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CHAPITRE PREMIER

Les dieux.

Les mythes de l'origine du monde et de l'homme sont naturellement les plus généralement répandus. Partout Thomme a dû se demander d'où proviennent les choses et comment elles furent créées ; les mythes sont la formé la plus ancienne des réponses que Ton a faites à ces questions.

Lss réponses mythiques sont si confuses et si en désaccord entre elles qu'il est très difficile de les classer suivant un système. Si nous essayons de prendre pour point de départ les mythes des dieux créateurs, nous trouvons que le monde est quelquefois représenté comme antérieur à la race divine. Si nous voulons commencer par les mythes de la formation du monde, nous trouvons fréquemment qu'il doit son origine à Faction d'êtres surnaturels qui existaient avant lui. Selon toutes les idées modernes sur la création, l'esprit créateur est

LE SYSTÈME ANTBROPOLOGIQUE 89

antérieur à l'univers qu'il crée. Il n'y a pas une telle conséquence dans les opinions transmises par les mythes des races civilisées et des races sauvages.

Le plan le moins exposé aux objections est peutêtre de commencer par les mythes des dieux.

Lorsque nous parlons des dieux, nous devons nous garder de donner aux mots une signification moderne. Par le mot dieux, on désigne ici simplement des êtres surnaturels et tout-puissants, quelquefois des hommes agrandis, quelquefois des bêtes, des oiseaux, des insectes, quelquefois les forces les plus étendues, les phénomènes de l'univers conçus comme possédant la personnalité et les passions humaines. Quand Plutarque examine le mythe d'Osiris 1 , il voit que « les dieux » dans cette fable sont réellement « des démons ; » « ils sont plus forts que les hommes, mais ils n'ont pas une substance divine exempte d'alliage ; ils sont en un mot des hommes extraordinaires et agrandis. » Tels sont les dieux de la mythologie.

En examinant les mythes des dieux, nous nous proposons de commencer par les conceptions des tribus les plus barbares ; nous arriverons ensuite aux légendes divines des anciennes races civilisées. Comme on le verra par cette étude, les dieux des peuples inférieurs sont souvent thériomorphiques,

i. De Iside et Osiride, XXV. Élit. Didot, pp. 440, 441.

leurs actes sont en harmonie avec les idées d'hommes sans culture ; d'autre part, les dieux des peuples civilisés conservent maints caractères de la période sauvage et ces caractères sont précisément leur élément irrationnel.

§ 4 0r . — Mythes sauvages.

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