‹ La muze historique;Chapitre 76 sur 221 · i/hôtddeSchooberç · texte numérisé non relu

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La Muze historique. — Septembre 165 1 .

Mo

MS

Mais on peut parier, en passant, De l'éclat plus que ravissant De ceux de la haute noblesse , Dont quelùues-uns, par politesse, Etoient habillez eteouvers De fine serge à deux-envers, Aucuns d'une légère moire, D'autres de férandine noire, Quelques-uns de toile d'argent , Erautres , de tafetas changeant, Des cours la plus commune étofe, A ce que dit un philozofe.

Tel portait un habit tout d'or,

160 Qui sembloit valoir un trézor, Et n'avoit pas , que je ne mente , Plus de deux cens ècus de rente ; Tel êtoit brave au dernier point , Qui doit encor chausse et pourpoint

16s Et la façon de trois cazaques Au tailleur nommé Maître-Jaques.

Bref, ils étoient tous si parez, Ou, pour mieux dire, si dorez, Que de les voir tout d'une vûë

170 Tout le long d'une grande rué Etoit un objet fort brillant Et tout-à-fait rare et galant.

Plus de cinquante jeunes barbes Etoient montez sur de beaux barbes,

175 Et d'autres sur de beaux genêts Qui n'êtoient fourbus ny benêts , Mais qui , devant les demoizelles , Faizoient des courbettes fort belles.

Or, entre tant de beaux brodez,

180 Des dames souvent regardez, Nul ne receuf tant de louanges De la bouche'de ces beaux anges Qu'un chef des cent Suisses du Roy, Qui parut tel, en bonne-foy,

18s Que ses habits et son vizage

Dans les cœurs de tous faizoient rage.

Enfin, le Roy, trionfamment,

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Ariva dans le Parlement, Au gré de tous ceux qui le virent, Qui deux mifie fois le oénirent.

Et voilà tout ce que j'en scay ; D'ailleurs, je suis un peu lassé.

Dans sa Gazette ou manifeste Renaudot écrira le reste.

Cecy seulement je diray, Le plus succint que je pouray, Qu'après un si beau jour de joye, Jour d'or, d'argent, d'azur et soye, De nouveaux mécontantemens * Prézagent de nouveaux tourmens:

Signe évident qu'en toute choze L'épine est bien prés de la roze ; Et que c'est le sort d'icy bas Que les plaizirs ne durent pas.

On dit que le roy -d'Angleterre, Heureux tant par mer que par terre, Dans une défaite d'Anglois, En a tué mil trente-et-troisj Qu'il a pris une ville , en suite , Laquelle il a toute détruite En dépit 'du sieur Crommûel, Que l'on fait passer pour cruel ; De-là, son armée ira fondre Vers la grande cité de Londre.

Ce discours est vray, mot pour mot; Mais j'ay bien peur qu'il ne soit sot, Car nôtre veine poétique Etoit un peu mélancolique Lors-que je prenois le soucy De vous écrire tout cecy.

0 Princesse sage et bénme, Excusez 'mon humeur chagrine.

Le dix de septembre, à midy, Ayant l'esprit presque étourdy.

Septembre 1651. — Livre II. Lettre XXXVII.

LETTRE TRENTE-SEPTIÈME

Du [samedi] 17 Septembre,

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