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La myriade système chronologique pour une période de dix mille ans

M. Henri Brandel, dont le père avait été négociant à Stockholm , naquit dans les environs de cette capitale le 21 Janvier 1739. Orphelin à huit ans il fut élévé dans la maison de son grand-père maternel, digne curé de campagne. Ayant fait ses études à l'université d'Upsal , où pendant quelques années il s'était voué à l’élude approfondie des langues orientales, sous la direction du célèbre Orientaliste il. P. Rubens, il fut en 4 764 nommé secrétaire du consulat de Suède à Alger, et trois années plutard Consul Général. Il y resta en cette qualité, jusqu'à l’année 1794 , où, après la mort du vieux Dey Mohamed Ben Osman , le nouveau Dey Hassan 'rompit la paix avec la Suède. En quittant l’Algérie, où il avait joui d’une considération bien méritée, non seulement parmi les Chrétiens, mais aussi parmi les Musulmans, M. Brandel se rendit d’abord en Italie, et arriva en 4 793 à Stockholm, après une absence de près de trente ans.

Pendant son long séjour à Alger, M. Brandel, tout en prêlant une attention scrupuleuse aux devoirs de sa place, avait employé ses loisirs à des méditations profondes sur l’astronomie , et surtout la chronologie — son étude favorite. La comparaison des ères diverses, usitées chez les peuples anciens

el modernes, lui avait de bonne heure suggéré l'idée de construire un nouveau système chronologique, basé sur les calculs les plus exacts des rnouvemens solaires et lunaires. Ayant

déjà commencé ces travaux à Alger, il les poursuivit jusqu’à

la fin de ses jours avec une persévérance el une assiduité

infatigables. Mais le désir de perfectionner son système — qu’il intitula la Myriade, comme embrassant une période de dix

mille ans — et d'y mettre toute l'exactitude el la clarté possibles, retarda la publication de son ouvrage, et l’empécha même de terminer la rédaction de ses nombreux manuscrits. Il avait seulement fait imprimer quelques tables astronomiques et quelques feuilles, formant le eommencemenl d’une «Exposition de la .My riade», mais il n’y avait pas donné suite. Au reste, il avait fait imprimer tous les ans, depuis 4 796 jusqu'en 4 821, un petit Almanac Myriadique, qu'il distribua uniquement à ses enfans cl à ses amis. Un de ses Almanacs, étant tombé entre les mains du célèbre astronome Baron de Zach à Gotha, qui l'avait porté à la connaissance du Grand Duc, Ernest Louis, ce Prince, grand amateur des sciences astronomiques, prit tant de goût à la chronologie de M. Brandcl , qu’il l'adopta dès l'an 4 802 dans le cercle intime de sa cour , et fit remettre à M. Braudel un Almanac Myriadique imprimé à Gotha, comme marque de son estime. Déjà plusieurs années auparavant le gouvernement français, s’occupant alors de la nouvelle ère républicaine, el ayant entendu parler du système de M. Braudel, lui avait fait demander des renscignemens à ce sujet. Celui-ci se mit en effet en correspondance avec les illustres savans MM. La Place et Le Gendre, mais on s’était déjà en France déclaré pour un autre système, qui toutefois ne fut pas de longue durée. Nous citons seulement celte circonstance afin de

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prouver, que la chronologie He M. Brandel n'était nullement une imitation du calendrier républicain, comme quelques personnes l’ont supposé — , mais lui était Lien antérieure.

M. Brandel mourût à Stockholm le 18 Février 1828, à l'âge de près de 90 ans. Les infirmités de la vieillesse l'ayant cmpéché, pendant les dernières années, de travailler avec sa vigeur habituelle, il avait exprimé le désir, que son ami, M. Svanberg, professeur de mathématique à Upsal, se chargeât de la rédaction définitive de ses manuscrits, pour en faire la publication, mais ce savant distingué, qui mieux que tout autre était familier avec ce système nouveau, étant lui -même très âgé, ne put pas satisfaire à ce désir de son ami, et les manuscrits myriadiques restèrent intacts chez lui jusqu’à sa mort, et après lui nul autre n'a pù remplir les voeux de l’autenr jusqu’à présent. Dans cet étal de choses le soussigné, qui dans-sa jeunesse avait été honoré de la bonté paternelle du noble veillard , et avait acquis quelque connaissance de la Myriade, s'est enfiu décidé, quoique avec hésitation, et sur l'invitation de la famille de feu M. Brandel , à essayer de faire d'après ces manuscrits inédits un exposé des points cardinaux de la chrom logic Myriadique et de son application à l’usage journalier, tout en mettant de côté un examen scientifique de la théorie dans son ensemble, examen dont il ne se sent pas capable. Telle est l’origine et le but de cette brochure, qui n’aura d’autre publicité que la distribution graduite aux principales académies et aux personnes, que celte matière peut intéresser. Il est superflu d'observer, que les calculs et les tables chronologiques ont été rédigés par M. Brandel de son vivant et se trouvent rendus avec toute précision possible, de même que les termes techniques, adoptés par lui, ont été fidèlement conservés. Si, en suivant ce plan

très limité, le soussigné a réussi Hans sa lâche à faire un exposé clair quoique succinct du système Myriadique, et qui puisse servir de guide à des investigations plus détaillées, il se trouvera plus que récompensé pour les heures, qu'il y a consacrées, dans l’intention de sauver de l'oubli un système ingénieux , au développement duquel M. Braudel avait voué la majeure partie de sa vie, et dont on peut reconnaître le mérite sans avoir égard aux chances de son adoption.

Copenhague 4855.

F. A. EWERLÔF.

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