LA LUXE
La marche de la Lune. — Le sommeil d'Endymion. — Le dieu Lunus.
La marche de la Lune. — La Lune (Séléné) est la sœur du Soleil (Hélios) ; elle parcourt les airs sur un char en suivant le même chemin que son frère. Comme lui, elle sort du fleuve Océan, du côté de l'orient, et s'y replonge par le côté opposé dès que l'Aurore paraît. Sur des monuments antiques nous voyons la Lune à son coucher, et le fleuve Océan, appuyé sur son urne, s'apprête à. la recevoir dans ses eaux. Séléné a souvent été identifiée avec Diane, comme Hélios avec Apollon, mais c'est cà elle que se rapporte la fable d'Endymion.
Le sommeil d'Endymion. — Le sommeil a été personnifié dans la mythologie par le personnage d'Endymion, qui naturellement fut aimé de la Lune. La légende d'Endymion, très-variée, le présente tantôt comme un roi dont la puissance irrésistible s'étend sur toutes les créatures vivantes, tantôt comme un jeune berger endormi dans les fraîches grottes du mont Latmus. Fils chéri de Jupiter, il avait obtenu du maître des dieux la grâce de dormir éternellement sans jamais vieillir ni s'éveiller.
Le jeune berger du mont Latmus était si beau, que la Lune en devint éprise et ne pouvait se lasser de le regarder. De ses rayons furlifs elle lui dérobait un baiser, sans' troubler son repos. Cette scène est fréquemment représentée sur les bas-reliefs et sur les peintures antiques. Quelquefois on voit Endymion endormi dans les bras de Morphée, et Séléné^ conduite par l'Amour, descend de son char pour le contempler. Les sarcophages présentent souvent ce sujet, et l'artiste ne manque pas d'y introduire l'enfant ailé qui tient son flambeau renversé, symbole qui signifiait à la fois le sommeil ou la mort (fig. 276).
Dans l'art moderne, la légende d'Endymion a été traduite d'une manière poétique par Girodet : tandis que le jeune chasseur dort sous
Ci £;
DIANE DEPHESE.
le feuillage épais, rAmour écarte en souriant une branche [tour laisser passer le rayon indiscret de la lune qui vient tomber sur la figure d'Endymion.
Le dieu Lunus. — La lune apparaît, dans quelques niouunients antiques, sous la forme d'un adolescent (Lunus) du sexe masculin.
Fig. 278. — Le dieu Lunus (d'après une pierre gi*avce antique).
Il est caractérisé parle croissant et quelquefois une torche ou une montagne qu'il tient à la main (fig. 278). Aucune fable mythologique ne se rapporte à cette divinité qui est d'origine phrygienne.