‹ La mythologie comparée avec l'histoire;Chapitre 115 sur 151 · Tome ii · texte numérisé non relu

Tome ii

he monstre marin n'était autre chose que les inondations de la mer. Le roi promit sa fille en mariage à celui qui pourrait garantir la ville par des digues suffisantes. Hercule réussit à les élever , et punit Laomédon d'avoir manqué à sa parole. Telle fut forigine de la fable que nous avons rapportée plus

haut.

11 serait impossible de rapporter exactement tous les travaux , les combats et les victoires d'Alcide, ou plutôt des personnages célèbres et différens qui portèrent le nom d'Hercule. Celui de Thèbes fut le plus illustre de tous, et on lui attribua les actions héroïques de ceux qui marchaient sur ses traces.

Hercule Thébain , après avoir exécuté les travaux commandés par Eurysthée, et ceux que lui fit entreprendre son courage , conçut pourlole fille d'Euryte une violente passion, qui causa sa mort et celle de Déjanire , qu il avait épousée dans fltalie. La vaillance d Hercule ne le garantissait pas du pouvoir de l'amour; quelquefois même ses passions l'entraînaient au point d'oublier le soin de sa jrloire. Appelé en Lydie pour combattre un serpent qui désolait le pays , il vit Omphale, fille du roi du pays, et désita de lui plaire. Celte princesse, orgueilleuse de son empire sur ce héros, le força de s'abaisser jusqu'au

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point de filer parmi ses femmes. Il chanaea sa massue contre une quenouille, et quitta ]a dépouille du lion de jN'émée pour se revêtir d'ajustemens de femme. Mais cette erreur ne pouvait être longue : il entendit parler de l.'.uveaux dangers; il brisa ses indignes liens, et ne s'occupa plus que de sa gloire.

Avant de rapporter la manière dont il mourut, nous devons rappeler que, ])eu de temps après son mariage avec Déjanire, il recommença ses voyages. Parvenu sur les bords de ia petite rivière d'Évène , il trouva que la fonte des neiges en avait fait un torrent très-rapide. iVessus, que la fable peint sous la forme d'un f-entaure , parce qu'il était toujours à cheval , offrit de prendre Déjanire sur la croupe de son cheval , et de la transporter de l'autre côté du torrent; Hercule y consentit. Nessus , parvenu à l'autre ])ord, se crut à l'abri de la colère d Hercule; il insulta Déjanire et voulut l'enlever; mais le héros lui décocha une flèche teinte du sang de l'hydre, et le blessa mortellement. Nessus, se sentant près de mourir donna sa robe à Déjanire, en l'assurant qu'elle' aurait la propriété d'empêcher Hercule d'aimer jamais une autre qu'elle. La crédule Déjanire conserva ce funeste présent; et, s'étant aperçue de la tendresse d'Hercule pour lole, elle lui envoya la tunique du centaure,

dans le moment où il allait sacrifier sur le mont OEta. Ce liéros ne l'eut pas plus tôt placée sur son corps, qu'il entra dans une fureur efïroyable , et se sentit consumer par un feu dévorant. Il courut à l'oracle , qui lui répondit que son mal était sans remède. Alors il alla sur le mont OEta, suivi de son ami Philoctète ; il dressa lui-même un bûcher cpi'il couvrit de la peau du lion de Néraée , il se coucha sur ce bûcher, appuya sa tête sur sa massue, et donna l'ordre à Philoctète d'y mettre le feu. Cet ami fidèle avait juré d'obéir ; il approcha la flamme ; les derniers regards d'Hercule lui commandèrent d'exécuter ses ordres , et dans peu d instans il fut réduit en cendres. Ainsi mourut le vaillant Alcide , âgé seulement de cinquante- deux ans , et environ trente années avant la guerre de Troie. L'inconsolable Déjanire ne put lui survivre; elle mourut de douleur à Trachine, et demanda que sa sépulture fût au pied du mont OEta, près de la ville que par la suite on nomma Hercnlie.

Après la mort de ce héros, les poètes le prirent pour l'objet de leurs poëmes et de leurs fables. On publia qu'il avait été reçu parmi les dieux , et qu'à son arrivée dans le ciel il avait épousé Hébé, déesse de la jeunesse. ( Allusion à l'iinmorlalilé. ) Allas, dit

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la fable , qui portait le ciel sur ses épaules , sentit fortement le nouveau poids ajouté à sa charge ordinaire.

Hercule , disent les poètes , s'étant présenté pour combattre dans les jeux olympiques , personne n'osa se présenter; Jupiter lui-même prit la forme d'un athlète, et lutta contre lui.

Il combattit aussi contre Apollon , et voulut enlever le trépied de Delphes. L'histoire dit l'origine de cette dernière fable. Hercule ayant été consulter l'oracle de Delphes , la prêtresse lui fit une réponse défavorable ; Hercule, mécontent, enleva le trépied du temple; mais la Pythie lui ayant reproché qu'il était injuste, et ne marchait point sur les traces d'Hercule Egyptien qu'il avait pris pour modèle , il fut si touché qu'il rendit le trépied.

Hercule, avant sa mort, avait fait jurer à son ami Philoctète que jamais il ne découvrirait le lieu de sa sépulture, ni celui où il aurait déposé ses flèches. Un oracle prédit que la ville de Troie ne serait jamais prise, si l'on ne parvenait point à connaître le lieu de cette séjiulture, et si l'on n'obtenait pas les flèches d'Hercule. Ulysse, le plus éloquent et le plus adroit des Grecs, fut chargé de cette découverte. Philoctète , séduit ou vaincu ,

n'osa pas trahir son serment; niais il eut la faiblesse de donner une sorte d'indication avec lelDOut de son pied; elle n'échappa point k l'adroit Ulysse : il découvrit l'urne et les flèches , et sut persuader à Philoctète de l'accompagner au siège de Troie. Cette infidélité fut bientôt punie. Un jour que l'ami d'Hercule touchait ses flèches, une délies s'échappa de sa main , et tomba sur le pied qui avait décelé le dépôt. La blessure devint si cruelle et si infecte, que ses compagnon? profitèrent d'un instant où il s'était éloigné d'eux , ils l'abandonnèrent à ses remords et à ses douleurs dans l'île de Lemnos. Cette lâche trahison fut inutile aux Grecs; l'oracle ordonna d'apaiser Philoctète. Ulysse revint en suppliant, et parvint encore à le persuader; il se laissa conduire au camp des Grecs, où Machaon, fils d'Esculape, le guérit de sa blessure.

On représente ordinairement Hercule sous la forme d'un homme très-robuste , s'appuyant sur une massLie, et les épaules couvertes de la dépouille du lion de Némée. La tète de ce lion sert c[uelc[uefois à couvrir la sienne, et lui donne un air encore plus redoutable. Ses cheveux paraissent cré])us , et sa barbe est épaisse et noire. ( Fig. 73. )

Les surnoms de ce héros varient autant

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fjue les difiérens pays où il avait porté ses pas et laissé des trophées.

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