HISTOIRE DE NEPTUNE ET D'AMPHITRITE
Neptune , fils de Saturne , était frère de Jupiter. L'empire des eaux lui échut en partage. Son sceptre était un trident , son char une vaste coquille , ses coursiers des veaux marins , ou des chevaux dont la moitié du corps avait la forme de poissons. Les Tritons en grand nomhre lui servaient de cortège , et sonnaient de la trompe avec des conques marines.
L'histoire nous apprend que Neptune , 1 un des plus célèhres princes Titans , eut en partage la mer , les îles , et tous les lieux qui s'en rapprochent.
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Diodure dit que Neptune fut le premier qui commanda une armée navale. Saturne , son père , l'employa pour s'opposer par mer aux entreprises des Titans. Jupiter, son frère , s'étanl emparé de l'empire de Saturne, lui «continua le commandement des flottes , et le trouva toujours fidèle à seconder ses desseins. Les princes Titans ayant fui devant Jupiter jusque dans les pays occidentaux , Neptune les empêclia d'en sortir , et la fable peignit sa victoire en disant qu'il les avait enfermés dans les enfers.
Les poètes multiplièrent le nombre des Neptune ; en donnant ce nom à tous les princes inconnus qui arrivaient par mer , et s'acquéraient quelque célébrité ; c'est à cet abus qu'il faut rapporter la multitude de fables, de métamorphoses et d'aventures attribuées à Neptune.
Amphitrite , femme de Neptune , est un personnage entièrement poétique , n'ayant aucun rapport aA'^ec riiistoire , et portant ce nom parce que la mer environne les terres. Quelques anciens cependant la croient fille d'un prince Titan , et disent que Neptune eut besoin d'employer un négociateur très-adroit pour réussir à ce mariage. Cette aventure a donné lieu à la fable du dauphin ;, envoyé par Neptune pour déterminer Amphitrite à
devenir son épouse. Ce dieu , par reconnaissance , plaça le dauphin parmi les astres , auprès du Capricorne, et doua les poissons de cette espèce d'une vitesse à la nage supérieure à celle de tous les autres. Les poètes leur supposent un penchant qui les porte à aimer les hommes, et à les secourir dans les naufrages.
Si nous en croyons Hérodote, Neptune était Libyen , et très-anciennement honoré dans ce pays ; mais il paraît que ce dieu des Libyens ne présidait point à la mer. Il avait instruit ses peuples à dompter les chevaux ; ce qui le fit surnommer Hippius.
La confusion de ces deux personnages produisit la fahle de Neptune frappant avec son trident la terre , dont il fit sortir un superbe cheval.
L'origine de la fihle de Neptune aidant Apollon à bâtir les murailles de Troie , est fondée sur ce cjue les murs de cette ville et ses digues contre la mer étaient si solides, qu'on attribuait cet ouvrage aux dieux. L'avare Laomédon , loin de les honorer , s'empara de l'argent amassé dans le temple de Neptune , et négligea le culte d'Apollon. Une violente irruption de la mer détruisit les digues , et laissa les terres couvertes de cadavres et de limon après s'être retirée ; la chaleur du soleil
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causa la peste ; et le peuple , toujours superstitieux, répéta que ces deux fléaux étaient les suites de la vengeance de Neptune et d'Apollon.
Les Grecs donnaient à Neptune le surnom de Posédon , ou Brise-yaisseaux. Son trident avait trois pointes , pour distinguer les eaux de la mer, celles des fleuves et celles des fontaines.
Les nombreux vaisseaux deNeptune étaient distingués par diflérens animaux , ou différentes figures placées sur les proues ; c'est à cela seul qu'il faut rapporter ses métamorphoses.
On représente ordinairement le dieu de la mer voguant sur les eaux , dans une conque à laquelle sont attelés deux chevaux marins. D'une main il tient son trident , et de l'autre il s'appuie sur un dauphin. {Fig. 31 . )
Nous ne ferons point mention de tous les surnoms donnés à Neptune , et de tous ses temples : leur nombre égalait celui des nautoniers qui échappaient aux naufrages.
Ses victimes ordinaires étaient le cheval et le taureau. Le mois de février lui était consacré , parce que dans ce mois on faisait les purifications , et c'était avec de l'eau qu'elles se faisaient.
Pendant les fêtes de Neptune, les chevaux
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et les mulets , couronnés de fleurs , demeuraient sans travail. Personne n'osait troubler leur rcj^os. Les hommes voulaient , par ce moyen , lui témoigner leur reconnaissance de ce qu'il leur avait appris à dompter ces animaux , et à les rendre utiles.