‹ La mythologie comparée avec l'histoire;Chapitre 66 sur 151 · DIVINITES DE LA TERRE · texte numérisé non relu

DIVINITES DE LA TERRE

Les souvenirs altérés et trop faibles de la tradition sainte ne sulfisaient plus pour ramener cà la connaissance du vrai Dieu. La force , le nombre et l'adresse assuraient à ! homme l'empire de la terre ; il en jouissait

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sans reconnaissance , et ne sonçreait au à satisfaire ses besoins et ses passions.

Cependant , quelque arancl que fût son orgueil , il reconnut qu il ne pouvait commander aux élémens , et qu'avant à lutter sans cesse contre les dangers qui menaçaient sa vie , il avait besoin de secours et de protection.

La douleur, la crainte et la nécessité , le forcèrent à croire qu il existait une puissance supérieure à la sienne ; il se soumit à limplorer , mais il se crut le droit d'attacher un prix à ses hommages . il lui demanda de veiller à ses besoins. L idée d'un seul Dieu, suprême , universel , et dispensateur de tous les biens, laurait trop efîrayé ; il partagea ses fonctions , son pouvoir, multiplia les dieux , et prêtant à ces divinités de son imagination les passions qui l'agitaient lui-même . il espéra qu'en offrant des sacrifices plus nombreux il obtiendrait davantage.

Ce fut ainsi que l'homme étendit sans cesse le nombre des dieux du ciel , de la terre , de Ja mer et des enfers. La terre elle-même devint une divinité. Les bois , les campagnes , les moissons, les jardins , les prairies , eurent des dieux protecteurs ; les maisons eurent leurs dieux lares , leurs dieux pénates , et chacun d'eux eut ses honneurs , ses fonctions et son culte.

On les considéra d'abord comme des êtres invisibles et supérieurs à la nature humaine ; mais quelques hommes s'étant distingués par la culture des champs, des jardins, ou par quelques inventions utiles, on donna leurs noms à ces divinités inconnues , et bientôt on les confondit ensemble.

Dans ce nombre immense , on en comptait douze du premier ordre , que l'on appelait i'ojiscntes. Ils différaient des douze grands dieux dont nous avons parlé précédemment.

Jupiter etla Terre étaient les deux premiers.

Le Soleil etla Lune, qui influent si considérablement sur les récoltes et la végétation, étaient les seconds.

Gérés , déesse des blés , et Bacchus , dieu du vin , étaient les troisièmes.

Robigus et Flore étaient les quatrièmes. Le 2)remier empêchait les fruits de se gâter, et veillait à les faire mûrir; Flore veillait à la naissance des fleurs.

Minerve et Vénus étaient les cinquièmes. La première avait fait naître l'olivier , et la seconde jîrésidait aux jardins.

Enfln l'Eau et Bonus Eventus étaient les sixièmes. La première , parce que , sans elle, la Terre est aride et ne produit rien; le second, dont le nom signifie bon succès , veillait à procurer de lionnes récoltes.

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Tels étaient les principaux dieux de la terre. Leurs fonctions et leurs noms prouvent qu'ils ne devaient leur origine et le culte qu'on leur rendait qu'au besoin que les hommes avaient de leur secours.

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