‹ La mythologie comparée avec l'histoire;Chapitre 65 sur 151 · Tome · texte numérisé non relu

Tome

rei^e 2 fis.

AVEC l'histoire. 269

volcans , et par ce moyen il était parvenu à distinguer ceux qui avaient plus de violence et de durée. Ce fut de cette manière cfu'il prévint Ulysse du changement qui allait survenir dans le temps ; il voulut l'engager à différer son départ. La manière assurée dont il donnait ce conseil fit croire aux compagnons de <c prince quEole commandait aux tempêtes, et qu'à la prière d'Ulysse il pourrait les retenir. Ils décidèrent leur départ; bientôt ils se repentirent de leur folle précipitation • la tempête survint , et presque tous périrent. Les poëtes ne manquèrent pas de célébrer à leur manière cette prédiction d'Eole. Ils feignirent qu'à la ]irière d'Ulysse , ce dieu avait renfermé les Vents dans des peaux , et lui en avait confié la garde; mais c[ue ses imjirudens compagnons les ayant ouvertes , les Vents déchaînés avaient bouleversé la mer et fait périr le vaisseavi qui les portait. La crainte inspirée par ces terribles divinités ne laissait entreprendre aucun voyage sans leur ollrir des sacrifices. Les descendans d'Eole, après avoir donné plusieurs rois à la Grèce, envoyèrent des colonies dans l'xlsie Mineure , dont ils peuplèrent les cotes ; ensuite ils passèrent en Italie.

La fable dit que les Vents estaient fils d'Aurore et d'Astrée , l'un des Géans qui firent la

guerre aux dieux. Ses enfans furent aussi turbulens que lui. Les quatre principaux donnèrent leurs noms aux vents. Le premier est Borée, on ueiit da scpienlvion ; Auster , ou vent da midi , est le second ; Eurus , vent de l'orient, est le troisième; et Zéphjre , vent de L'occident , est Je quatrième.

Borée , désirant épouser Orythie , fille d'Ereclithée, roi d'Athènes , fut refusé par ce prince, il se servit de son souffle pour 1 enlever , et la transporter dans la Tlirace; il en eu!, deux fils , Calais et Zéthès , dont nous parlerons au voyage des Argonautes.

La fable rapporte que Borée , métamorphosé en cheval, donna naissance à douze poulains d'une telle vitesse, qu'ils couraient sur l'eau sans enfoncer , et sur les épis sans les faire plier. Cette allégorie sert à peindre la vitesse des vents.

Page 1