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La fin de cet article est apocrife

Qui, je croy, travaille à l'éguille, ijj Et luy proposeray le fait. »

Aussi-tôt ait, aussi-tôt fait.

Elle alla consulter la belle , Qui, sans faire trop la rebelle, Oyant parler du sacrement, 140 Y consentit gaillardement.

Ainsi , sans aucune remize , Et le jour d'après qu'à l'églize On eut fait le troiziéme ban , L'heureux monsieur de Montauban 145 Epouza l'aimable pucelle, Et cette rare jouvencelle Accepta ledit jouvenceau, Qui passoit aussi pour puceau.

Mardy, quinze ou seize douzaines

ip De colonels et capitaines, Et d'autres bourgeois de Paris, Tant mentons blcms que mentons gris, S'équipèrent la matinée , Puis partirent, l'aprés-dlnée,

in Pour aller, comme députez, Prézenter à Leurs Majestez Une requeste humble et civille , De retourner en cette ville.

Leur rendez-vous fut à Ruél ;

160 Mais, d'autant que le camp cruel De ces belles troupes d'Espagne Ont tout raflé par la campagne , Eux craignans de ne trouver pas Dequoy faire un ample repas,

165 Ils portèrent force mangeaille Pour la crapulle et la ripaille .

Fromage , bœuf, mouton et fard , Du gibier, pas pour un Hard , Mais quantité de poules-d'Indes ,

170 Et du vin pour faire des brinde*

Il n'est pas que vous n'ayez sceu Que la comtesse de Bossu, En atrahs , dit-on , sans égalle, De la belle de Pont rivalle , J:

175 Après maint travail et soucy, Est enfin arivée icy.

Mais on doute encor si ses larmes, Sa douceur, sa vertu, ses charmes, Et sa rare et sainte amitié ,

180 Inspireront quelque phié

Au cœur nouveau venu d'Espagne • Dont elle se dit la compagne.

Un homme arivé de nouveau M'a dh que monsieur de Nouveau

jpo

La Muze historique. — Octobre i6$2.

18$ Avoit ofert grosse finance Pour cette charge d'importance, Par qui monsieur de Chavigny, Devenu riche à l'infiny, Etoit Secrétaire de l'Ordre ;

190 Mais on en veut, sans rien démordre, Cent mille écus d'argent comptant, Ofice vrayment important, Honorable, brillant et leste, A cauze du cordon céleste.

i9! Toute la Cour, qu'à Saint-Germain On atendoh de longue-main, Y vint jeudy prendre son poste , Tel en carosse, tel en poste, A pié, en fourgon, en relais,

aoo Tant les maîtres que les valets.

Pluzieurs gens, si-tôt qu'ils le sceurem, En grande diligence y furent, Pour montrer, en faizans leur cour, Leur foy, leur zélé et leur amour;

ao$ J'ay sceu mesmes que Vôtre Altesse, Témoignant beaucoup d'allégresse, Pour y faire son compliment S'y transporta pareillement.

Je ne sçay pas si ce voyage

310 Sera d'un jour ou davantage ; Mais , soit aujourd'huy, soit demain, Soit icy, soit à Saint-Germain, La lettre par moy grifonnée Vous sera portée ou donnée.

31 j Fait dans le propre hôtel d'un duc , Le lendemain du jour Sain^-Luc.

LETTRE QUARANTE-DEUXIÈME

Du [samedi] 26 Octobre.

HEUREUZE.

Princesse, quand les beaux esprits Compozent leurs divins écrits, Ils les relizent d'ordinaire , Et , si quelque mot de grammaire

j N'est pas comme il faut apliqué, Il est tout soudain révoqué, On en met un autre en sa place , Qui donne au discours plus de grâce ; Bref, ils sont par eux si polis

10 Qu'ils en sont cent fois plus jolis. Moy, chétif poète lyrique, Inculte, ignorant et rustique, Quand j'écris gazette ou chanson Je n'y fais pas tant de façon ;

1 j Je les rime tout d'une haleine, Et, s'il falloit prendre la peine D'y raturer et coriger, Cela me feroit enracer.

Ce n'est donc pas choze fort rare

30 Si mon stHe est un peu barbare, C'est-à-dire indigeste et cru, Et quelquefois trés-incongru.

Ainsi , sans aucun artifice , Je me fais moy-mesme justice,

3j Et cecy, dont je suis l'auteur, Servira d'avis au lecteur.

Certain quidan m'avoit fait mettre Dans mon autre et dernière lettre Que monsieur le cher fils aîné io De madame de Guémené, Dame si charmante et si prude, Epouzoit la belle du Lude; Mais du depuis on m'a mandé Qu'il n'étoit encor qu'acordé.

H Par un menteur et faux mémoire On m'avoit aussi fait acroire (Et je n'en fus détrompé qu'hier) Que messieurs Servien et Telier, Irhumeur si bonne et si françoize,

40 Avoient ensemble quelque noize, Dont la Cour ètoit en soucy ; Mais il n'en est rien, Dieu-mercy.

Du Roy la personne sacrée Fit icy, lundy, son entrée, 45 Lançant des regards de ses yeux

Octobre 1652. — Livre III. Lettre XLII.

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Capables de charmer les Dieux, Et portant en son beau vizage Leur vizible et céleste image; Sagesse, clémence et bonté 50 Acompagnoient Sa Majesté, Qui, d'une douceur sans égale, Tempéroient la splendeur royale, Dont tout prince aux couronnes né Est d'ordinaire environné ; 55 Tel parut cet aimable Sire , Et sans flater l'on pouvoit dire Qu'en cet état vrayment charmant Iipossédoit certain aymant Qui, jetant d'invizibles fiâmes, éo Auroit les plus belles âmes.

Tout bon François en fut ravy, Ledit monarque étant suivy D'une noble et brillante presse De courtizans et de noblesse, *s Parez, brodez et clinquantez, Admirablement bien montez, Force rubans à leurs moustaches Et quantité de beaux pennaches, Que les bourgeoizes et bourgeois 70 Aimoient mieux voir cent mille fois Que ces maudits brigands et traîtres Espagnols, Lorrains, Flamans, Reîtres, Qui teizoient tant les entendus Et qu'on eût pris pour des pendus.

75 Avant qu'entrer en cette ville , Des habhans plus de cent mille, Hommes, femmes, grands et petits, Etoient allaigrement sortis, Tant ils avoient d'impatience 80 De revoir la chère prézence De leur jeune et tnonfant Roy Qui venoit en si bel-aroy Avec l'illustre Anne, sa mère, Et Monsieur, son unique frère, 85 Trés-aimable et royal cadet, Qui ne monte encor qu'un bidet, Lequel cadet de nôtre Sire , Digne d'avoir un jour l'empire (Mais j'entens l'empire Alemand), 90 Est aimé généralemant.

Pour mieux recevoir ces personnes Qui sont si belles et si bonnes, Le Quartier de Saint-Honoré Etoh pour le moins éclairé 9* De trente mil trente chandelles, Et d'autant de claires prunelles : Car la plus-part, en vérité, Des mignonnes de la cité , S'êtoiem aux fenêtres rangées,

| 100 Mangeans massepains et dragées, Pour voir, en un si beau concours, Passer la plus belle des cours.

Après on fit des feux de joye, Et , durant que le feu flamboyé

ioj D'un bout jusques à l'autre bout, Vive-le-Roy s'entend par tout ; Chez-nous et devant nôtre porte On le cria de bonne sorte, C'est-à-dire très-hautement,

1 10 Et de plus cordialement.

Le Parlement de cette ville, Se montrant soumis et docile, Au Louvre, par le Souverain, Fut réuny le lendemain,

1 1 ; Illec étant toutes les chambres , Horsmis toutefois quelques membres, Dix conseillers, deux prézidens, Qu'on interdit malgré leurs dents; Ensuite de quoy l'amnistie,

120 D'un édit royal assortie , Par tout Paris on publia.

Le prétérit on oublia ; Mais tant de révoltez insignes S'en rendroient tout-à-fait indignes,

12; Si, quitans leurs félons projets, Ils ne vivoient en bons sujets.

Monseigneur Gaston, ctjour mesme, Avec une vitesse extresme , Suivy de Beaufort et Rohan, ijo Qui sont amis depuis un an, Tout droit à Limours fit voyage, Soit pour y faire son ménage, Ou pour atendre quelque-temps Des nouvelles des mal-contents.

* j s Mademoizelle son aînée Disparut la mesme journée; Mais où cette princesse alla, Fort peu de gens sçavent cela.

La Montbazon, ce beau colosse, 140 Pour certain commerce ou négoce Qui ne plaizoit pas à la Cour, Eut ordre aussi le mesme jour De ne passer point la semaine Sans voyager vers la Touraine.

145 Châtillon d'un autre côté Transporta sa rare beauté; Mille amours suivirent la belle.

Choizy-de-Caén , dame Bonnelle, Eurent mesme commandement,

J02 La Muzb historique. — Novembre 1652,

150 Et la Fiesque semblablement.

Puissent ces chères exilées

Etre en peu de temps r'apellées,

Et tout François , à l'avenir,

Fidellement se réunir, 180

■ s s Malgré toute averse cabale

Du côté de la Cour royale!

Maizons, prézidentau mortier. Fut r'êtably dés avant-hier, Et le Roy, luy rendant justice,

160 Pour l'afermir dans son service, Le refit en un tourne-main Capitaine de Saint-Germain; Beaumont, qui , durant sa disgrâce, Avoit ocupé cette place,

16$ En doit sortir au premier jour, Soit par force , soit par amour ; En vain sur ce sujet il gronde :

Telle est l'inconstance du monde.

Ainsi ce superbe château >

170 Dont l'aspect merveilleux et beau Charme quiconque le regarde , N'aura plus un dragon pour garde.

Pluzieurs couriers, depuis trois jours, Vont de cette ville à Limours, 17$ Et de Limours en cette ville ,

Entr'aimes le sieur duc Danville ,

Pour obliger l'oncle du Roy

A se ranger de bonne-foy ,

Ainsi que chacun le dézire ,

Aux volontez de nôtre Sire ,

A l'honneur et gloire duquel

Ce prince, d'un doux naturel ,

Et aont l'âme est, dit-on , si bonne,

Est plus obligé que personne.

Dieu le veuille si bien toucher Que rien ne le puisse empêcher Erêtre incessamment le modelle D'un parent ardant et fideile , Et de faire un éternel vœu D'être toujours pour son neveu!

Princesse dont l'âme bien née Est des mieux intentionnée , Et dont le cœur pur et loyal Est infailliblement royal, Le souhait que je viens de faire A tous les bons François doit plaire, Mais point du tout aux des-unis; Et c'est par-là que je finis.

Fait , ayant l'esprit un peu lourd, aoo Le vingt-et-six du mois qui court.

LETTRE QUARANTE-TROIZIÉME

Du [samedi] 2 Novembre.

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