‹ La mythologieChapitre 137 sur 138 · Codrington, op. àt · texte numérisé non relu

Codrington, op. àt

Quand on voit ainsi ces contes populaires répandus chez tant de peuples différents, tandis que la légende épique, le mythe localisé, ne se retrouve que chez quelques peuples civilisés, on peut dire avec grande vraisemblance que le conte est le plus ancien. Quand celui-ci contient des allusions à des magiciens, à des actes de cannibalisme, à des métamorphoses, à des parentés avec les animaux, détails supprimés ou adoucis dans la forme épique des mythes, il y a là une preuve de plus de la postériorité du récit épique qui a passé par l'atmosphère raffinée d'une civilisation plus élevée.

Le cannibalisme, la magie, les cruautés les plus abominables paraissent tout naturels aux sauvages qui croient aussi à des relations de parenté avec les animaux. Ces traits se retrouvent à chaque page dans les contes de Grimm, et cependant on ne peut dire que ce soient là des choses familières aux Allemands de l'époque historique ; il faut donc que nous ayons affaire ici à des survivances dans les contes populaires qui remontent à l'époque où les ancêtres des Germains ressemblaient aux Zoulous. aux Maoris et aux Australiens.

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