‹ La Mystique divine naturelle et diabolique;Chapitre 42 sur 64 · EFFETS DE LA MYSTIQUE DANS L*ART · texte numérisé non relu

EFFETS DE LA MYSTIQUE DANS L*ART

et savant qui le traita comme son fils. Au bout de cinq ans, il partit pour retourner dans son pays, après avoir prié Dieu au pied de son crucifix d'être son guide. Arrive à Bologne, la vie des Dominicains lui plut tellement qu'il les conjura de vouloir bien l'admettre parmi eux. Il avait alors trente-quatre ans. Il se livra à toutes les pratiques de la vie religieuse, et devint bientôt extatique avec toutes les formes et tous les phénomènes qui accompagnent ordinairement cet état. Il se distinguait surtout par la perfection de son obéissance. Un jour que le prieur du couvent montrait le monastère à un prélat, il rencontra Jacques par hasard. Voulant donner au prélat une preuve de l'obéissance du saint religieux, il lui dit : « Mon fils, allez vite porter à Paris une lettre très -importante. — J'y vais, répondit Jacques; mais puis -je d'abord aller prendre mon chapeau et mon bâton dans ma cellule? » Or ce même Jacques était un des plus grands artistes de son temps dans la peinture sur verre. On sait que, pour donner aux images ces belles couleurs que nous admirons encore aujourd'hui, il fallait les mettre à cuire dans un fourneau. Un jour qu'il venait d'y mettre une vitre magnifique, le prieur, pour éprouver son obéissance, lui dit d'aller tout de suite prendre sa cappe noire et d'aller en ville pour quêter. Jacques, quoiqu'il sût bien que son travail allait être perdu s'il s'éloignait, ne dit pas un mot, mais se mit aussitôt en devoir de faire ce qu'on lui avait commandé. Revenu au couvent, il alla bien vite à son atelier voir ce qu'était devenue son image; et il en trouva les contours si bien dessinés et les couleurs si brillantes qu'il n'y avait plus rien à y ajouter. Sa vie a été écrite par J. A. Flaminius. Si l'artiste inspiré d'en haut peut représenter sûr la toile

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