‹ La mythologieChapitre 41 sur 138 · Op. cit., p · texte numérisé non relu

Op. cit., p

Appliquons cette méthode à un exemple qui nous soit propre. Si nous lisons que Zeus pour apaiser la jalousie de Déméter mutila un bélier et prétendit s'être mutilé lui-même, devons-nous supposer que cette histoire a originairement une signification en rapport avec le ciel?

Le système, pour tous les cas, est simplement celui-ci: établir le sens primitif des noms des dieux au moyen de la philologie comparée. Les noms serviront à désigner les phénomènes de la nature, et les éléments stupides, sauvages et absurdes contenus dans les légendes des dieux apparaîtront comme ayant une signification naturelle ; on y verra des descriptions du ciel, des orages, le coucher du soleil, l'eau, le feu, l'aurore, le crépuscule, la vie de la terre et d'autres êtres célestes et terrestres.

Ramenés à leur forme la plus simple, ces résultats ne diffèrent pas beaucoup des conclusions de Théagène de Rhégium qui prétendait que « Héphaestos était le feu, Héra l'air, Poséidon l'eau, Artémis la lune, etc. » Mais le système de M. Miïller est fondé sur la philologie scientifique et non sur la conjecture et il est appuyé par une théorie des différents procédés qu'emploie le langage pour produire les mythes.

3. Vâge mythopœique. — Voici maintenant un résumé de la théorie que donne M. Max Mûller du procédé par lequel le langage a produit les mythes :

« Les yeux les plus perçants de l'archéologue et « du philosophe, dit-il, ne peuvent voir dans le passé « au delà de la période où furent forgés les termes « exprimant les idées les plus nécessaires et où « commença une grammaire dépourvue encore de « particularités nationales, mais contenant déjà le <( germe de toutes les formes des langues toura- « niennes aussi bien que des langues aryennes et « sémitiques. » Cet âge, M. Mûller l'appelle la période thématique *. Jusqu'ici, il n'y a pas encore de mythes, du moins M. Mûller n'y fait pas allusion.

Vint ensuite un âge dans lequel existaient au moins deux familles de langues, la famille aryenne et la famille sémitique ; le système grammatical de ces langues reçut alors une fois pour toutes son empreinte particulière. C'est la période nomade de la grammaire. Il n'y avait pas encore de langues comme le grec, le sanscrit et le latin que nous connaissons, mais seulement la langue aryenne dont ces idiomes sont dérivés. Ce fut la période dialecticale , Jusqu'ici nous comprenons encore qu'il n'y avait pas de mythe ou du moins aucun dont M. Millier tienne compte.

Nous arrivons maintenant à l'âge mythopœique. Ce fut « à mi-chemin, entre la période des dialectes qui nous présente la division graduelle de la race

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