‹ La mythologieChapitre 28 sur 138 · PRÉFACE DK ^AUTEUR XXXIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE DK ^AUTEUR XXXIX

Bref, on voit que pour comprendre les mythes, il faut comprendre la société, les lois et les coutumes des hommes qui vivent encore à l'état sauvage et barbare. De plus, on peut remarquer que les mythes héroïques de la Grèce et de l'Inde ne sont pas d'ordinaire les modèles dont dérivent les contes populaires par suite dune corruption, mais que le phénomène contraire est le plus fréquent. Les mythes nous présentent les contes sous leur forme la plus complètement développée, mais les conles ne sont pas particuliers à la race aryenne, et bien des peuples sauvages possèdent, sous une forme enfantine etrudimentaire, les éléments d'histoires comme la légende de Jason, la légende de Persée et la légende d'Œdipe. Ces mêmes noms n'apparaissent ni dans les contes européens, ni dans les contes correspondants des Zoulous, des Esquimaux et des Polynésiens. Par conséquent, les noms ne sont pour ainsi dire que l'accident et non la différence des légendes grecques. Le procès par lequel les histoires se déplacent, de telle sorte qu'un récit est raconté à un endroit de la mère de Charlemagne, à un autre de sainte Tryphine, ailleurs encore de la princesse zouloue Ukcombekoansini, est un mode de développement ordinaire aux mythes. Ainsi on ne peut expliquer

XL PRÉFACE DE I/àUTBUR

toutes les histoires par le sens étymologique des noms des héros ; chaque histoire peut être une j

combinaison de différents éléments, une histoire originairement racontée de quelque autre dieu ou héros.

On voit donc, de plus en plus clairement, que la source des mythes doit être cherchée dans la psychologie, dans la condition intellectuelle des hommes des âges primitifs. Cette condition nous est, en grande partie, représentée par les races inférieures, depuis les Australiens jusqu'aux Iroquois ; on en retrouve aussi des vestiges dans les anciennes civilisations et jusque dans les idées des paysans de nos jours. Le vrai fondement des recherches mythologiques est un examen de l'état psychologique de l'homme, suivant la méthode de M. Tylor dans son livre sur la Civilisation primitive. C'est du moins l'hypothèse que Ton a présentée dans les pages suivantes et que Ton a essayé d'appuyer par des exemples, d'une façon peut-être trop concise et bien incomplète. Ce livre, en effet, n'est que l'esquisse d'un grand ouvrage en préparation. L'auteur sera suffisamment payé de sa peine si les critiques que l'on pourra lui adresser lui apportent de nouvelles lumières sur le sujet qu'il étudie depuis longtemps.

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