‹ La mythologie comparée avec l'histoire;Chapitre 74 sur 151 · DES DIEUX LARES ET DES DIEUX PÉNATES · texte numérisé non relu

DES DIEUX LARES ET DES DIEUX PÉNATES

Ces dieux étaient protecteurs des empires, des villes , des chemins , des maisons et des particuliers. On les distinguait en lares publics, lares des maisons, des champs, des ennemis, de la mer, des chemins, etc. , etc. Ils étaient sans nombre, et chacun choisis-

sait le sien à sa dévotion. On plaçait parmi ces dieux les âmes de ceux qui av-aieiiL Lien servi 1 état , et les familles y joignaient les âmes de leurs parens et de leurs amis.

Leur culte se bornait à renfermer de petites figures dans le lieu le plus secret de la maison , auquel on donnait alors le nom de Larariiim. On leur consacrait des lampes , symbole de la vigilance, et on leur immolait le cbien , animal si recommandable par son attacbement et sa fidélité.

Lorsqu'un enfant quittaitFornement appelé bulla , on le déposait aux pieds des dieux domestiques; et lorsqu'une famille romaine faisait une adoption , ce qui était fort commun , les magistrats nommaient ceux qui devaient veiller au culte des dieux lares, que l'enfant adoptif semblait abandonner.

Dans les fêtes publiques de ces dieux , nommées Compilâtes , on suspendait dans les rues de petites figures de cire, et l'on priait les dieux lares et pénates de ne faire sentir leur colère qu'à ces petites figures.

Les Romains disaient tous ces dieux fils de Jupiter et de Lorunda. La ressemblance du nom et l'ignorance de leur origine avaient seules donné lieu à cette généalogie. Il paraît que leur culte était venu de Phrygie, et av%ait été apporté par Enée. Jacob emporta

les dieux lares et pénates de la maison de son beau-père Laban ; l'Ecriture Sainte leur donne leuomde TcrapJiim.

Les génies avaient aussi leur rang parmi ces dieux. Les bommes en avaient deux : un bon , <|ui produisait tous les biens, et l'autre mauvais, cause de tous les maux. Les femmes avaient aussi leurs génies , qui s'appelaient Junones.

On ne croyait pas la puissance de ces génies égale; on disait que le génie d'Antoine redoutait celui d'Auguste. On les représentait sous la forme de jeunes hommes , tenant d'une main un vase à boire, et de l'autre une <'orne d'abondance. Ils paraissaient aussi quelqviefois sous la forme d'un serpent. Le front leur était principalement consacré.

Chacun honorait son génie , surtout aux jours de naissance. On parsemait la terre avec ^es fleurs , et on lui offrait du vin dans des coupes. Chaque lieu avait son génie particulier. On était persuadé que l'univers entier était -rempli d'esprits , qui en réglaient les mouvemens. Platon, qui a le plus étendu ce système, parle des Gnomes, des Sylphes, des Salamandres. Les premiers habitaient la terre , les seconds l'air, et les troisièmes le feu ; mais il faut laisser aux contes de fées le plaisir de les dépeindre.

AVEC l'histoire. 293

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