‹ La mythologieChapitre 132 sur 138 · Castren, toc. cit · texte numérisé non relu

Castren, toc. cit

2. On trouve une série de détails analogues dans un conte de Madagascar (Folklore Journal, 1883, p. 225). Dans un conte japonais, le héros poursuivi jette son peigne qui se change aussi en un fourré de bambous. (Transactions of the asiat. Soc. of Japon, X, p. 36.)

3. [Contes populaires de la Russie, trad. franc, par M. Loys Bruyère, Paris, 1864, p. 136.]

de Somadeva f . Dans le conte de Grimm, la jeune fille peut fuir, avec son amant, sa belle-mère qui est sorcière, grâce à des gouttes de sang qui prennent la parole \

Il est à peine nécessaire de montrer comment tous ces incidents se retrouvent dans le mythe épique de Jason. C'est lui qui est l'aventurier; le personnage puissant et méchant, c'est Aletes, le roi de Colchide, et Médée est sa fille qui s'éprend de l'aventurier. On impose au héros des travaux difficiles, comme dans le Kalevala II marinen est obligé de labourer le champ des vipères avec une charrue d'or, de brider le loup et l'ours de l'Hadès et de saisir le brochet qui nage dans les eaux de l'oubli 8 .

Les travaux accomplis, l'aventurier et la fille du roi, Jason et Médée, fuient, comme toujours, la colère du roi; ils sont aidés, comme toujours, par les sortilèges de la jeune fille. Et que jette-t-elle derrière elle dans sa fuite, pour retarder la poursuite de son père? Ni plus ni moins que les membres de son frère.

1. [Tawney, The Kathâ Sarit Sâgara or Océan of the Streams of Story, Calcutta, 1880, I, p. 335J, Kœhler, Orient und Occident, II, p. 113.

2. Kinder und Hausm&rchen, conte LVI, mais le meilleur parallèle nous est fourni par le conte n° CX1II, de la grande collection de Grimm. Cf. Custom and Myth, 2° édit., p. 93.

3. Kalevala, chant XIX. On peut comparer aussi pour les travaux à accomplir, Campbell, Popular Taies of the West Highlands, Edimbourg, 1860, II, p. 328, et Callaway, op. cit., p. 470.

Il y a d'autres versions : celle d'Apollonius de Rhodes * contient le récit curieux d'un rite d'expiation sauvage accompli par Jason. Mais Grote 2 fait remarquer qu'un trait aussi révoltant que le dépeçage du petit garçon n'a pu être inventé à une époque récente. Peut-être cepondanl, l'histoire, quoique aussi ancienne que Phérecyde, doit-elle son origine à une étymologie populaire du nom de la ville de Tomi (xé^vù)). Tandis que le père se désole auprès des membres dispersés de son fils, l'aventurier et la fille du roi parviennent à s'échapper. Le reste de la légende est plus spécialement grec, quoique quelques-uns des incidents étranges, comme la chaudière de Médée, aient leurs parallèles dans l'Afrique du Sud.

Après cet exemple, nous pourrons parcourir plus brièvement les autres thèmes principaux que nous fournissent les légendes grecques 3 .

2. — Nous avons vu déjà que dans la fable hésiodique de Zeus, celui-ci est le plus jeune des fils de Cronos. C'est là, avons-nous dit une explication et une sanction du « Droit du plus jeune. »

1. Argonautica, IV, 477 et suiv. Pour apaiser les mânes d'Absyrtos dont on coupait le corps en morceaux, trois fois il lécha le sang et trois fois le cracha à travers ses dents. Le scholiaste ajoute que c'est une ancienne coutume populaire des meurtriers. Cf.. Custom and Myth, p. 96.

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