‹ La muze historique;Chapitre 1 sur 221 · SIRE · texte numérisé non relu

SIRE

EN vous consacrant cet ouvrage, ne croyez pas que je vous fasse une longue ipitre dédicatoire : outre que je n'en suis pas capable, ce n'est pas ce que Vôtre Majesté demande. La monarques, nais pour les grandes actions, se soucient fort peu des paroles inutiles. Je ne pritens point compozer icy votre panégyrique : ce dessein seroit trop au dessus de mes forces, et quatre cens esprits faits comme le mien n'y réussiroient qu'à peine. Je ne sçaurois m' empêcher, toutefois, de dire en passant un peu de bien de Vôtre Majesté; mais, Sire, quand je diray qoe vous avez de la piété pour les autels, de l'amour pour la vertu, de l'inclination aux armes, une propension naturelle A la justice, et delà tendresse pour votre estât; quand je diray que vous êtes admirablement bien fait, galand, adroit, bon, civil, prudent, généreux et modeste, il me semble, Sire, que tous ces atributs ne sont encore qu'une imparfaite peinture de votre personne royale; et, certes, je ne serois pas satisfait quand mesmes j'y ajouterois que vous estes le bonheur de la France, la merveille des roys, lefavory du Cul, et l'admiration des peuples. Des escrivains mieux éclairez que je ne suis en diroient bien davantage, mais non pas, peut-être, avec le mesme zélé, et ceux qui me fréquentent, m'écouîent et me lisent, sçavent que le progrés de vos victorieuses armes, les prospérités de la Reine, votre très sage et très auguste mère, la gloire de Monsieur, vôtre charmant frère unique, l'heureux succès des fidelles conseils de Son Eminence, et la générale félicité de vôtre royaume, ont toujours esté mes ordinaires souhaits et ma passion dominante. Ce sont de solides vérités, Sire, dont ce volume (mais bien mieux les autres qui U suivront) rendront A l'Univers d'éternels témoignages. Le favorable acueil qu'ont receu de Vôtre Majesté mes Lettres en vers, en feuilles volantes, méfait espérer que les recueils ne luy en déplairont pas. En voicy le premier, que j'oze vous présenter avec tout U zélé et le respect que doit avoir pour le plus grand et le meilleur des monarques,

Sire,

De Vôtre Majesté,

Le très-humble, très-obéissant et très-obligé sujet et serviteur,

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