‹ La mythologieChapitre 101 sur 138 · Çatapatha Brâhmana, X, 110, 9, Muir, op. cit., V · texte numérisé non relu

Çatapatha Brâhmana, X, 110, 9, Muir, op. cit., V

3. Rig-Veda, X, 90, traduit par Muir, op. cit., V, p. 368 etsuiv.

faites des membres d'un être mutilé. Ici cet être est Purusha, un homme surnaturel qui fut sacrifié par les dieux. On trouve aussi dans cet hymne un récit de l'origine des castes, et comme celles-ci sont à peine connues dans le Rig-Véda, on le considère quelquefois comme une addition postérieure. Mais nous pouvons difficilement regarder comme récente l'idée qui en forme le fond; elle est très généralement répandue et nous la rencontrons dans la plupart des mylhologies, y compris celles de la Chaldée et de l'Egypte et des tribus diverses de l'Amérique du Nord.

Indépendamment de ce mythe, les Aryens de l'Inde expliquent encore l'origine des espèces de la façon barbare suivante. Un être nommé Purusha se trouvait seul sur la terre. Il se divisa en deux parties, mâle et femelle. La femme considéra une union avec son créateur comme un inceste, elle se déroba à ses embrassements, comme Némésis à ceux de Zeus, et Rhéa à ceux de Cronos, en prenant différents déguisements d'animaux. L'homme la poursuivit sous la forme du mâle de chaque animal, et de ces unions naquirent les diverses espèces d'animaux 1 . Le mythe de l'œuf cosmique, producteur de toutes choses, a aussi cours dans les Brâhmanas. Les Purânas nous racontent la légende universellement répandue d'un grand

i. Çatapaiha Brdhmana, XIV, 4, 2, Muir, op. cit., I, 25.

nombre de créations et de destructions successives de l'univers 1 .

• Généralement, la destruction par un déluge est la forme la plus en faveur, mais les destructions causées par le feu, le vent et la colère d'un dieu sont aussi très communes en Australie, au Pérou et dans les traditions égyptiennes. Suivant une explication favorite des Aryens de l'Inde, un sanglier, ou un dieu ayant la forme d'un sanglier, pèche dans les eaux un morceau de terre qui dans la suite devient le monde. Comparez les exploits du Rat-Musqué et des Coyotes de l'Amérique. La tortue dont provient tout l'univers dans un mythe du Çatapatha-Brâhmana* nous rappelle la tortue des Iroquois. Le mythe grec et mangéien du mariage du ciel et de la terre et de leur séparation se retrouve dans YAitareya-Brâhmana 1 .

La cosmogonie indienne est donc une collection d'idées familières aux sauvages, altérées par des théories sacerdotales et des inventions rituelles. La théorie philosophique de l'origine des choses est exposée dans un hymne d'une élévation remarquable du Rig-Véda k .

1. [Tous le» principaux textes ont été réunis par Muir, dans son admirable ouvrage qu'on ne saurait trop citer.J

Page 1