XXXVIII PRÉFACE DE L'AUTEUR
place alors une épée nue entre la jeune fille et lui. Le conteur russe Afanasieff suppose que c'est là un trait emprunté à l'observation des phénomènes célestes; le glaive représenterait le croissant de la nouvelle lune qui apparaît, au crépuscule, entre la partie rouge et la partie déjà sombre du ciel. Mais une connaissance même sommaire des anciennes coutumes aurait enseigné à ce mythologiste trop ingénieux que cet usage de l'épée est un symbole fréquent dans les mariages par procuration. De même le succès du fils cadet dans les contes, est expliqué comme une allégorie du soleil récemment levé, alors que la préférence pour le plus jeune fils est attestée dans bien des parties du monde par le droit de juveignerie, le jimgsten Recht ou le Borough English. Le plus jeune enfant est Cendrillon, et s'assied dans les cendres du foyer, c'est-à-dire selon les mythologistes, « dans les nuages gris de l'aurore. » Ils ignorent la loi qui, dans le partage des biens suivant les règles du Gavelkind, donne le foyer ou Yastre comme héritage au plus jeune. De semblables exemples de la survivance d'anciennes coutumes dans les mythes sont fréquents et l'histoire d'Éros et de Psyché, de Purûravas et d'Urvaçî est aussi répandue que le tabou matrimonial sur lequel elle est fondée.