IV. Lettre XXXI
170 L'avoit traité tout-à-fait mal.
Là, pluzieurs vaisseaux se perdirent,
Là , pluzieurs braves cens périrent ;
On dit mesmes que ledit Tromp
Y fut occis d'un coup de plomb , 17$ Que des gens de mer de Holande
La déconfiture fut grande,
Btef , que les vaisseaux d'Amsterdam
Ne combatirent qu'à leur dam.
Certainement cette nouvelle 180 Ne me semble bonne ny belle;
J'aurois volontiers souhaité
La perte de l'autre côté :
Je crains que Cromûd et ses hommes
Viennent un jour manger nos pommes ; 18$ Je serois marry de cela,
Et j'ay peur de ce diable-là.
J'ai lu dans la Gazette en proze Que la Mort, qui de tout dispoze, Avoit ateint d'un coup fatal 190 Le fils du roy de Portugal; Certes , je n'en suis pas bien-aize, Car, Sa Majesté Portugaize Ayant pour nous de bons dézirs , Je prens part à ses déplaizirs.
i9J Princesse dont l'ame est garnie D'une vertu presque infinie, Où par une douce harmonie La sagesse se void unie , Vôtre gloire, que Dieu bénie,
200 Ne oeut jamais être ternie, Ny ae vos actions banie :
Qui dit autrement , je Je nie ; Mais , grâce à mon pdfit génie , Ou bien à madame Uranie ,
2<>f Voilà la Gazette finie.
Adieu donc, sans cérémonie.
Fait , je vous le dis en amy, La veille Saint-Bartélemy.
aé
La Muze historique. — Aoust 165 5.
LETTRE TRENTE-DEUXIÈME
Du [samedi] 30 Aoust.