‹ La mythologie comparée avec l'histoire;Chapitre 130 sur 151 · PANTHÉON DE ROME · texte numérisé non relu

PANTHÉON DE ROME

Rome et l'Italie n'avaient j)as moins de temples que la Grèce. Plusieurs étaient remarquables j)^!' leur magnificence ou leur singularité. Celui de Jupiter, sur le Capitole , était au nombre des plus beaux ; mais le

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plus superbe et le plus solidement bâti était le Panthéon , nommé vuluairement la Rotonde. Il subsiste encore aujourd'hui dans son entier , sous le nom de \ Eglise de tous les Saints , auxquels il est consacré , comme dans le temps du Paganisme il l'était à tous les dieux.

On croit le plus généralement qu'il fut bâti par les soins et aux frais d Agrippa , gendre d'Auguste. Quelques auteurs cependant le croient plus ancien , et disent qu'Agrippa , après l'avoir fait réparer , y fit ajouter le portique , qui en fait encore aujourd'hui le plus bel ornement.

Une ouverture au milieu de la voûte , très -ingénieusement imaginée, suffit pour éclairer tout l'intérieur du temple. La forme du Panthéon est ronde ; il paraît que Tarchitecte a voulu lui donner la forme du globe de la terre , et un très-grand nombre de temples antiques avaient cette forme , pour le même motif.

Le portique , plus surprenant et plus beau que le temple même , est composé de seize colonnes de marbre. Chacune de ces colonnes est d'un seul bloc. Leur hauteur est de trentesept pieds , et leur diamètre de cinq pieds. Huit colonnes ornent le devant du portique, et rcnfoncem.ent est contenu par huit autres

colonnes. On a suivi partout l'ordre corinthien.

Du temps du pape Eugène, on trouva près de cet édifice une partie de tête en bronze représentant Agrippa. On trouva en même temps un pied de cheval et un morceau de roue du même métal. Cette découverte fait présumer qu'autrefois ce portique soutenait la statue d'Agrippa , placée sur un char à quatre chevaux.

Le corps de l'édifice , qui subsiste encore eu entier , est posé sur des fondemens si solides, que rien jusc[u'à présent n'a pu l'ébranler. Un manuscrit d'un célèbre architecte romain atteste que les fondations s'étendent fort au delà de l'édifice, et semblent ne former qu'une s€ule masse de pierre.

On n'y voit plus les statues et les richesses qui l'ornaient autrefois. L'empereur Constance III enleva les plaques de bronze doré qui couvraient toute la voûte , et le pape Urbain VIII se servit des poutres de même métal c[ue l'on y voyait , pour en faire faire le baldaquin de Saint-Pierre de Rome , et les grosses pièces d'artillerie qui sont au palais Saint-Ange. Les statues des dieux , qui remplissaient les niches , ont été pillées Ott cachées sous terre.

Lorsque le célèbre IMichel-Ange eut bien

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étudié l'ensemble du Panthéon , son génie sindigna de ce qu'on regardait ce monument comme le plus grand effort de 1 architecture. Il dit à ceux qui l'admiraient : J'élèverai sur quatre piliers ce temple qui vous étonne; et ce lut alors qu'il conçut le plan de la fameuse coupole de Saint-Pierre de Rome. On assure que cet homme extraordinaire, également grand peintre, grand architecte et grand sculpteur, fit un testament, dans lequel il déclara n'avoir donné aux piliers qui portent la coupole, que la force nécessaire pour la soutenir ; annonçant que , si jamais on altérait la force de ces piliers , l'ouvrage serait menacé de tomber en ruines.

Le chevîilier Bernin , qui long-temps après aspirait à se montrer Tégal de Michel-Ange, regarda ce testament comme une forfanterie ; et cet artiste téméraire , abusant du crédit que lui avaient fait obtenir que^ues-uns de ses ouvrages , fit creuser dans ces piliers des escaliers très-étroits et très-inutiles. C'est h cet essai téméraire que l'on attribue les grandes lézardes qui sont aujourd'hui dans la grande voûte. 11 a fallu la relier avec d'immenses barres de fer, et tout fait craindre que le calcul du génie ne soit vérifié. Rien ne p)Ouve mieux combien il est dangereux d'accorder quelque confiance aux présomptueuses pro-

messes de la rivalité. L'église de Saint-Paul de Londres est l'un des plus beaux nionumens du monde , après celle de Saint-Pierre de Rome.

Tels sont les temples les plus célèbres dont la mémoire se soit conservée parmi les bomraes. Le temple, ou plutôt la tour de Bélus, est, sans aucune contestation, le monument le plus ancien , le plus extraordinaire. 11 existait avant le temple de Vulcain Egyptien. Hérodote , en donnant la description de ce dernier temple , dit qu'il fut l'ouvrage d'un grand nombre de rois, et qu'il était si considérable , c[ue c'était une grande gloire , lorsque, dans un long règne, un prince avait pu faire construire un seul portique.

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