Son Altesse Royale
Le Roy, l'autre jour, eut querelle
Avec, dit-on, Macfemoizelle.
Elle joùoit quelque bijou
Contre monsieur le duc d'Anjou.
85 Le Roy, passant-là d'avanture,
Aprit de quelque créature
Que tous deux ensemble joûoient,
Et que d'autres les regardoient.
Tout bonnement donc il s'avance 90 Pour voir où tournerait la chance ;
Mais la princesse, en dézarroy,
Ferma la porte au nés du Roy.
Après cette injure souferte ,
Le Roy, la porte étant ouverte , 9î Luy dit : « Vous me fermez vôtre huis!
Ignorez-vous donc qui je suis?
Vray'ment, je vous trouve fort bonne
De traiter ainsi ma personne,
Et c'est, à parler franchement , 100 Agir bien incivilement. »
Elle , qui ne sçavoit que dire ,
Répondit : « Excuzez-moy, Sire ,
Je n'avois pas, en vérité,
Aperceu Vôtre Majesté. »
ioj Le Roy se retire en colère ,
Et le petit Monsieur, son frère,
Qui , dit-on , ne l'aime pas fort ,
Dit que sa cousine avoit tort ,
Et que vers luy pareille audace noNe trouverait ny gré ny grâce.
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Si je sçavois exactement Encor quelaue autre événement , O très-excellente Princesse, J'en ferais part à Vôtre Altesse :
Entre les vœux et les souhaits Qu'au Ciel à toute heure je fais, Celuy-là de vous pouvoir plaire
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IJO
. — Juin 1650.
Est en moy le plus ordinaire.
La sage dame de Buhy, Prés de vous mon meilleur apuy, Et sa judicieuse fille, Rare ornement de sa famille , M'ont dit toutes deux jusqu'icy Que de moy vous auriez soucy, Et que , pour reparer les pertes Que depuis un temps j'ay soufertes, Vous prendriez dans vôtre trézor Quelques pièces d'argent ou d'or, Que je recevrais avec joye , Pour contenter, par cette voye , Deux ou trois créanciers que j'ay, Ausquels je me suis obligé, En foy d'honnête et galand homme, De payer au moins quelque somme Au terme Saint-Jean, écheu d'hier.
Or, monseigneur le créancier Se fait aujourd'huy fort de feste, Croyant la somme toute preste , D'autant qu'entr'eux j'ay le bon-heur De passer pour homme-d'honneur.
Espérant donc que Vôtre Altesse M'ordonnera auelque largesse , Je finiray supliant Dieu )
Qu'à Tne , aimable et çlaizant lieu , Et dans toute autre réadanç£<-' "" Biens vous viennent en abondance ; Que vôtre teint soit frais et beau En hyver comme au renouveau , Et que toujours voue vizage Soit la vraye et vivante image De cette lîelle déïté Qu'on apelle dame Santé.
Fat en suant presque d'ahan , Le lendemain de la Saint-Jean.
Juillet iôjo. — Livre I. Lettre VIII.
LETTRE HUITIÈME
Du [samedi] 2 Juillet.