‹ La mythologie comparée avec l'histoire;Chapitre 131 sur 151 · DES ORACLES · texte numérisé non relu

DES ORACLES

Van-Dale a fait un traité très-savant , dans lequel il s'efforce à prouver que les oracles n'ont d'autre origine que la fourberie des prêtres. M. de Fontenelle, avec son discernement , son charme et sa grâce ordinaires , a dégagé ce traité de tous les détails étrangers ou trop scientifiques , et l'a mis à portée d'être lu par toutes les classes de lecteurs.

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Le système de Van-Dale et la seule origine qu'il donne aux oracles, contrariant en tout point la tradition constante de 1 Église, le j)ère Baltus , jésuite, a fait un second traité , non moins savant que celui de ^ an-Dale , dans lequel , sans nier limposture des prêtres, qui fut souvent mêlée dans les oracles, il prouve d'une manière également claire et solide 1 intervention du démon dans les prédictions que tous les efforts de l'incrédulité ne sauraient attribuera la seule fourberie.

Sans approfondir laquelle de ces d'eux opinions est la préférable, il se présente beaucoup de réflexions propres à renverser le système de Van-Dale.

Les oracles auraient-ils pu conserver si long-temps leur crédit et leur éclat , s ils n'avaient été que le résultat de la fourberie? L'imposture se dément à la longue; on ne peut soutenir éternellement un mensonge , et si l'on peut tromper pendant long-temps quelques particuliers faibles et crédules , on ne trompe point pendant jdusieurs siècles des peuples entiers. Le pouvoir d'un roi, la curiosité d uii bomme ricbe , l'indiscrétion, l'infidélité d'un prêtre, la jalousie qui devait naître entre les oracles consultés et ceux que l'on semblait mépriser, la dureté de quelques réponses : les sacrifices horribles que coraman-

daient souvent les oracles , n'étaient-ce donc point là des moyens suffisans pour ramener tôt ou tard à la vérité? Quel est donc ce concert inconnu jusqu'à présent qui tient contre l'intérêt personnel , et réunit tant de fourbes pour leur faire si religieusement observer un secret?

Ces questions suffiront pour démontrer à nos lecteurs qu'un homme sage peut croire à la vérité de quelques oracles , sans être forcé pour cela de contrarier ou d'écarter les lu-' mières ordinaires de sa raison. Nous nous bornerons à ces réflexions, et nous allons chercher à connaître quels étaient les premiers oracles.

Thémis , Jupiter et Apollon , rendaient seuls autrefois des oracles ; mais , par la suite, presque tous les dieux et un grand nombre de héros obtinrent ce privilège.

Tous les jours n'étaient pas égaux pour consulter les oracles. A Delphes, la Pythie ne répondait au nom d'Apollon que pendant un mois de l'année. Cette méthode changea par la suite, et le dieu ne jiarlait plus alors que pendant un seul jour de chaque mois. Les oracles ne se rendaient pas tous de la même manière. Quelquefois la prêtresse parlait au nom du dieu : d'autrefois le dieu luimême^proférait ses réponses. Dans (juelques

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lieux on les recevait pendant le sommeil, et ce sommeil était préparé par des dispositions mystérieuses ; dans d'autres , on jetait des sorts, comme à Préneste, en Italie. Souvent, pour se rendre digne de l'oracle, il fallait des jeûnes, des sacrifices, des expiations; cependant , lorsque Alexandre alla dans la Libye consulter Jupiter Ammon , le prêtre , en le voyant , l'appela fils de Jupiter : c'était le seul but de son voyage.

L'impossibilité de donner l'histoire de tous les oracles nous détermine à faire connaître seulement les plus anciens et les plus célèbres.

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