir, je ne sçaurois rire Quand il faut parler de l'Empire, Et de son Aigle embarassé.

Qui du Croissant est menacé,

i8{ Et qui sent grandes amertumes Pour avoir perdu de ses plumes.

Toutefois, des Auteurs loyaux Ecrivans des Impériaux, Dizent tout-franc, dans leurs Histoires,

190 Qu'iceux ont eu quelques victoires, Et qu'ils ont en déroute mis Pluzieurs Escadrons d'Ennemis, Par des Combats de conséquence, Profitans ainsi de l'absence

19$ Du Grand-Vizir, qui maintenant Fait chez-luy Caresme-prenant, C'est-à-dire fait bonne chère.

En atendant la primevère, Où ce moderne Fiérabras

200 Suivy d'un million de bras, Sans entendre, un brin, raillerie, Reviendra tout-droit en Hongrie, Faire aux environs de Presbour Retentir Trompette et Tambour.

205 Mais à propos du susdit Homme,

Qui je ne sçay comment se nomme, Outre qu'il est preux et vaillant.

Peste, il est adroit et galant.

Certain bel air en luy rayonne,

2 10 II est bien-fait de sa personne, Il sçait crayonner et dancer, Et corectement prononcer Pluzieurs Langues, le bon Apôtre, Mais spécialement la nôtre ;

2 1 5 11 s'entend à faire l'amour.

Il aprend tous nos Airs de Cour, Il a par-fois l'humeur jolie, Il lit Cléopatre et Clélie, Il lit Roland et Rodomont,

220 V Ariane et le Phar amont ^

Il fait fort bien des Chansonnettes, Il reçoit toutes mes Gazettes, Quoy que je Paye assez ^ondé, Et dans mes Vers cent fois frondé,

225 N'aimant guères les Infidelles :

Bref, j'ay sceu toutes ces nouvelles D'un mien Voizin, Homme-de-bien, Qui m'a dit le sçavoir fort bien.

En ce commencement d'année, 230 Grâce à la bonne Destinée, Ou plutôt au Grand Immortel, Le bon-heur de la France est tel, (Plus tranquile que l'Angleterre) Qu'elle n'a ny trouble, ny guerre ; 2 3 j Par un soin paternel des Cieux Nôtre Cour se porte des mieux ; Elle est toujours brillante et belle, Et je dézire en faveur d'elle.

Que longtemps au gré de l'Etat, 240 Elle demeure en cet état.

Et Vous, Madame ma Princesse, Avant que cette Uître cesse, Je vous souhaite un sort bien doux.

Et que Dieu prenant soin de Vous,

24s Par des bontez extr'ordinaires, Fasse prospérer vos afaires.

Bon-soir, adieu, je vais tout-droit, Chanter icy-prés le-Roy-boit, Chez une admirable Personne,

250 Fort agréable et fort mignonne.

Fait le cinq du premier des mois, Le soir de la veille des Rois, L'an mil six cens, sans rien rabatre, Avec encor soixante-et-quatre.

La Muzb historique. — Janvier 1664.

LETTRE DEUXIÈME

Du [dimanche] treize Janvier.

DOULOUREUZE.

Pour n'être pas mis en défaut, Muze, écrivons puis-qu'il le faut; J'ay des Billets et des Mémoires, Pour exercer quatre Ecritoires, Dont, rebutant les plus communs, Je vais en choizir quelques-uns Des plus forts, des plus véritables, Des plus dignes, des plus notables, Pour en faire icy mention, Et mériter la Pension C^ue ma Princesse illustre et bonne Pour de tels Ouvrages me donne:

Et c'est sur un sujet de dueïl Que je commence ce Recueil.

Enfin^ Madame de Savoye A du trépas été la proye, Cette Branche du Sang Royal A passé le moment fatal.

Et, sans doute, que sa belle Ame,

20 Volant sur des allés de flâme, Est, après ce coup d'Atropos, Allée en PEtemel repos :

La perte de cette Princesse A remply la Cour de tristesse,

2 ^ Qui pour mieux marquer sa douleur Va prendre la sombre couleur, Et quiter demain, sans remize, Points d'Angleterre et de Venize; Et moy, simple petit Vassal,

30 Quoy qu'Oficier, ny Commensal, Sans craindre ny ^ais, ny dépence.

Afin d'être dans la décence, J'ay déjà quelque argent foumy Pour me faire du linge uny ;

] ) Et l'on dit, pourchoze certaine.

Que chez le Roy, ny chez la Reine, Ny, mesmes, chez Monsieur, aussy, On ne doit paroltre qu'ainsy.

Ce Seigneur si noble et si sage, 40 Ce sublime et grand Personnage,

Monsieur le Comte de Rantzau, Par le coup du mesme Cizeau, Qui des Personnes les mieux nées Tranche les hautes destinées,

45 Au grand regret de tout le Nord^ Depuis un mois est aussi mort, Dont le Roy des Danois son Maître Autant touché qu'on le doit être De perdre un si solide apuy,

^o En soupire encore aujourd huy.

Cela n'est pas imaginable Combien cet Homme incomparable Etoit chéry du Potentat, Et respecté de tout l'Etat,

^ ^ Pour centqualitez excellentes, Et mille vertus évidentes, Qui sembloient l'orner à Tenvy, Et dont chacun êtoit ravy.

Outre tant de grâces réelles,

60 Sa naissance êtoit des plus belles, Venant de si dignes Ayeux, Qu'après les Rois, qu'après les Dieux, On n ût peu souhaiter le lustre D'une Extraction plus illustre.

6^ Il avoit auprès de son Roy, De premier Ministre, l'Employ ; C'êtoit un acomply modèle D'un Esprit actif et fidèle, Il avoit naturellement Un net et profond jugement, Il eut pour les grandes afaires Toutes les clairtez nécessaires.

Son cœur candide et généreux De la gloire êtoit amoureux,

7) Il possédoitpar excélence, Le rare don de l'éloquence ; Il êtoit courtois, libéral.

Prudent, politique et moral; Son Pals^ les Pals étranges,

80 Luy donnoient cent et cent louanges, Ayant avec tous ces trézors Tant de dons et grâces du corps,

Janvier 1664. — Livre XV. Lettre II.

Pir

Marée:

Qu'on ne pouvoit voir sa prestance, Son air, son port, sa contenance,

$5 Sans le chérir, sans l'honorer, Le respecter et l'admirer :

Il ne faut pas, donc, qu'on s'étonne S'il est plaint de mainte personne.

Et si sa décente au cercueil

9 j Cauze en Danemarc un grand dûeil ; La douleur dçit être bien forte, Lors-<}ue des Gens faits de la sorte, Et joûissans d'un sort si beau.

Sont les victimes du tombeau.

95 Le Fils charmant, le Fils unique De ce Défunt, grand Politique, Qui tint un rang si relevé, Etoit dans Paris arivé.

Pour, en hantant nôtre Noblesse,

100 Perfectionner sa jeunesse,

Où l'on découvre à tous momens D'admirables commencemens; Ayant apris, depuis n'aguére.

Le décez de Monsieur son Père,

10) Surpris d'un ennuy véhément, S'en est retourné vîtement, Pour être au Service célèbre Autrement, la Pompe funèbre Que l'on doit faire avec éclat

110 Pour ce grand Ministre d'Etat:

Mais avant que quiter la France, Il fut faire la révérance ^^^ (Prézenté {l'une illustre main) moQL A Louis nôtre Souverain,

1 1 ( Qui receut d'un fort bon vizage

Ce Comte jeune, aimable et sage, Qui ne peut manquer d'être un jour Un Sujet d'estime et d'amour.

Ayant l'ame spituélle, 120 Ayant l'inclination belle, Et de plus ayant le bon-heur D'avoir un prudent Gouverneur Que l'on apelle Monsieur Vibe, Qui le vice à son cœur prohibe,

1 2 j Dézirant le voir revêtu

Des beaux atours de la vertu ; Cest ce dont une illustre Dame Dont j'honore fort la belle ame, Jeudy dernier me fit raport, i;o Parlant du Vivant et du Mort, Vous jurant, foy-d'homme sincère, Qu'en cecy rien je n'exagère.

Monsieur de Rendan-et-de-Foix, Discret, Brave, Galant, Courtois, I ') ) De fort noble et bonne naissance,

Et, de plus. Duc et Pair de France, Du consentement de la Cour, Prit pour Epouze, l'autre-jour, La jeune Mignonne de Chaune,

1 40 Qui n'est rou^e, noire, ny jaune, Mais dont le teint, fait d'un beau Sang, Plus que les Lis est frais et blanc.

Etant une jeune Merveille En beauté, presque, sans-pareille :

145 Et c'est bien mon opinion Que la belle et sainte union De ces deux Personnes aimables, A qui les Cieux sont favorables, Aura la gloire et le bon-heur

1 50 De plaire à tous les Gens-d'honneur, Allant deux Maizons ensemble, Des plus illustres, ce me semble.

Comme le Duc de Méklebour Sent augmenter, de jour en jour,

1 5 $ La ferveur de sa bienveillance Pour le très-noble Etat de France, Par sa propre inclination.

Et, mesmes, par l'induction.

Les beaux soins, et le ministère

1 60 De cet Esprit sage et sincère, Qui Monsieur le Coc est nommé.

Dans la Cour assez renommé, Bien connu du Rojr nôtre Sire, Et dont, à bon droit, on peut dire

165 Qu'il est (et non pas-à-demy) Un entier et parfait Amy; Le Roy, donc, connoissant le zélé De ce Prince ardant et fidèle.

Outre ce que, jusqu'aujourd'huy,-

170 II a fait volontiers pour luy.

Pour, d'un Cœur haut et magnanime, Luy témoigner mieux son estime, Mardy dernier, tout justement, Dans son Royal Apartement,

1 7 5 Avec grande cérémonie.

En belle et bonne Compagnie, Et d'un air charmant et sérain Le receut comme un Souverain, Le fit couvrir en sa prèzence, 1 80 Et luy donna, mesme. Audience, Et dans un semblable Apareil Qu'à ceux q^ui sont d'un Rang pareil.

On fit chez l'une et l'autre Reine A cette Altesse Souveraine,

1 8 5 A ce brave et vaillant Seigneur,

Le mesme glorieux-honneur.

Lequel, à ce qu'on en raporte, Il receut d'une telle sorte.

La Muze historique. — Janvier 1664.

C'est-à-dire avec un respec 190 Si profond et si circonspec, Tant de joye et de bienséance Et, mesmesy de reconnoissance Envers les Royales Bontez, Que, tout-de-Don, Leurs Majestez 195 Oui sont du plus sublime étage, L/en estimèrent davantage :

C'est ce qu'on m*a dit; après quoy Pluzieurs des carosses du Roy, Qui chez-luy l'avoient été prendre, 200 Quand du Louvre il vint à décendre, Le remenérent gravement Dans son Palais, ou Logement, B^'nnaii ^^ l*Introducteur Ordinaire ituroTuc- (Comme on pratique en telle afaire) leur en Cour quj l'avoit au Ro^ prézcnté, Piinccs Avec grande civilité.

Ambaya ^^» Hiesme, avec grande allégresse, dcurV.^ Reconduizit ladite Altesse.

J'apris d'une Amie, avant-hïer, 2 1 o Que le sept du mois de Janvier, Le sieur Curé de Saint Eustache, Homme-de-bien, Pasteur sans tache, Après pluzieurs instructions.

Et saintes préparations, 2 1 5 Dans sa propre Eglize, et luy-mesme, Donna volontiers le Baptesme (Sacrement r^énératif) A certain Etranjger, natif De risle de Saint Dominique, 2:0 Un des Cantons de l'Amérique, Lequel nouveau catéchizé, Et nouveau christianizé, Qui du Démon n'est plus esclave.

Eut pour Parain Monsieur de Grave,

22 5 Qui de grand cœur, à ce qu'on dit.

Ce bon ofice luy rendit, En faveur du Sieur Du-Toc, Maître De cet Américain champêtre.

Et sa Maraine, ce dit-on,

230 Fut Madame de Pont-chevron, Dame d'esprit. Dame Gasconne, Et fort noble et belle Personne.

Le Noble Empereur des Germains, Ayant des soucis maints et maints,

2 3 5 Est prézentement en personne Dans la Ville de Ratisbonne, Où s'assemblent, de tous cotez.

Electeurs, Princes, Députez, Pour leurs avis et raizons dire

240 Sur les Afaires de l'Empire, Et pour propozer les moyens De rembârer Turcs et Payens, Qui, fondez sur quelque Horoscope, Menacent nôtre belle Europe :

245 Mais si Messieurs les Alemans Qu'ont ataqué les Otomans Se dispozent, avec courage, A se défendre de l'orage, En servant bien Vimperator,

2^0 Ils ne la tiennent pas encor.

Mais un Garçon heurte à la porte, Peste de luy. Diantre l'emporte.

C'est pour prendre cesVers, qu'il vient ; Les luy bailler, donc, il convient, 2 s s Sans qu'il atende davantage.

Adieu Princesse, au blanc vizage.

Fait le treize, prés mon tizon.

Par moy qui suis déjà grizon.

Janvier 1664. — Livre XV. Lettre III,

•Sî

LETTRE TROIZIEME

Du [dimanche] vingt Janvier.

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