‹ La Mystique divine naturelle et diabolique;Chapitre 53 sur 64 · DU DON DE PROPHÉTIE ET DE GLÉR1SON · texte numérisé non relu

DU DON DE PROPHÉTIE ET DE GLÉR1SON

la foule qui était accourue de nouveau autour du couvent d'Horta. Il fit tout le voyage plongé dans une prière fervente.

Arrivé à Reus, il fut reçu par le gardien, devant le chapitre assemblé, avec ces paroles : « Pour empêcher ce brouillon de troubler le repos des frères par ses miracles, je le mettrai en un lieu où il ne pourra déranger personne. » 11 le conduisit alors à la cuisine, et l'y enferma en lui disant : « Faites la cuisine ici pour les frères , et opérez vos miracles, si vous voulez, parmi les assiettes et les plats.» Mais le matin , dès qu'il fit jour, le peuple de l'endroit accourut en foule au couvent, au nombre de plus de deux mille personnes, sans qu'on sût ni pourquoi ni comment. Tous, les malades surtout, demandaient le frère Sauveur. Les frères, ne comprenant rien à la chose, allèrent trouver le gardien. Celui-ci courut à la cuisine; et pendant qu'il faisait une verte réprimande au pauvre frère à genoux devant lui, la foule brisa les portes, et le gardien fut obligé de lui amener Sauveur, à la condition que tous s'en iraient tranquillement à l'église. Le saint leur adressa quelques paroles bien .simples, les bénit au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et retourna à sa cuisine. Le grand nombre de béquilles, de ceintures, de bâtons qui furent laissés dans l'église témoigna de l'efficacité de sa bénédiction. Mais le gardien, à cette vue, s'écria : « Voyez-vous de quelles saletés ce frère remplit l'église, la changeant ainsi en une étable? » Le couvent fut en repos pendant quelque temps; mais dès que le peuple connut le chemin qui menait au saint, les processions recommencèrent. Pour y mettre fin, le provincial l'envoya à Barcelone, à Saragosse et ailleurs; mais partout, au bout de quelque temps, c'était

Page 1