CHEZ G. DUFOUR ET E. D'OCAGNE, LIBRAIRES
QDAI VOLTAIRE, N», 13; ET A AMSTERDAM , MÊME MAISOX.
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AYAjNT-PROPOS.
I L est généralement reconnu qu'on ne peut voyaiïer utilement , apprécier les chefs-d'œuvre des arts , et lire avec fruit les ouvrages des poëtes et des auteurs anciens, sans avoir des notions suffisantes et s;énérales sur la mythologie. Le gomernement français, regardant cette partie de la littérature comme indispensable à connaître., en a prescrit rétude dans toutes les écoles du royaume de France . Mais pour rendre cette étude convenable à tous les àoes , il a fallu se prescrire l'attention laplus sévère dans la manière de la présenter. C'est principalement pour remplir dignement ce devoir que l'auteur a réuni tous ses efforts.
Il ne pouvait obtenir un suffrage plus désirable et plus éclairé que celui que lui ont accordé MM . les Commissaires du gouvernement, et ensuite le Conseil de l'Université , en classant cet' omTage au nombre de ceux que MM. les Professeurs emploîront pour l'instruction de la jeunesse.
Le but principal de ce travail ayant été de donner l'ensemble de la mythologie et de faire connaître l'origine de l'idolâtrie, il a fallu nécessairement présenter un tableau général , et par conséquent remonter jusqu'aux premiers âges du monde. Un abrégé , par demandes et par réponses , au-
tj AVANT-PROPOS.
rait sulTi pour donner la connaissance des dieux de la fable ; mais il existe tant d'ouvrages de ce £;enre , qu'il aurait été plus qu'inutile de les multiplier ; et l'auteur, encouraL;é par l'espoir d'avoir pour juge une nation grande et éclairée, a cherché à s'élever au-dessus de la routine ordinaire.
Si quelques personnes se croient autorisées à nous reprocher que nous avons omis beaucoup de détails et de noms célèbres dans le nombre immense des divinités , des héros et des personnages que citent les anciens poètes , nous répondrons que la seule liste complète de ces noms aurait exigé des volumes , et qu'elle n'aurait pu que fatiguer la mémoire, sans procurer une véritable instruction. Ce sera dans les chefs-d'œuvre des gi'ands maîtres que l'on trouvera tous ces noms; et les charmes qu'ils ont su répandre dans leurs ouvrages dédommageront des effoi'ts de mémoire-
Si l'on trouve que les réflexions contenues dans les commencemens de cet ouvrage dépassent la portée ordinaire de l'esprit et de l'entendement dont. la première jeunesse est susceptible, les parens et les maîtres auront la faculté déjuger , d'après l'âge et les progrès de leurs élèves , l'instant où il sera utile de les ramener à ces premières lectures; et ils pourront commencer par leur faire apprendre les divisions des dieux du pagatîisme, et les histoires particulières des di\ inités. Plus on avancera dans l'étude du tableau général que nous avons essayé de tracer , plus ces commencemens cesseront de paraître obscurs ; et pour peu que l'on soit doué d'intelligence et de l'esprit de rapproche-
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ment, sans lesquels on ne peut mettre a-un ovclre dans sesconnaissancees , on sentu-a cjue non. n o pu nous dispenser de donner ces première, notion. sur l'orkine de la mythologie.
Nous avons multiplié , le plus possible les rapprochemens de la fal3le avec l'histoire et les explications des fables, afin de concourir de tou notie pouvoir aux soins que l'on consacre partout a . l'instruction de la jeunesse. Les instituteurs s attachant à profiter de l'heureuse mémoire du premiei acre pour lui faire retenir les chronologies des empires et les principaux événemens de l'histoire , leiude de la mythologie deviendra , par le moyen que nous avons adopté , une suite naturelle de l étude de l'histoire. Le juste hommage et la reconnaissance que méritent les travaux de M. 1 abbe Bannier nous imposent le devoir de déclarer qu après avoir consacré nos soins laborieux à consulter les auteurs les plus estimés , c'est principalement 1 ouvraoe de cet habile maître qui nous a servi de
""lc dictionnaire de la Fable par Chompré enrichi par les recherches et les travaux de M. Millm , est non-seulement excellent, il est même indispensable ; on aura toujours besoin de le consulter pour soulager la mémoire , et pour connaître tous les noms consacrés par la fable. On pourra se servir avec plus d'avantage encore du Dictionnaire de Mythologie universelle, rédigé par M. Noël ; mais ces deux'ouvrages étant rangés par ordre alphabétique , et ne contenant pas les rapprochemens historiques, ils ce peuvent remplir le but que nous
rv AVANT-rROPOS.
nous sommes eflorcés d'atteindre en donnant un tableau général de la mythologie.
Les Métamorphoses d'Ovide et les oua rages des poètes ne formant point un corps complet de mythologie, et les détails qu'ils contiennent n'étant point à la portée de tout le monde , nous avons pensé qu'un nouveau travail pouvait être utile : puisse celui que nous offrons au public obtenir son suffrage !
Pour remplir plus complètement le but que nous nous sommes proposé , nous avons joint à cet ouvrage des détails historiques sur les Druides ; il nous a semblé convenable et même indispensable de donner les notions que l'on a pu conserver sur Texistence , les lois et les cérémonies de ces pontifes si célèbres et si puissans.
Le même motif nous a fait joindre un extrait des savantes recherches de M. Mallet , historien du Danemarck. , sur la religion des anciens habitans du Nord. Ces deux supplémens achèveront de faire connaître dans quelles erreurs les hommes peuvent tomber , lorsque , oubliant les préceptes et les instructions qu'ils avaient reçus de la Divinité , ils ont voulu se former un culte au gré de leurs passions et de leurs caprices.
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REFLEXIOÏSS PRELDIINAIRES