‹ La muze historique;Chapitre 139 sur 221 · IV. Lettre V. JJ · texte numérisé non relu

IV. Lettre V. JJ

Prétendans tirer de cet homme Une très-grande et grosse somme , L'ont enlevé de la façon Pour luy faire payer rançon .

Luy faizant cène horible mené D'autant qu'il est tout- à-fait riche:

Après l'histoire de Burin Venons à celle de Turin , Où quantité de personnages Compozez d'air et de nuages Ont aparu sur l'horizon Et cauzé mainte pàmoizon :

Cela figurait deux armées L'une contre l'autre animées, Avec èpieux, lances et dards, Cornettes , guidons , étendarts , Flèches, traits, canons et tonnerre, Et tout autre açareil de guerre.

Jamais on ne vid tel combat , Ny tel éfroyable sabat , Ny de si terrible bataille, Tant de coups d'estoc et de taille , Ny tant de crânes entr' ouvers Par d'épouventables revers; Puis parut la pompe funèbre De quelque général célèbre Qu'on métoit , en menant grand dûetl, Dans un noir et profond cercueil, Et l'on jétoit dedans ce goufre, D'où sortoient des vapeurs de soufre, Du dieu Mars les divers atours, Des trompettes et des tambours , Les piques et les bourguignotes De maints soudrilles et pagnotes , Des brassarts et des corselets, Des fiizils et des pistolets, Des javelots, des halebardes , Des couleuvrines, des bombardes, Et maints ensanglantez lambeaux Tant d'enseignes que de drapeaux.

Des spectateurs et spectatrices Qui virent en l'air ces milices , Si le bruit n'est vain ny trompeur, Quatre-vingts pissèrent de peur ; Aucuns, jusques-à deux centaines, En eurent les fiévres-quartaines; D'autres, comme gens aux abois , Perdirent l'haleine et la voix, D'autres eurent des sueurs froides, Et, bref, deux moururent tous rotdes (Et ce furent deux masculins) Pour avoir vu ces gobelins.

Aussi, depuis l'Apocalipse

JaKltteft-aii temps de Juste-Lipse , i n Et depuis Lipse jusqu'à nous , Compris mesmes les loups-garoux Et les plus bigearres prestiges, On n'a point vu de tels prodiges ; Mais auray-je assez de crédit 160 Pour persuader ce qu'on dit Touchant les vizions tragiques De tant d'objets météoriques?

Pluzieurs endurcis sur ce point Ne me croiront, possible, point.

16) Si l'afaire va de la sorte ,

Je n'en sçay rien , je m'en raporte ; C'est un étrange événement, Et j'avoue icy bonnement Que, si quelqu'un sur son mémoire

170 Ne m'ût écrit qu'on tient l'histoire De l'illustre pnnce Thomas,

Je ne la croirois ma-foy pas.

Le frère du sieur de Féquiére, D'humeur et galante et guerrière,

171 Qu'on nomme le comte du Pas , Est allé de vie à trépas.

Pluzieurs plaignent sa destinée D'avoir été si-tôt bornée ;

Mais , s'il fût mort servant son Roy, ife Témoignant son zélé et sa foy, Et luy consacrant son courage, On le plaindrait bien davantage.

Des Pays-Bas on m'a mandé Que le duc Charles et Condé

isj A voient eu quelque conférence; Mais sauf pourtant la révérerice Qu'on doit à ces deuxcapitans, Souventefois dire j'entans Que, leurame étant my-partie

190 D'intérêts et d'antipatie, Mis s'acordent réelement, Mais non pas cordialement.

Quoy qu'animez contre la France , Ils n'ont point cette confiance,

i9) Afection, franchize et soins

De deux guerriers qui sont bien joints; Ils ont beau-dire, ils ont beau-foire, Certaine haine héréditaire Dont la source est dans leurs maizons

:oo Brouille bien-souvent leurs raizons.

Et l'on m'a la nouvelle aprize Que le sieur chevalier de Guize,

La Mu» historique. — Février 1655.

De pluzieurs des siens secondé , Avoit chargé ceux de Condé , Efet d'assez grande importance , Mais de dificile croyance ; Et comme un semblable atentat Ne seroit que bon pour l'Etat, Tant plus j'y songe et j'y resonge, J'ay peur que ce soit un mensonge.

Les royaux ont repris Vervins, Où ne trouvans ny chairs , ny vins, Sel ny bleds, bûcnes ny bûchettes, Pas mesmement des allumettes, On prend grand soin à tous momens De reparer ces manquement

De madame Beauvais le gendre , Faizant plus que jamais le tendre, Est revenu dés l'autre-jour Prés de l'objet de son amour.

L'amante est toujours fort gentille , Sa gentillesse toujours brille; L'amant est gentil et poly, Et sont tous-deux à Genâlly.

ajo

Princesse à qui chaque semaine J'aporte des fruits de ma veine, On fait de moy ce jugement Que je rime facilement, Et que, quand j'écris, je me joue; Mais il faut pourtant que j'avoue Que ce dernier ouvrage icy M'a donné beaucoup de soccy :

J'ay grimacé, j'ay fak la beste , J'ay pluzieurs fois graté ma teste ; J'ây tourné contre-bas les yeux, Je les ay haussez vers les deux, J'ay bû du vin un demy-verre , J'ay frapé du pié contre terre, Et fait tous les gestes encor De Jodelet et Floridor (Que j'ay vus des fois plus de quatre) Quand ils riment sur le téatre.

Je trouvois des dificultez Dans les sujetz que j'ay traitez Qui me métoient à l'agonie; Mais enfin ma lettre est finie.

Fait par moy, petit rimailleur, La veille de la Chandeleur.

Février 165J. — Livre IV. Lkttrk VI.

LETTRE SIXIÈME

Du [samedi] 8 Février.

RÉMÉMORATIVE.

Muze au bas et vulgaire suie,

Ne fay point tant la dificile ;

Vien, aproche, déj>êche-toy ;

Reprens ton ordinaire empfoy, i Ne sois ny peu ny point tarie

En servant Pillustre Marie ;

Commence à rêver promptement,

Ne difére pas un moment,

Soit que tu sois ou non boufonne , 10 Que tu sois parée ou chifonne,

Ou de gave ou de sote humeur :

Je sens aéja que l'imprimeur

Pour tes vers prépare sa presse ;

Et non seulement ma Princesse , 15 Mais pluzieurs cens, tant loin que prés,

Atenaent tout de bon après.

On m'a fait mention briéve Qu'au temple Sainte-Geneviève ,

*> Dimanche, on fit monsieur Bourlon (Sage et moral comme un Solon) Digne évesque de Cézarée, Avec grâce aussi conférée (Dézirable en pluzieurs façons) De coadjuteur de Soissons.

25 La cérémonie en fut belle, Et mainte dame et demoizelle Assistèrent dévotement A ce sacre , et non sacrement.

Deux vénérables Eminences

]o L'honorèrent de leurs prézences :

Sçavoir Antoine et Grimaldy, Qui furent-là jusqu'à midy, Quatre cens personnes (algues.

Grand nombre d'éclésiastiaues,

*j Quinze èvesques bien êbaroez , Et pour le moins autant d'abbez.

Encor qu'il fit un temps étrange, Temps de vent, de pluye et de fange, Lunay matin, Sa Majesté,

40 Leste, brave et bien ajusté, Fut, en assez belle ordonnance, Vers le Mênil-Madame-Rance/ Pour recevoir le cardinal , Qui venoit du pàîs-d'aval,

4$ Auquel il fit grandes caresses, Et témoigna bien des tendresses , Et le soir fit maint compliment Aux trois nièces pareillement, Qui plurent fort à nôtre Sire.

jo D'elles je ne sçaurois rien dire, Car je ne les connois pas bien , Mais la Cour en dit bien du bien.

L'Éminence, étant arrivée A deux heures de relevée,

$ 5 Eut au Louvre un apartement , Et tout-à-fait grana traitement ; Puis, neuf heures ètans venues, On fit éclater jusqu'aux nues Un feu d'artifice nouveau ,

60 Qu'on trouva parfaitement beau.

Jules, puis que nôtre Monarque Te donne toujours quelque marque De l'amitié qu'il a pour toy, Conseille bien ce jeune roy,

6( Et sers de toute ta puissance Non seulement luy, mais la France ; Pour combler l'Etat de bon-heur, Aymé les personnes d'honneur, Sois ennemy juré du vice,

70 Aymé la paix et la justice, Aymé la constance et lafoy Des vrais serviteurs de ton roy ; Ne fais opression aucune , Et Dieu bénira ta fortune.

7j On dira que je suis hardy De dire icy ce que je dy, Et , possible , trop téméraire ,

Mademoizelle du Plessis, D'humeur sage et d'esprit rassis,

105 Fille d'un maréchal de France, Fait pareillement alliance Avec monsieur de Maugeron; Je ne sçay pas s'il est baron, S'il est marquis ou s'il est comte

no Mais je sçay qu'il a, de bon compte, (Au moins si j'ay bien retenu), Dix mil êcus de revenu.

A Bordeaux, messieurs les Ormistes Choquent si fort les royalistes

11$ Qu'illec on ne peut sans éfroy T?moiçier d'amour pour son Roy.

Les vieillards les plus honorables, Les citadins les plus notables, Capucins, curez , prézidents ,

1» N'ozeroient desserrer les dents ; Les gens-de-bien aymans la France Sont en continuelle trance, Et soudain qu'ils sont remarquez, Ils sont exilez ou moquez :

us Ce ne sont que terreurs et craintes, On n'entend par tout que des plaintes, Et les maux, loin d'être assoupis, Croissent et vont de pis en pis.

$40 La Muzb historique

Et que c'est à moy de me taire ,

Que c'est mesmes faire le fat to De faire ainsi l'homme d'Etat,

Et que , sans doute , ce grand Jules

Trouvera ces vers ridicules :

Mais le zélé ardant et loyal

Que j'ay pour le trône royal 8( Me fait parler de cette sorte,

Et souvent ce zélé m'emporte.

Descars, mardy tout justement, Se soumit au doux sacrement ; Et, quoy qu'elle eût toujours fait gloire

90 De méprizer l'art amatoire, Pràlain fut enfin le vainqueur De ce chaste et rebelle cœur.

Ce ne fut pas sans se défendre , Elle eut de la peine à se rendre ,

95 Aux longs délais elle eut recours, La Pudeur vint à son secours ; Mais Hymen, entouré de charmes, Luy faizant mètre bas les armes , En vint à la terminaizon ,

100 Et, nonobstant toute raizon Par la chère épouze alléguée , Elle fut enfin subjuguée.

IJO

léo

— Février 1653.

Pauvre cité , jadis si riche ,

Qui tomberez bien-tôt en niche,

Si vous n'ûssiez, d'un cœur d'airain,

Dézobliçé le Souverain ,

Vous seriez, ne vous en déplaize,

Cent mille fois plus à vôtre aize.

Dans Paris on a découvers Quelques-uns de ces gens pervers Qui séduizent la populace Par des discours pleins de falace, Agissans de mauvaize foy Contre les intérêts du Roy.

Ils forment des pratiques noires Et sèment d'indignes mémoires ; Mais, tant les grands que les petits, En amy je les avertis Qu'on a dessein d'en faire pendre Tout autant qu'on en poura prendre.

On êtoit encor atendant Qui seroit le sur-intendant, Cette charge , autant que pas-une, Etant une rare fortune.

Mais il faut beaucoup endurer Pour y pouvoir long-temps durer; Et quoy qu'elle soit épineuze Presque autant aue pécunieuze, Pluzieurs pour elle s'intriguans, Elle n'est jamais sans briguans; La brigue est pourtant terminée, Car j'ay scfeu cette matinée (Et toute la Cour en convient) Qu'elle est pour monsieur de Sèment, Qu'on peut nommer, sans flaterie, Un ornement de la patrie, Tant il possède abondamment De lumière et de jugement; Mais comme la charge est pézante Pour le moins autant qu'importante, Afin de soulager ses soins, On luy donne quelques a joints, Sçavoir : messieurs Fouquet , d'Aligre, Dont l'esprit est doux, et non tigre; Morangis, Ménardeau, Bordeaux, Tous gens qu'on tient assez loyaux, Et serviteurs du Roy leur maître Autant que l'on le sçauroh être.

Monsieur d'Anjou, frère du Roy, Avec un bel et grand aroy, Quoy au'en temps assez crotatoire, Alla , l'autre jour, à la Foire, Où sa bource illec échoua :

Février 1653. —Livre IV. Lettre Vlh

180 Il perdit tout ce qu'il joua.

Telle du Sort fut l'ordonnance ; Mais s'il y perdit sa finance, Ses apas jeunes et vainqueurs Luy gagnèrent beaucoup de cœurs.

185 Dieux ! qu'il est tard! hà ! teste! ventre! Je voy mon imprimeur, il entre.

Imprimeur, atendez un peu , Metez-vous auprès de mon feu :

Je vous promets de payer pinte.

190 Ma lettre est encor trop succinte.

Quoy ! monsieur, vous ne voulez point. . Vous êtes dur jusqu'à ce point... , Vous craignez les tireurs de laines.

Tenez-donc : vos fiévres-quartaines !

195 Fait l'huitième jour de février. Avec l'encre de mon encrier*

LETTRE SEPTIÈME

Du [samedi] 1 $ Février.

APROPRIÉE.

Quoy que faire tous les huit jours En rimes de nouveaux discours Doive être un embaras extrême , Qui me rend bien souvent tout blême,

5 Princesse, je ne cèle pas Que j'y trouve quelques apas, Et que je vous rens cet hommage Avec joye , ardeur et courage ; Mais certes vous le méritez

10 Par vos soins et facilitez A parafer sans répugnance Tous les trois mois mon ordonnance.

Cette douceur, cette bonté, M'ont tout-à-fait le cœur domté ;

1 5 Aussi je vous bénis sans cesse, Et dis toujours que Vôtre Altesse (Sans dire ny quoy ny combien) Me donne fort peu , mais fort bien.

Le Saint Père, pape de Rome, » A fait action d'honnête homme En confirmant le sacrement Qui joint irrévocablençnt A monsieur le duc de Lorraine Sa vraye épouze et souveraine :

35 Ses vaines expozitions , Ses fausses allégations , Les assistances espagnoles , Ny tous leurs procédez frivolse, N'ont pu ternir la vérité, *© Ny séduire Sa Sainteté,

Ny gaigner par complots iniques

Les oficiers apostoliques.

Quoy que pour cet étrange cas Il ait bien semé des ducats ,

?s Quoy qu'il ait bien fiché la cole, irfautque madame Nicole, Digne d'honneur et d'amitié , Soit sa véritable moitié :

Telle est l'ordonnance papalle.

40 Ainsi l'amoureuze rivalle, La marquize de Cante-Croix, Sans plus prétendre honneurs ny droits, Pour éviter la bigamie , Ne tiendra plus heu que d'amie.

4$ Juste et prudente Sainteté * En faveur de vôtre équité , Outre que je suis catholique , De tout mon cœur apostolique, Et Romain , de belle-hauteur,

50 Je suis fort vôtre serviteur.

Dés qu'on eut sceu cela, la Reine Fut chez madame de Lorraine Avec elle se réjouir De ce qu'elle venoit d'oûyr,

n Et luy bailla d'or quelque somme Pour envoyer lever à Rome Du Sainct-Siége le jugement; Mais pour dire préozement Si c'est arrest, bulle ou sentence ,

60 Je n'en sçay rien , en conscience.

Ces jours passez vint à mourir

La Muze historique. —Février 1655.

(Sans que rien la pût secourir) Une mignonne incomparable , Qui passoit pour choze admirable,

es Que Ton alloit voir tour-à-tour, Et que jadis (mesme) à la Cour On ne voyoit au'avec merveille ; Quoy que ny blanche ny vermeille, Personne enfin de grand renom.

Etoit-ce une baronne ? Non. Une marquize, une duchesse , Une comtesse ou vicomtesse ?

Elle n'êtoitrien de cela.

Qui diable ètoit donc celle-là ?

7j Cêtoit (6 Fortune cruelle !) La naine de Mademoizelle , Dont le trés-chétif petit corps Est maintenant au rang des morts.

Jamais prés de roy ny de prince

80 On ne vid de naine si mince :

Quand une puce la mordoit, Et qu'icelle se défendoit, La puce , pour finir la guerre , La métoit aizément parterre , Et la moindre haleine du vent La faizoit tomber bien souvent.

Enfin, elle étoit si petite (Quoy qu'aucunement favoriffe) Que dans un petit balancier *

«0 De cuivre , d'airain ou d'acier, Etant par plaizir un jour mize Avec robe , jupe et cnemize , Et de plus , sa coiffure encor, Tout ne pezoit qu'un louis-d'or.

95 Elle mourût vierge et pucelle, Car, pour aparier icelie Dans unliymen bien assorty, Il ne se trouva nul party Que Godenot et Jean-des-Vignes,

100 Deux marionnettes insignes ; Mais par des signes aparens On trouva qu'ils êtoient parens.

Or en faveur de la Princesse Oui fut son illustre maîtresse

105 J'ai fait ce huitain , laid ou beau, Pour être mis sur son tombeau :

Dans cette fosse souterraine Gtt une naine plus que naine ; Mais j'ay tort de parler ainsy :

1 10 Elle n'est plus gizante icy,

Ce tombeau rien d'elle n'enserre , Car deux très-petits vers de terre En firent un maigre repas Le propre jour de son trépas.

n 5 Jeudy matin, d'assez bonne heurt, Aux Mathurins (ou que je meure) Madame l'Université , Par un motif de piété , Fit faire un ample et beau service

120 Pour ce grand-homme de justice Nommé monsieur Talon jadis, Afin qu'il aille en paradis.

Pluzieurs personnes d'importance Firent illec belle assistance,

us Moines, conseillers, avocats, Et tout plein d'esprits délicats.

Lallemant, bachelier célèbre, Prononça l'oraizon funèbre En latin , trés-élégamment,

i*o Mais si judicieuzement

Que ceux qui sçavent cette langue Achnirérent fort sa harangue ; Il charma tous ses auditeurs, Dont la pluspart êtoient docteurs.

ta C'êtoit un discours à transcrire, Et l'on m'a dit qu'on oûyt dire A quantité de gens-de-bien :

« Mort non pas de Dieu ! qu'il dit bien !» Je n'ûs point part à ce régale ,

140 Car moy, petit auteur de balle, Je dors tout le long du matin, Puis je n'entens pas le latin.

Champigny, cette honnête femme

Dont mainte sage et grande dame 14$ Chérissoit avec passion

L'aimable conversation,

Est morte, dont c'est grand dommage,

En l'an trente-et-six de son âge.

Ses voizines et ses voizins, i$o Ses couzines et ses couzins,

Enfin toutes ses connoissances

En font de tristes doléances.

J'ay sceu cet accident mortel

De la belle dame Martel, 15$ Qui ne s'en peut consola- mie ,

Tant elle ètoit sa bonne amie.

J'aprens de quelques cens de Cour Que monsieur le comte d'Harcour Est Centré tout-à-fait en grâce:

160 II est encore dans l'Alsace, Mais il en doit partir bien-tost Pour derechef commander l'ost Qui campe aux bords de la Garonne) Afin de servir la Couronne

téj Contre messieurs les Bordelais .

I Qui ne sont pas trop bons Gaulois.

Février 165 j. — Livre IV. Lettré VIII.

Le sieur Gouverneur de Broûage ,

Redevenant fidelle et sage ,

Quite le party de Condé, 170 Et s'est , dit-on , r'acommodé ;

Par politique ou modestie ,

Il se soumet à l'amnistie ,

Prétendant ledit Dudongnon

De se voir bien-tôt compagnon 175 (Au moins c'est-là son espérance)

De trente maréchaux de France.

On doit danser au premier jour Un charmant balet à la Cour, Où je n'espère en nulle sorte

180 Qu'on m'ouvre ny guichet ny porte; Sans doute on me refuzera , Et voilà ce que c'en sera.

Mais si l'on me défend l'entrée De cette brillante contrée,

185 Si je ne suis sur le rollet De ceux cjui verront le ballet , Moy , (jui suis tant soit peu poète, N'en diray rien dans la Gazette ; Oûy, je proteste hautement

190 De ne parler aucunement Des machines ny de la dance.

O le grand mal-heur pour la France!

Vous, Princesse, vous y serez Dans ce beau lieu vous brillerez

19s Avec honneur, éclat et lustre, Selon vAtre naissance illustre; Et, voyant de vos propres yeux Ceux qui réussiront le mieux , Vous en serez plus satisfaite

200 Mille fois que ae la Gazette.

Fait le quinze du mois, au soir, Qu'il faizoït extrêmement noir.

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