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SUITE DES DIVINITES PARTICU- LIÈRES.
La Pâleur et la Peur. Les hommes frappés à la vue des événemen? dont ils ne connaissaient pas la cause , et qui leur inspiraient de la frayeur, firent une divinité du trouble même cj[iii les agitait; et, pour s'en délivrer, ils lui adressaient des vœux , des prières. Il est impossible de désigner le moment où ce culte commença. Dans les combats, on donnait au dieu de la guerre la Peur et la Fuite pour cortège. Les deux fils de Médée ayant été massacrés par les Corinthiens, une peste cruelle fit périr une partie de leurs enfans. L'Oracle leur ordonna de sacrifier aux mânes irrités de ces innocentes victimes , et d'ériger en même temps une statue à la Peur.
On la représentait avec des cheveux hérissés, le visage élevé, la bouche ouverte et le regard troublé. {Fig. 63.) La Pâleur était représentée par une figure maigre et allongée, les cheveux abattus et le regard fixe.
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AVEC l'histoire. 325
Les Lacédémoniens avaient placé le temple de la Peur auprès du tribunal des Ephores , afin d'inspirer aux médians la crainte d'un châtiment sévère. On joignait toujours la Peur aux autres dieux lorsqu'on prononçait des sermens.
Il serait aussi long qu'inutile de nommer toutes les divinités particulières. En général, les Romains, et les Grecs avant eux, adoraient les vertus, les passions, les vices et jusqu'aux événemens imprévus. Chacun pouvait créer à son gré quelque dieu nouveau. Lorsque des voyageurs , en traversant une rivière, une forêt, éprouvaient quelque danger ou quelque surprise , ils dressaient un autel , l'ornaient de quelques attributs , de quelques inscriptions , et ces monumens du caprice étaient respectés , souvent même adorés par ceux que le hasard conduisait auprès d'eux. Il sera toujours facile de suppléer à la nombreuse liste que nous supprimons pour ne point fatiguer nos lecteurs. Les poêles et les anciens , en nommant ces divinités dans leurs ouvrages, s'attachent surtout à peindre leur influence et leurs efiéts ; il sera donc toujours très-facile de les reconnaître; elles auront du moins alors les charmes et les ornemens de la poésie.
Cependant , parmi les divinités malfai-
326 LA MïTHOLOGIE COMPARKE
santés , il ne faut pas oublier Atée ou la Discorde. (Fi'g- 64.) Chassée de l'Olympe par Jupiter, parce qu'elle cliercbait à brouiller les dieux , elle vint sur la terre exercer toutes ses fureurs. On attribuait à cette cruelle dcesse les G;uerres, les c|uerellcs cnlre les particuliers , les dissensions dans les ménages ; ce fut elle qui jeta , au milieu du festin préparé pour les noces de Pelée , la fatale pomme , avec cette inscription : ^ la plus belle. Nous avons déjà dit que les Prières, ses sœurs, courent après elle , povir réparer les maux qu'elle cause ; mais elles sont boiteuses , et leur cruelle sœur les devance toujours.