LES DIEUX DU CIEL
A'ARRO.f , le plus grand théologien du paganisme , en fait monter le nombre jusqu'à trente mille ; ce qui ne surprendra pas , en considérant qu'on en avait inventé pour présider à toutes les parties de l'univers, aux passions , aux besoins de la vie. D'ailleurs , lorsque des nations ou des villes diti'érentes ado-
raient le même dieu sous le nom de Jupiter, chacune de ces nations ou de ces villes prétendait avoir son Jupiter particulier : Varron en compte plus de trois cents. Il en était de même des autres dieux et des demi-dieux. On comptait plus de quarante Hercules ; mais , comme tant de dieux diflërcns pouvaient cesser de s'accorder entre eux , les païens avaient senti la nécessité de croire et d'établir qu il y avait une divinité supérieure aux autres. Elle se nommait le Destùi ou Fatum. Ce dieu , que l'on supposait aveugle, gouvernait toutes choses par une nécessité absolue. Jupiter luimême, le premier et le plus grand des dieux, était s&umis à ses décrets. LcDestin avait son genre de culte; mais, comme il ne pouvait être compris par l'intelligence humaine , on n'osait point déterminer quelle était sa figure, de sorte que jamais on n'adorait sa statue comme celle des autres dieux. On essayait cependant de le représenter sous la forme d'un vieillard, tenant entre ses mains l'urne qui renferme le sort des humains. On plaçait devant lui un livre dans lequel lavenir était écrit. {T'oyez lajig. i .) Tous les dieux , $ans exception, devaient consulter ce livre, parce qu'ils ne pouvaient rien changer à ses décrets. Ce n'était même qu'en le lisant qu ils pouvaient prévoir l'avenir. C'est à cela que
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i on doit rapporter l'obscurité des oracles , dont les réponses pouvaient s'interpréter de mille manières diiïerentes.
Cette idée du destin est le plus bel aveu que les hommes aient fait de la nécessité d'un dieu suprême et unique; mais il n'était plus en leur pouvoir de le définir et de le comprendre, depuis qu'ils avaient oublié les instructions que Dieu avait données aux premiers patriarches.