Dilheggia
Dans les années, qui sont bissextiles et ont 355 jours, le dernier mois Di’lheggia en a trente.
Le vendredi est le jour de la dévotion publique et d’une observance indispensable, comme le dimanche l’est chez nous. Outre les vendredis, au nombre de 50 dans le cours de leur année, les Mahométans ont
quatre fêtes de précepte, qui réviennenl aux époques ci-dessus marquées.
Attira, la fête des dîmes, le 1 0 du mois Muharrem. Selon la loi de Mahomet tout vrai croyant doit donner aux pauvres la dixième partie de son revenu annuel.
Mevlud, nativité, le 12 du mois Rebi-ul Evvel, où l’on célébré le jour de la naissance du prophète Mahomet.
Les trois premiers jours du mois Verrai sont célébrés par de grandes fêtes et réjouissances à la suite du jeune de Ramadan, qui vient de finir.
Aid’lkebir, les 10, H et 12 du mois Di'lheggia; la pâque des Mahométans, où une infinité de moutons tombent sous le couteau en commémoration du sacrifice d’Abraham.
Le grand défaut de cette chronologie consiste en ce que l’année, étant lunaire et environ de onze jours plus courte que l’année solaire *), ne commence pas à la même saison, mais onze jours plutôt que l'année précédente, de sorte que le jour de l'an des Mahométans arrive successivement dans toutes les sai-
*) 100 années solaires correspondent à peu près à lütt, 1 , ans Mahométans. 100 ans Mahométans correspondent à peu prés à 97 aimées solaires.
sons de l’année, toujours dans l’ordre rétrograde. Par conséquent leurs mois ne correspondent jamais à l’idée d'une certaine saison.
§26. Ueduiro tes
ilftles de l*Hé-
gin* a colles de la Myriade et
Pour comparer les dates de l’Hégire à celles de la Myriade, on se sert de la table annexée No. X, dont voici l'explication et l’usage.
Cette table consiste en trois répertoires A, B, C, desquels
A se compose d’intervalles égaux de trente années Mahométancs avec le nombre correspondant de jours, savoir 10631 pour chaque trentaine d’années, ou en moyenne 3oi|A jours pour chaque année.
B renferme les 29 années intermédiaires dans chaque intervalle.
C indique les douze mois Mahométans, avec le nombre de jours écoulés a l’entrée de chaque mois, à compter du commencement de l'année.
Une date Mahomélane étant donnée, on cherche d’abord, à l'aide de cette table, combien il-y-avait alors de jours écoulés de la Myriade. Par exemple, dans les annales des Turcs il est rapporté, que Constantinople fut prise le 20 du mois Gemadi-ul Evvel l’an 857. Si l’on démande, quel est ce jour dans la Myriade, la table fournit la réponse suivante:
Dans le répertoire A on voit, que l’intervalle accompli le plus proche de l’an 857
est l'an 840 avec 1254822 jours decoulés.
selon B les années intermédiaires 17 donnent. . . . 6024
.selon C le mois Gemadi-ul
Evvel fournit 118
et la date donnée du dit
mois y ajoute 20
total 1260984, qui indique le numéro du jour de la Myriade. Ce numéro étant trouvé, on n’a qu’à employer la méthode expliquée dans les §§ 24, 22 & 23 pour voir, que la date en question répond au 18 Givan 3453, et fut un Mardi au compte de la sémaine, et un Seslo au compte de la sélène.
Les chronologistes mahomélans rapportent, (pie la mort de leur grand prophète arriva un Lundi, le 18 du mois Rebi-nl-Evvel de l'an 10 de l’Hégire. En suivant la marche susmentionnée, on trouve donc, que ce fut Rai/ïm le 2 Esedam de l’an 2631 de la Myriade; voici le détail abrégé de l’opération à faire:
Selon A l’an 0 de l’Hégire fournit 957154 jours selon B l'an 10 de l’Hégire « 3543 «
selon C le mois Rcbi- ul-evvel « 59 «
et la date de ce mois « 1 8 «
total 960774 jours de la Myriade, (pii nous conduisent à la dite date 2 Ese-
§ il. Roduire une date Myriade à la date correspondante de l'Hégire.
dam 2631, qui correspond au 24 Juin vieux style de l'an 631 de J. C.
Veut on voir, sur quelle date de la Myriade va tomber le I Muharrcm (le jour de l’an) de l’année 1270 de l’Hégire, on trouvera 12 Avatom 3863 (4 Octobre 1863), un Allé dans la sélène et Mardi dans la sémaine, savoir:
Selon A 1260 ans de l’Hégire fournisenl 1403636 jours
selon B 1 0 « « « « 3343 «
selon C le 1 Muharrcm 1 «
total 1 407200 jours de la Myriade, qui, moyennant l’explication du § 22, nous indiquent la date précitée 12 Avatom 3833 *).
Nous observons à la fin, que, si l’an donné de l’Hégire se trouve sous A, et par conséquent accomplit au juste un intervalle de lems, on n’a rien «à faire avec B. qui ne renferme que les années intermédiaires.
Si la date de la Myriade est donnée, et qu’on veuille la comparer à la date Mahométane, on se sert de cette même table, dont nous venons d'expliquer l’usage, mais on procède naturellement dans l’ordre inverse. La date donnée étant p. ex. le 18 Ci van de l’an 3433, on le réduit premièrement en jours de la
°) Le 1 Muharrcm de l'année précédente, 12G9, était tombé le 23 Avatom 3852 (le lô Octobre 1852), et il arrive ainsi 11 jours plutôt une année que l'autre.
Myriade, suivant le § 20, ce qui nous donne un total de 1260984 jours
en retranchant le nombre le plus proche dans le
répertoire A . . 123482 2 indiquant 840 ans de il reste 6162 j l’Hégire
puis soustrayant le nombre le plus proche dans le répertoire B . .
6024 indiquant 17 ans
l’an 857del’Hcgire
1 1 8, indique le moisGem.-uI-ew.
il reste enfin soustrayant le nombre le plus proche dans le répertoire C . .
dernier reste 20, qui est la date voulue de
ce mois; ainsi nous avons trouvé le 20 Gcmadi-ul-cvvel de l’an 857 de l'Hégire. Encore un exemple:
Le 1 A al al o85o quelle (lüte de l Heijive ? Le nombre de jours de la Myriade fait 1406914
Soustrayant A 1403656 1260 ans de
reste
Soustrayez B
reste
Soustrayez C
dernier reste
IHégire
69 l’an 1269
59, le mois Rebi-u!-evv.
1 0, qui est la date du
dit mois. Ainsi nous avons trouvé, que le 10 Rebiul-evvel de l’an 1269 de l'Hégire correspond au 1 Natal 3833.
§ 28. Chronologie des Juifs.
Nous ajouterons ici quelques notices générales sur la chronologie des Juifs. Leur ère se date de la création du monde, et l’année actuelle en est censée la 361 3 me , de sorte que la. 361 4 me va commencer en automne 1 833 (l’an Myriade 3833) vers l'équinoxe.
Le jour civil des Hébreux commence à 6 heures de l’aprèsdiner, c’est à dire six heures plutôt que le nôtre. Le jour — jom — est divisé en 24 heures; chaque heure — schàah — en 1080 parties — ch'lakim — , et une partie — chclck — en 76 tnomens — reyaïm . La sémaine — schebua — commence le samedi à 6 heures de l'aprèsdiner, de sorte que le dimanche en est le premier jour. Les jours de la sémainc sont indiqués par les chiffres 1, 2, 3, 4, 3, 6, 7, mais n’ont pas des noms particuliers, excepté le septième, qui s’appele schabbath.
L’année — schanah — des Juifs se compose en règle générale de dix mois synodiques, le terme moyen d’un mois synodique étant calculé à 29 jours 1 2 heures 793 eh’lakim, ce qui fait 334 jours 8 heures 876 ch’lakim pour leur année commune, ou environ 1 0 jours 21 heures 131 !« ch'lakim de moins que pour une année solaire. Cette différence fait au bout de 1 9 années
solaires sept mois synodiques, et c'est pourquoi, afin de se mettre d'accord avec le mouvement du soleil, ils intercalent de tems en tems un treizième mois, et alors l’année, comptant 384 jours, est ce que nous appelons bissextile. Voici les douze mois de l’année commune: Thischri ... à 30 jours
Marcheschvan à 29 - (dans les ann. surnuméraires 30 j.) Kislaw .... à 30 - (dans les années défectives 29 j.)
Tebeth .... à 29 -
Schevat .... à 30 -
Adar à 29 - (dans les années bissextiles 30 j.)
Nisan à 30 -
Ijar à 29 -
Sivan à 30 -
Thamus .... à 29 -
Ab . à 30 -
Elut à 29 -
354 jours
Dans les années bissextiles le treizième mois est intercalé immédiatement après Adar et sappelc M’e- Adar ou bien Adar scheni — le second Adar — , et alors le mois Adar, qui est regardé comme le véritable mois intercalaire, compte 30 jours et We-Adar 29. Cette intercalation d’un mois arrive sept fois pendant les 19 années, qui constituent le cycle lunaire, dit le petit Machsor (le cycle solaire de 28 ans s’appelc le grand Machsor ou Machsor Gadol), et renferment près
de 235 mois synodiques. Pour voir si une année donnée dos Juifs doit avoir celte intercalation, on n’a qu'à -la diviser par 19. Si cette division donne pour reste 3, G, 8, H, 14, 17 ou 0 (correspondant à 19), l'année est bissextile, si non, elle est commune. Le quotient de la division indique le nombre de cycles lunaires écoulés depuis la création du monde selon la version des Hébreux.
L’année judaïque, comme nous l’avons dit, commence vers l'équinoxe d’automne, et se règle sur la nouvelle lune de cette époque. Toutefois le 1 Thischri ou le jour du nouvel an n’arrive pas à la conjonction même, mais bien au jour, où la nouvelle lune peut devenir visible, savoir environ deux jours après la conjonction *). C’est ce que les Juifs appelent Moled, naissance, et la nouvelle lune, par où commence l’année, s'appuie Moled Thischri, parecque le 1 Thischri doit, dans la règle, tomber à ce Moled. Cependant le rite judaïque, qui ne permet pas, que les grandes fêtes de l'annce, parmi lesquelles se trouve celle du nouvel an, tombent à certains jours, qui sont regardés comme néfastes, a introduit plusieurs exceptions à cette règle, dont nous citerons les plus remarquables:
°) Les chronologistcs Hébreux ont calculé l'arrivée du premier Moled de la création du monde h 2 jours 5 heures 204 ch’lakim, et celte donnée est encore observée dans leurs calculs.
a. Si le Moled Thischri arrive après les 1 8 heures du jour judaïque, c’est à dire après midi, le nouvel an ou le 1 Thischri est différé jusqu'au lendemain; cette exception s’appele Jack (dix-huit).
b. . Si le Moled Thischri tombe au dimanche, au
mercredi ou au vendredi, le I Thischri est de même différé au lendemain; cette exception s’ap pele A du (d’après le chiffre de ces jours: 1, 4, 6).
c. Si, comme il arrive quelques fois, ces deux cas se présentent en même tems, le I Thischri est différé de deux jours, et cette exception s’appele alors Jach-Adu.
Par suite de ces exceptions et afin de donner à l’année la longeur voulue, on est obligé tantôt d’ajouter un jour au mois de Marcheschvan, tantôt de retrancher un jour du mois de Kislav. Dans le premier cas, l'année commune a 355 jours et l'année bissextile 385, et ces années sont alors surnuméraires — Malé — ; dans le second cas l'année commune a 353 jours et l’année bissextile 383, et ces années sont alors défectives — chasér; tandis que les années communes, qui ont 354. jours, et les années bissextiles, qui en ont 384, sont appelées régulières — ICsidran. Il-y-a ainsi six espèces d’années judaïques, et leur durée varie depuis 353 jusqu’à 385 jours. On a des règles très exactes pour calculer, quand les années sont
surnuméraires, ou défectives ou régulières, mais nous pouvons nous dispenser d’entrer dans ces détails, qui rendent le comprit judaïque très compliqué.
Veut on rapporter les années des Juifs à celles de la Myriade ou de l’ère vulgaire, l’opération est facile, car on n’a qu’à déduire de l'année judaïque le nombre 17(51 pour trouver dans le restant l’année correspondante de la Myriade, ou le nombre 3761 pour obtenir l’année vulgaire; au contraire on ajoute 1761 à l’année Myriadique, ou bien 3761 à l’année vulgaire, pour trouver l’année correspondante des Juifs, qui commence en automne de l’année en question. Ainsi l’an 5614 des Juifs correspond à l’an Myriadique 3853, et à l’an 1853 de 1ère vulgaire (3614 1761 = 3833, ou bien 5614 3761 = 1853),
et vice versa. Il est plus difficile de déterminer d'une manière précise à quelle date de notre ère doit tomber le 1 Thiscliri, vû les irrégularités de l’année judaïque et les exceptions susmentionnées, mais en y apportant l’attention nécessaire, et en s’aidant du système lunaire de la Myriade, on parviendra à faire ce calcul avec assez de précision. Prenons pour ex. le 1 Thischri de l’an précité 56 1 4.
Nous voyons d’abord, que l’année précédente, 5613, qui, divisé par 19, laisse pour reste 8, a été bissextile, et par conséquent a eu treize mois synodiques, d’où nous pouvons conclure, que l’an 5614
J^itiz^cLhy-Goagle
doit commencer après l’équinoxe d’aulômne, qui cette année là, 3853 (ou 1853), arrive au 1 Avatom (23 Septembre). En cherchant, suivant la méthode de la Myriade (§ 23) la phase de la lune pour la dite date, nous trouvons que c'est un Hosaï, et par suite, que la nouvelle lune prochaine doit arriver au Zadon, neuf jours après, soit le 10 Avalüm (2 Octobre), mais comme la nouvelle lune n’est visible que deux jours après, savoir à l'Alfe, 1 2 Avatom (4 Octobre), c’est là qu’arrive le Moled Thischri, d’un autre coté vû la manière des Juifs de compter le jour à partir de 6 heures de l'aprèsdiner, le 1 Thischri ou le jour de l’an avait déjà commencé le H Avatom (3 Octobre) à 6 heures de l’aprèsdiner, et ce jour là étant un lundi, il n’y a pas d’exception à cause d ’Adu. Par
conséquent le 1 Thischri l’an 5614 des Juifs va commencer le 1 1 Avatom 3853 (ou le 3 Octobre 1853), ce qui coïncide parfaitement avec le comput judaïque. Cette date étant déterminée, on trouvera facilement une autre date essentielle, savoir le 15 Nisan ou le premier jour de pàquo des Juifs, qui arrive invariablement 163 jours avant le 1 Thischri. Ainsi ce dernier étant tombé au 11 Avatom, le 15 Nisan précédent a dé tomber au 3 Dejar 3853 (24 Avril 1853). Nous observons ici, que le jour de pàque ne peut jamais tomber un vendredi, un lundi, ni un mercredi, mais bien un dimanche. Pour calculer le
1 Thischri de l’an 5615 on procédera de la manière ci-dessus indiquée, et l’on trouvera que la nouvelle lune vers l'équinoxe d’automne en 3854 aura lieu en Orisme 30 Felban et sera visible Bernai 2 Avatom, lequel jour, étant le Moled Thischri des Juifs, commence la veille ou 1 Avatom, qui correspond au 23 Septembre 1854, un samedi. En soustrayant 163 jours de cette date nous trouverons le 23 Ariel (13 Avril), où il faut placer le jour de pâque ou le 15 Nisan de l'an 5614 des Juifs.
Afin de ranger les autres fêtes des Juifs à leurs dates respectives, nous les citerons ici:
Thischri,
Fêle du nouvel an ( liosch Haschannah)
Jcilne de Gedaljah
Fête d’expiation (Jom Chipur)
Fête du Tabernacle f Succolh )
Fêle finale de l’assemblée solennelle
( Schemitii Azereth)
F. de la loi Mosaïque (Simchoth Thorah)
Kislar,
F. pour la dédicace du temple, vers Noël
Thebet,
Jeûne
Adar,
Jeûne d Esther 1 Si l'année est bisseitile.
/i r' « i fi ( ce Jeûne ainsi que Purim
Punm, fetede Haman TOtu différfs lul .
Purim 1 '" ,nl Vt - ÀdaT -
*) Ces jours de fêle sont solennels et d’une slricte observance.
Nisan,
1 er jour
de pôque des Juifs
id.
’jmc
id.
gme
id.
6 Sivan, Pentecôte des Juifs (Schebuhoth) 17 Thamus, Jeûne pour la prise de Jérusalem 9 Ab, Jeûne pour l’incendie du temple.
Nous avons maintenant montré le rapport de la Myriade aux ères les plus remarquables, et croyons pouvoir passer sous silence les ères de Nabonassar, des Séleucides etc., sur lesquelles M. Brandel a donné des notices très curieuses, mais qui nous semblent Superflues dans le résumé, que nous présentons ici.
Cependant nous ne pouvons pas nous dispenser de dire quelques mots sur la période de lems antérieure au commencement de la Myriade actuelle. M. Brandel appelait cette période F âge des Adélèons, terme composé des mots grecs Aiyhtç, occulte, et atuiv, âge, voulant ainsi désigner par ce mot les races d’hommes, qui ont existé dans l'antiquité la plus reculée, les aborigènes de la terre, qui ont habité notre globe il-y-a plus de 3833 ans. Les événemens, qui se sont passés dans cet âge éloigné ne sont pas parvenus à la connaissance du nôtre. L’histoire, si l’on excepte la partie, qui tient à l’écriture sainte, se change en tra-
ditions confuses et prend ici tous les caractères de la fable. Dépourvue de chronologie et manquant de liaison, elle ressemble à la colombe de Noë, qui dans son vol ne trouve nulle part où se reposer. Cependant quelle que soit l’obscurité, qui règne dans cette partie des annales du monde, on ne peut pas regarder le tems lui-mème comme nul. La curiosité, naturelle à l’homme et toujours active, n’a pas encore perdu l’espérance de faire des découvertes dans celle partie de l’histoire ancienne, elle peut s’attacher à vérifier certaines dates, examiner des éclipses d’une antiquité extraordinaire, telles que les rapportent les annales de la Chine; elle peut aller déterrer des monumens dans l’intérieur de l’Asie, de l’Afrique, ou dans quelque autre partie du monde , dont nous avons vu des exemples récens par les fouilles faites à Ninivé, sans parler des découvertes de monumens historiques en Egypte, dans l'Amérique centrale etc. Elle reviendra alors sur le passé et demandera le compte du tems. Il nous faut donc absolument une échelle chronologique, qui embrasse cet ;ige occulte ou celui des Adéléons, de manière à y retrouver l’année, le mois et le jour avec son caractère lunaire, lorsqu’il en serait besoin. Une échelle de cette nature est pareillement nécéssaire pour l’intelligence et la chronologie des livres sacrés.
Pour cet effet rien ne nous empêche d’imaginer une Myriade, antérieure à celle où nous vivons, une suite de dix mille années, qui se seraient succédées de la même manière, que se succèdent les dix mille années de la période actuelle. Cela posé, on conçoit sans difficulté, que l'an 0 de notre Myriade répond à l’an 10000 des Adéléons, précédé naturellement de 9999 et ainsi de suite. On conçoit de même, que notre année actuelle 3853 de la Myriade répond à l’an 13853 des Adéléons, tout comme l’an 2001 de la Myriade, 1 de J. C., est identique avec l’an 12001 des Adéléons; d’où il suit, que pour réduire à la même échelle tous les tems anciens, qui seraient énoncés à la manière des chronologistes par des années avant J. C., il n’y a qu’à poser 12001 et soustraire l’an donné avant J. C. : ce qui reste est l’an des Adéléons. Quand par exemple nous lisons, que l’ère des Bramines, connue sous le nom de Caliougam, prend son origine à l’an 3102 avant J. C., nous trouverons d’abord, que c’est 12001 3102, c’est
à dire l’an 8899 des Adéléons.
Les dix mille années de l’age des Adéléons renferment un nombre de jours égal à celui, que contient la Myriade, et se renouvelle de la même manière. Si la totalité des jours était un nombre, divisible par 7, les sémaines se renouvelleraient de même, reviendraient aux mêmes dates, où elles re-
venaient sous la période précédente; mais c’est ce qui ne peut arriver, puisque 3652423, divisé par 7, laisse un excédant de 5. Cependant cette particularité nous fait voir, que pour trouver le jour de la sémaine pour une date quelconque des Adéléons, on n’a qu’à ajouter deux unités au restant, que fournit la division du nombre des jours par 7. On démande par ex. quel jour de la sémaine était le 1 Heboran l'an 8899 des Adéléons. En faisant le compte comme si la date appartenait à la Myriade (§ 20), la question se résout de la manière suivante:
à ajouter pour le mois de Natal 30 1 Heboran 1
Somme des jours 3249956
Ce nombre, divisé par 7, laisse nn restant de 3, qui d’après la règle en vigueur pour la Myriade actuelle indique un Lundi; mais pour l’age des Adéléons il faut y ajouter 2, et on aura par conséquent 5, qui correspond à un Mercredi. La date, que nous avons choisie pour exemple, est remarquable dans la chronologie, c’est le jour, par lequel commence l’ère des Bramincs, dite Caliougam. Au commencement du siècle actuel (20 Ariel 3800 ou 10 Avril 1800) il y avait
précisément 4901 années d’écoulées à partir de cette ère Indienne.
Veut on à une date donnée des Àdéléons déterminer à peu près l’état de la lune, on fait le calcul de la même manière, que si c’était une date de la Myriade actuelle (§ 23), mais après avoir par cette opération trouvé le caractère lunaire, il faut toujours y «ajouter neuf jours. Si par ex. on a trouvé un Eupol, il faut compter 9 jours de plus jusqu’à Miphaë, et de même d'un Àlfé au Hegaie, pour voir à peu près l’état de
la lune à la date des Adéléons. Si la totalité de la
période: 3632423 jours, était un nombre divisible par 29,53059, qui est la durée moyenne d’une lunaison, les phases de la lune reviendraient sous les mêmes dates, où elles apparaissaient dix mille ans auparavant. Mais c’est ce qui ne peut arriver, puisqu’après cette
division il reste vingt jours et demi à peu près, et
voilà la raison pour laquelle, en remontant de dix mille années, il faut ajouter ce complément de neuf jours, et encore la règle n’est sure qu’à un jour près, car la différence peut être de 8 tout comme elle est de 9. Les calculateurs auront toujours de grandes difficultés à vaincre par rapport à l’équation séculaire.
Malgré ces difficultés M. Brandel s’était donné la peine de rédiger avec le dernier soin un rélunateur ( Belunalor Adcleomtm, Tab. V) pour environ quatre mille ans de la dernière période «les Adéléons, où les
époques se trouvent marquées avec une approximation poussée aussi loin que possible. Celte table, quoique probablement de peu d'utilité en général, devient cependant nécéssairc pour trouver l’état de la lune même dans les quaires premiers siècles de la Myriade actuelle, vil qne la division lunaire pour la période des Adéléons, composée d’une série de cycles lunaires, ne finit pas avec la période même, mais s’étend au délà de 160327 jours dans la Myriade actuelle, dont le premier relunateur 160428 (voyez la Tab. III Cycle A) arrive au 17 Xamor 439. Par conséquent il faut avoir recours à la table des relunateurs pour la période des Adéléons, lorsqu’il s’agit de trouver la phase de la lune pour une date quelconque de notre My riade, qui est antérieure au dit jour 17 Xamor 439; et en faisant ce compte, il faut constamment ajouter au nombre des jours de notre Myriade la totalité des jours de la période des Adéléons, savoir 3662423, après quoi on fait l’opération, suivant la règle donnée dans le § 23. Mais comme sans doute on n’aura pas beaucoup à s’occuper des tems inconnus d’une antiquité si prodigieuse, nous pouvons nous borner à ce qui a été dit ici au sujet de l'àge des Adéléons.
Nous avons à présent accompli la tâche, que nous nous étions imposée, et qui consistait à faire une ex-
position rapide, mais aussi claire et précise que possible, du système chronologique de feu M. Hrandel,
afin d’en transmettre le souvenir à la postérité et
peut-être inspirer à quelque savant l’envie d’y consacrer une attention plus particulière et un examen
scientifique. — Il est en effet facile de prévoir, que peu de personnes se livreront à l'étude d’un système, qui propose une nouvelle ère et un calendrier nouveau, et nous ne nous faisons pas des illusions sur
l’adoption ni de l’un ni de l'autre. Mais si l’on demande, à quoi bon avoir consacré plus d’un demi siècle de travail à la construction de ce système; et
pourquoi on ne pourrait pas suivre tout aussi bien 1ère accoutumée et le calendrier jusqu’à présent usité, nous citerons pour toute réponse les mots simples mais vrais de l'auteur: «Une branche des connaissan- «ces humaines, aussi intéressante que la chronologie, «mériterait pourtant d’ètre mise au rang des sciences «exactes, et d’être traitée comme elles avec ordre, «vérité et clarté, et elle le sera certainement un jour, «puisque l’esprit de l’homme tend saris cesse vers la «régularité.»
Tab. I.
TABLE
des années auxquelles il y a reprise de l'ordre intercalaire, c’est à dire l'an 0 du cycle nommé davis Parasomen,?.
Claris
Au.
Au.
Au.
An.
An.
An.
An.
An.
An.
An.
Para;«m.
Tab. II.
CUSTODfA LUCUM.
(Képertoir
Ans
Jours
' des
: jours de 6
Myriade.)
Kti
' Tab. m.
RELUiVATOR.
(Répertoire des relunalcurs de la Myriade.)
Sulilrnh.
Subirait.
Subtrah.
Subtrnh.
’ ïl
b) 26 Huboran 4547.
v.St.21 Kevr.
c) 1 Marchcl» 2649.
v.Su 47 Fuvr.
d) 47 Gîvhii3739.
N. SU 6 Juin.
0) H liciar 4359.
f) 29 Esedam 4943.
g' 44 Hciar 5431.
h) 9 Dilnsad 5630.
i; 47 Nomfor 6307.
L 37 Eacdam 67 00.
1) 43 Givan 7496.
m) 4 4 Kolban7842.
n) 4 4 Piloaad 6460.
o) 42 Folban 9308.
44894 Il 5788 6‘390 1 7737
' 10129 10631 11576 12078 43023 13525 14470 16419 i 17364 " 17866 18811 I 19313 20258 ' 20760 j 21705 il 22207 23152 23654 24599 25101 26046 26548 27493 27995 i 28940 29442 30387 30889 31834 32336 ! 33281 33783
i; wm
*) a) I.e premier reluneleur de in Myriade actuelle arrive au 17 Xamor An. 439. V. Si. 23 Décembre.
T.t IV.
DEBDOMAlA SELENÆ.
(Phases de la lune.)
aa
Onsuie
ai
Aire
ai
Bernai
aa
Cevi
Dalos
Eupol
Fapol
ai
Gimnar
aa
Gamdi
Hagon
Hega*p
Iliod
Kaphos
Lohil
Miphat 1
lî
Mamlu
Naëni
Panai'
lâ
Pleion
RaV'im
Kosai
Seslo
ai
Sisal
Tavi
Tevat
ÏTT
Valoé
Wehal
V'iloe
aa
ar
Yelovl
Zadon
*) Les nombres qui sont marquas d‘un astérisque, indiquent la place de Theim au lieu dos doux symboles Tavi et Teval.
Tab. IV.
IIEBDOMAÏA SELEIVÆ.
(Phases de la lune.)
Tau. IV.
IIEBDOMAÏA SELENÆ.
(Phases de la lune.)
Orisme
Alfe
Peina/
Cevi
Oalos
Kupul
Fapol
(îininar
(■amdi
Hagon
llryaw
lllod
Kaphos
l.ohil
ii 516
MiphaO
Maiiilu
Naëni
Panai-
Pleion
Rai/'im
Rosat
Seslo
Sisal
Tavi
Tcvat
Valof
Webal
’/'iloe
Yelovi
Zadon
HEBDOMAÏA SELENÆ.
(Phases de la lune.)
Orisme
Alfe
Remai
l.es nombres
Cevi
qui soûl mar-
Dalos
ques d'un
Kupol
astérisque
Kapol 4
Indiquent la
tiimnar
place de
Theim
(iamdi
tels sont
llagon
Regain
lliod
kaphos
Lohil
Mipbal!
Mamlu
Naïnl
Panaë
Plelon
Kanim
Rusai
Seslo
Sisal
Tavi
Teval
Vatoë
Wchal
^iloc
Yelovi
Zaïion
RELUNATOR ADELÆOXUM.
(Répertoire de reiunateurs pour la dernière période des Adéléons.)
Residuo Snbtrahe.
*) 3. Beiar 6463.
*) 13. Natal 7581.
Si
*) 20. Natal 9568.