‹ La muze historique; (volume 2)Chapitre 5 sur 84 · BIENVENUE · texte numérisé non relu

BIENVENUE

G£néreuzb et sage Marie, De ma Muze toujours chérie, En vous commuant mes soins, Dont mille Peuples sont témoins :

5 Puisque nôtre trés-humble Veine, De Vers est encore assez pleine, Je vais, tout de mon meilleur sens.

En grifoner deux ou trois cens; En chaque hebdomadaire Ouvrage

10 Je n'en mets guéres davantage, Car si j'ozois plus m'égayer, Jecraindrois ae vous ennuyer:

Mais je pense que la prézente, Et, mesmement, la subséquente,

i{ Et les autres qui les suivront, Dézormais ne vous sembleront Ny trop prolixes, ny trop belles; Car ceux dont j'avois des nouvelles, A prix d'argent, par chaque mois,

20 Sçavoir prS de cent sols^toumois.

Depuis peu, m'ont fait banqueroute, Et sont, tout-à-fait, en déroute.

Pour, donc, réparer ce défaut, Dans ces Vers, je requiers, tout haut,

25 Les Gens qui sçavent des Histoires, De m'en envoyer des Mémoires, Pour, en gros, ou bien, en détail.

Les insérer dans mon travail ; Et c'est dont, à toute avanture,

30 De toat mon cœur je les conjure.

Le sort du Duc Cézarinj, Grâces à Dieu, n'est point finj, Comme, d'irâcible manière, Je l'écrivis dans ma dernière ; M Ouoy qu'avéques trop de chaleur J^isse déploré son malheur, Dont j'ay dans l'ame un peu de honte,

Ce n'ètoit qu'un frivole conte :

Mais bien dfes Gens, et bien hupez, 40 Y furent comme moy trompez ; Car ce bruit, comme un faux reptile.

Glissant dans la Cour, et la Ville, Deux jours après le Carnaval, Etoit devenu général.

4 j Vous, donc, que mit en cervelle

Cette ridicule nouvelle.

Qui nous remplit d'ètonnement.

Consolez- vous, prézentement; Car ce cher Amy de la France, .

{o Pour nous si remply de constance, Et si grand Serviteur du Roy, N'est non phis mort que vous, ny moy.

Cette nouvelle et chère Amante, Cette beauté jeune et charmante,

5 { L'aimable Marquize d'Antin,

Plus belle et blanche (^u'un satin, Ayant, après son Mariage, Resté cinq jours, non davantage.

Au Domicile Paternel,

60 Et proche du sein Maternel, Fut conduite par Père et Mère, Et, mesmes, par Monsieur son Frère, En la maizon, ou rendez-vous.

Du Père de Theureux Epous ;

6j Et, là, se fit un assemblage

Pe tous ceux de leur haut Lignage, Ligpage brillant, éclatant.

Qui, pour lors, étoit consistant En piuzieurs Princes et Princesses,

70 En bien des Ducs et des Duchesses, En Prélats remplis d'un erand sens, Sur tous, l'Archevesque de Sens, En piuzieurs Maréchaux de France, En des Cordons-bleus, d'importance,

La Muze HiSTORiqui. — Février i66j.

75 Ueutenans de Roy, Gouverneurs, Comtes, Marquis, et Grands Seigneurs, Au nombre, sans en rien rabatre, De soixante-et-deux, trois, ou quatre.

Tous Gens d'illustre Extraction,

80 De rang et de condition,

Et tous, montrant joye aparente. En saluant cette Parente, »

Oui par sa sagesse et beauté Plût fort à la Communauté.

8j Le Beau-Pére et la Belle-Mére, (Qu'elle honore et qu'elle révère, Comme c'est un cas aprouvé Que leur cœur est fort élevé, Receurent cette Compagnie

90 En pompeuze cérémonie,

Luy faizant, dans l'Hôtel D'Antin, Un grand et splendide Festin, Où, quoy qu'il fût temps de Caresme, Chacun nt une chère extresme:

9$ Car, pour agir en généreux.

Pour, de la gloire, être amoureux, Pour être honorables et braves.

Moitié galans, et moitié graves.

Et paroitre, enfin, comme il faut, 100 Les D'Antins le portent fort haut

Monseigneur le Cardinal d'Esté, Fort grand Prélat, je vous proteste.

Et fort illustre Prince, aussy.

Fit sa première entrée icy,

105 Mercredy, si je ne me trompe.

En assez solennelle pompe.

Cinquante carosses, du moins, (Mes propres yeux en sont témoins) Furent avec magnificence,

1 10 Au-devant de Son Eminence; Monseigneur le Comte d'Harcour, Un des nauts Princes de la Cour, Et le Chef du Royal Manège, Précéda tout ce grand Cortège,

1 1 5 Et par les soins du Souverain,

Dans le beau Palais Mazarin, [ce. Des plus charmans oui soient en Fran- Mena ce Romain, d importance, Ayant dans ce grand Logement,

1 20 Un somptueux Apartement.

Cet habile et généreux Homme, Qui, pour nous voir, a quité Rome, Dés qu'en France on l'ût aperceu, ^ ., Y fut fort dignement receu.

Gentil' •« • • • 1 •

homme Et mieux que je ne sçaurois dire, 7^iî*-^* P^iï" Jes ordres de nêtre Sire, dî rÎS^" Portez par le Sieur de Gomont,

Pour qui j'ay d'estime un grand fond, Qui sans taire plus long voyage,

1 30 (Comme j'ay dit dans une page D'un de mes précédens discours.

Passez sont, je croy, quinze jours) Se faizant fort zélé paraître Pour les dézirs du Roy son Maître,

1 3 5 Luy fit rendre dans les Citez

Des respects, des civilitez, [ronnes.

Que, pres<|[ue, on ne doit qu'aux Cou- Ou, du moins, aux Hautes Personnes.

Dans la fameuze ville d'Aix,

140 II fut receu sous un beau Dais; Dans Montelimart et Valence, Il fut, avec grande éloquence.

Harangué par Gens studieux, Et dans Vienne, encore mieux.

145 Dans Lyon, ville grande et noble.

Dix fois plus belle que Grenoble, On l'acueillit en Demy-Dieu ; Et l'Archévesque dudit lieu. Frère d'un Maréchal de France,

I $0 Avec respect et bienveillance Si bien et si beau le traita.

Que très-bien il s'en contenta.

Moulins, fit pour luy des merveilles, Nevers, chozes toutes pareilles;

I j 5 Ensuite, dans la Charité, Il fut splendidement traité Par cet aimable et galant Homme, Que Deslandes-Payen on nomme.

Homme de rare entendement,

1 60 Et Conseiller au Parlement.

Dans Cosne, l'on fit grand régale A sa qualité Cardinale :

Dans Briare, dans Montar^s, Qui furent deux de ses logis,

1 6 $ Dans Fontainebleau, dans Essône, C'est avec raizon que je prône Que l'on luy fit de tels honneurs, Que les plus glorieux Sei^eurs Joûiroient d'une joye entière

170 D'être traitez de la manière.

Le jour d'après, ou lendemain Qu'anva ledit Grand Romain, Il fut au Louvre à l'Audience, Où, de cette grande Eminence,

17} Avec bien des contentemens On écouta les complimens, Partans d'une ame cordiale, Pour toute la Maizon Royale.

Ensuite, il est fort vizité,

180 Et tous les Grands de la Cité Vont rendre à ce cher Personnage

Février 166}. — LiVRi XIV. Lettre VII.

Un passionné témoi^age

De Pestime qu'on fait de luy

Entre les plus Grands d*aujourd'huy.

i8s Pour soutenir avec les armes Les insolences et vacarmes Que d'abominables Sergens Ont dans Rome faits à nos Gens, On dit que dans icelle Rome

190 On tire mainte grosse somme, C'est-à-dire des sacs pleins d'or, De la sage Epargne, ou Trézor, Du feu le trés-bon Pape Sixte, (^ui dans le Ciel en seroit triste,

19$ Si le déolaizir avoit lieu

Auprès au saint Trône de Dieu :

Lequel Sixte, par sa sagesse, Epargna beaucoup de richesse.

Pour à l'Eglize subvenir

200 Dans ses bîezoins de l'avenir :

Mais, à prézent, on la dissipe, Et le bruit court qu'on en équipe Sous d'assez obscurs Généraux, Quantité de lâches Marauts,

20{ Que l'on fournit de cimeterres, De matelas et de guiterres, Pour faire dans des Gamizons Les Soudrilles et les Oizons.

Enfin, quoy que nôtre Saint-Pere

210 Ne soit njr guerrier, ny sévère.

Mais aussi Don, tendre et pieux.

Qu'il en soit, dit-on, sous les Cieux, Ces petits nouveaux Militaires Qui se mêlent de ses afaires,

2 1 j En abuzant de sa bonté, Et de la juste autorité De ce Successeur de Saint Pierre, Ils ne luy cornent que la Guerre.

La Paraue avant pris au colet 220 Monsieur le Médecin Merlet,

Homme, en son Art, autant habile,

Qu'aucun autre de cette Ville, Fut, ces jours passez, enterré.

Dont, certes, j en ay soupiré:

22 ; Car il ètoit franc Personnage, Obligeant, généreux et sage.

De bon esprit, de bonne-foy.

Et Normand aussi bien que moy.

Il court un Livre de Nouvelles,

2}0 Nommé les Nouvelles nouvelles, Livre, certes, trés-inventif.

Fort plaizant et récréatif.

Et dont une Plume excélente, (Mais plus critique, qu'indulgente)

2 3 ; Et des plus fines d'à-prézent, A fait, aux curieux, prézent.

Cette Plume, des plus artistes.

Entreprend fort les Nouvellistes D'Etat, de Parnasse et de Cour;

240 Je ne l'ay que depuis un jour, Et n'en ay lu que trente pages:

Mais je croy qu'entre les Ouvrages Qui depuis dix ans ont paru, Cetuy sera des mieux couru ;

245 Car cet Autheur-là dit, luy-mesme.

Que, par une manie extresme.

Le siècle aime mieux les Censeurs, Que les Livres pleins de douceurs, Cest-à-dire plus les Critiques,

250 Que les Doctes et Politiques :

Et ce qui le Livre susdit Métra, sans doute, en haut crédit.

C'est que dans ce peu de lecture Que j'en aj fait à l'ouverture,

25 5 Je m imagine et je m'atens

Qu'il doit-étre un Tableau du Temps.

Ma Princesse, icy, je m'areste.

Voila ma Cotation preste.

Fait, d'un stile assez droiturier, 260 Le dix-sept du mois de Février.

La Muze historique. — Février 166}.

LETTRE HUITIÈME

Du [samedi] vingt-quatre Février.

MÉMORATIVE.

Ny la froideur d'une Princesse, Qui pour moy fort peu s'intéresse, Ny les néges de la saizon, Qui durent plus que de raizon, 5 N'empêchent pas que dans mon ame, Je n'aye encore assez de flâme, Pour travailler prézentement A vôtre divertissement.

Il me reste prou de courage

10 Pour vous commencer nn Ouvrage, Et, soit qu'il soit grossier, ou fin, Le conduire jusqu à la fin:

Mais nonobstant ma petitesse Et le haut Rang de vôtre Altesse,

I { Dont ma Muze reçoit la loy.

Je songe à Vous, songez à moy.

Dimanche, le Comte du Lude, Quoy que Courtizan assez prude.

Fut, ce dit-on, avéque bruit,

20 Ataqué par des Gens, de nuit.

Qui d'une arme à feu qu'ils tirèrent.

Au bras gauche, ou droit, leblessérent :

Mais comme assez diféremment On conte cet événement,

25 Je ne veux, en nulle manière, Aprofondir cette matière, Ny de bouche, ny par écrit.

Car cela passe mon esprit.

Ce Balet noble et magnifique, .

p Ce charmant Balet harmonique, Autrement Balet muzical.

Qui, durant le feu Carnaval, Etant, en merveilles, fertile.

Divertit la Cour et la Ville

) { Fut rechanté, fut redancé, Encor Jeudy, dernier passé.

Et fut, tout-à-fait, trouvé leste, Par Monsieur le Cardinal d'Esté, Car c'étoit pour luy, seulement,

40 Qu'on fit ce renouvellement;

Et pour d'autres Messieurs, encore, Qu au Louvre on aime et Ton honore.

Assavoir Monsieur de Créquj, Ambassadeur de France, et qui

45 N'avoit, à cauze de l'absence, Veu ce Balet de conséquence, Ny Monsieur le Duc Mazarin, Depuis peu, de retour du Rhin, Ny sa belle et chère Compagne,

50 Ny mesme un Envoyé d'Espagne, Venu de Madrid en ces lieux Pour témoigner, tout de son mieux, Le deuil qu a son Maître, dans l'ame.

Pour le trépas de feue Madame.

5 5 Iceux, donc, maintenant en Cour, Virent ce Balet à leur tour:

C'est peu de dire qu'ils le virent.

De tout leur cœur ilsl'aplaudirent.

Louis, oui souz ses justes Loix

60 Gouverne les Peuples Gaulois, Avec des grâces sans-pareilles, Y fit le Berger, à merveilles.

Pluzieurs Princes et Grands Seigneurs, Dignes, certes, de tous honneurs,

6j En ce Balet galant dansèrent.

Et, des mieux, le Roy secondèrent.

Cinq jeunes et rares beautez.

Sources de feux et de clairtez.

Dans leurs deux Dances diférentes

70 Sembloient des Planettes errantes.

D'un éclat vif et sans-pareil, Dont Madame étoit le Soleil.

Les autres Beautez renommées, Qu'ailleurs j'ay, toutefois, nommées,

75 Cétoient Saint-Simon, Cévigny, De mérite presque infinj, La Valière, autre Fille illustre.

Digne un jour d'avoir un Balustre, Et la défunte Mortemar,

80 Je la nomme défunte, car

Depuis qu'elle n'est plus pucelle.

Ce n'est plus ainsi qu'on rapeile :

Février 166}. — Livre XIV. Lettre VIll.

Elle a toujours les mesmes traits, Autrement, les mesmes atraits,

8$ Elle est toujours jeune et brillante, Elle est, mesme, encore vivante :

Mais cette beauté de renom Est, du moins, morte par le nom, Qui n*est plus que pour Père et Mère,

90 Que, de longue-main, je révère.

Etant leur trés-humble Valet:

Mais, pour revenir au Balet, Les Voix douces et naturelles De quatre aimables Demoizelles,

95 Les Luthistes et Violons, En leur Art, de vrais Apollons, Et, bref, toute la symfonie, Cauzoient une joye infinie.

Le Téatre ètoit fort paré,

100 Bien dispozé, bien éclairé, Et des Machines l'artifice Y fit dignement son ofice.

Nos Reines, pleines d'un bon sens, Mais qui des plaizirsinnocens,

105 (Comme sages et débonnaires) Ne sont nullement aversaires, Malgré l'âpre et rude saizon, Quitans Cnambre, Alcôve et tizon, Furent, non seulement, icelles, dAicBçoo Maij Monsieur et Mesdemoizelles, d« Valois. Assez volontiers sur le lieu.

Pour audit Balet dire adieu; Ayans illec, pour assistance, Pluzieurs Personnes d'importance,

115 Princes, Ducs, Comtes et Marquis, Et quantité d'Objets exc^uis.

C'est-à-dire de beaux Vizages Bien dignes de vœux et d'hommages.

Que je lor^ois par-cj, par-là,

120 Etant en heu propre à' cela.

Monsieur Jean-Charles de Toscane, Prince de pourpre et de soutane, (Cda veut dire Cardinal) Ayant senty, du coup fatal,

12$ Lindispensable violence, A reropiy la Cour de Florence De plaintes, de pleurs, de soupirs, De r^ets et de déplaizirs.

C'ètoit, dit-on, un trés-sage Homme,

130 Que Ton estimoit fort dans Rome, Qui n'étoit ny vieil, ny caduc.

N'étant que Cadet du Grand-Duc:

Mais la Mort, dans l'humain Lignage, Ne respecte le rang, ny l'âge,

1^ Et tous, irrémissiblement.

Doivent décendre au monument.

Les François craignans d'avoir tape, Sont sortis des Terres du Pape, Sur-tout, de la sainte Cité, 140 Non en craignant Sa Sainteté, Mais apréhendant la colère Du Seigneur Mario son Frère, Qui s'est, ce dit-on, déclaré De la France ennemy juré,

14 j Outre les François, pluzieurs Sages,

Pluzieurs illustres Personnages, Le Cardinal Maldachinj, Et le Cardinal Manchinj, Avec promptitudes extresmes, I jo S'ensontfortbienbanisd'eux-mesmes, Allant chacun de son c6té, Chercher ailleurs sa sûreté, Contre les secrettes pratiques :

Toutefois, pluzieurs Politiques

1 5 5 Qui sont mieux éclairez aue moy,

Dizent, tout-franc, que c est le Roy Qui leur enjoint cette retraite, Atendant que la Paix soit faite, Et que le tout soit réparé

160 Par un Légat à latere.

Messieurs les Parens du Saint Père Rédoutans un sort peu prospère, Quoy qu'ils lèvent de toutes parts, Aimeroient mieux la Paix, que Mars.

165 Toute leur cabale Romaine La dézirent, choze certaine.

Mais sans avoir intention De faire réparation ; Le Roy, qui peu les apréhende,

170 N'a ny veine, ny nerf, qui tende A faire la guerre aux Romains, Il y donne, à regret, les mains, Son grand cœur n'a pensée aucune D'aller, illec, busquer fortune :

175 Mais il veut qu'à sa Nation On fasse réparation.

Voila, sans ratures, ny glozes.

Le propre état où sont les chozes ; Les Sieurs Chigis, de leur c6té,

180 Quoy çiu'on ait souz-eux atenté, Souhaitent fort qu'on leur acorde Et l'amnistie et la concorde.

Sans dire, embrassant ses genoux, • Grand Monarque, pardonnez-nous.

1 8 5 Mais moy, qui suis François de France, Je les assure, d'assurance, Qu'ils n'auront point rémission A moins de réparation.

La Muze historique. — Mars 166).

On dit qu'à Gènes, République

1 90 Fort prudente et fort politique.

Le Cardinal Impérial, Comme dans son Pays natal, S'étant rétiré chez iceile.

Et dans sa Maizon paternelle,

19; Y vivoit fort joyeuzement, Non sans combler d'étonnement Pluzieurs des Messieurs de la Ville, De le voir si gay, si tranquile, Ayant plutôt ocazion

200 D être dans la confiizion,

S'étant fait dessous ses auspices Une des plus noires malices Qu'on fit jamais à la Grandeur D^un important Ambassadeur.

205 Mais quoy qu'en cette Cité sage Il ave un fourmillant lignage, On luy fit, pourtant, sa leçon A peu prés, de cette façon.

> Monsieur,puisque v6treEmminence, 210 > Par malheur, ou par imprudence,

> Ou plût6t par témérité,

> A le Roy de France irrité,

> Nous qui donnons à ce Monarque s Depuis fort longtemps mainte mar-

2 1 j » De n6tre afection vers-luy, [que

> Nous ne pouvons plus, aujourd'huy,

> Pour le respect de sa Couronne,

> Soufrir chez-nous v6tre Personne,

> Nj dans pas-un de nos Cantons :

220 » Ainsi, nous vous amonestons

> De par le Conseil et le Doge,

> Que vous fassiez Jacques-déloge; » Adressez-donc ailleurs vos pas,

> Que si vous n'y consentez pas 225» Par la douceur et par l'amorce,

Gentilhomme envoyé de la pan du Ror.

> Pardieu vous le ferez par force.

Après ce discours corectif.

Il fit quelque-temps le rétif;

Mais oyant qu'en icelle ville 2}o Arivoit le sieur d'Aubeville,

Si-t6t que le bruit en courut

Le Galant Homme disparut,

Sans que jusqu'à prézent l'on sçache

Ny son azile, nysa cache:

235 Puisse-t'il faire son profit

De la Harangue qu'on luy fit

Altesse, qu'en mon cœur j'honore, Quoy que je pusse écrire encore.

Je vais, pourtant, me repozer ; 240 Car n6tre Muze, pour jazer.

N'est pas, ce me semble, animée Aussi oien qu'à l'acoûtumée.

Le vingt-quatre du prézent mois:

Faizant cuire un litron de pois.

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