CHAPITRE XIII
DIANE D'ËPHÈSE.
Le type de Diane d'Éphèse. — Les Amazones.
Le type de Diane d'Éphèse. — Diane d'Ephèse, personnification assez vague de la fécondité de la nature, est une divinité purement asiatique, et n'a aucun rapport avec la sœur d'Apollon^ ni dans l'art, ni dans la légende. Les Amazones avaient institué son culte à Ephèse,
Fig. 271. — Diane d'Éphèse (d'après une statue antique).
où elle avait un temple magnifique, considéré comme une des sept merveilles du monde. La déesse, dont remblème était l'abeille, avait là une antique image très-vénérée, présentant la forme d'une momie. Ses nombreuses mamelles indiquent la fécondité de la terre, et les tètes de bœuf dont elle est couverte symbolisent l'agriculture.
Les Amazones. — Les Amazones sont des femmes guerrières qui ont une très-grande importance dans la mythologie et dans l'art. Suivant la tradition, les Amazones font le service de guerre pendant un temps déterminé, en conservant leur virginité. Quand le terme du service militaire
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est passt', elles se marient pour avoir des enl'anls ; elles remplissent les magistratures et toutes les fonctions publiques. Les hommes passent toute leur vie à la maison , cojiime ailleurs les ménagères, et ils ne se livrent qu'à des occupations domestiques ; ils sont tenus éloignés de l'armée, de la magistrature et de toute autre fonction publique qui pourrait leur inspirer l'idée de se dérober au joug des femmes. Quand un enfant naît, les Amazones le remettent entre les mains des hommes qui le nourrissent de lait et d'autres aliments convenables à son âce. Si l'en-
Fig. 273. — Amazone combattant.
tant est une fille, on lui brûle les mamelles, afin d'empêcher ces organes de se développer par suite de l'âge : car des mamelles saillantes seraient incommodes pour le maniement de l'arc. Les sculpteurs toutefois ne tiennent aucun compte de cet usage, et dans les statues, les Amazones ont presque toujours de fort beaux seins.
On attribuait à ces héroïnes la fondation du temple d'Ephèse, et un concours célèbre y eut lieu pour honorer leur souvenir. Phidias, Polyclète,Phradmon, Ctésilas étaientparmi les concurrents, qui reçurent la mission difficile de désigner eux-mêmes le vainqueur. Chacun mit naturellement son œuvre au premier rang ; mais comme le vote de ses
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rivaux avait été unanime pour donner à Polyclète la seconde place, il obtint la première et Phidias ne vint qu'après lui.
La belle statue de V Amazone du Vatican passe pour une imitation de celle qui fut jugée victorieuse et qui se voyait dans le temple d'Éphèse. C'est, avec Y Amazone blessée du musée de Naples, la plus belle représentation que nous connaissions de ces héroïnes.
En général les sculpteurs montrent les Amazones avec les bras et les jambes nues et une chemise courte qui laisse un sein découvert (fig. 273). Quelquefois pourtant elles apparaissent avec une physionomie orientale, caractérisée par le pantalon et le bonnet phrygien : c'est ainsi qu'elles sont figurées dans le célèbre sarcophage du musée devienne, où elles combattent contre des guerriers nus et casqués. La présence des Amazones sur les sarcophages semble avoir été un hommage à la valeur du défunt. La hache, le javelot, l'arc, la lance, le
Fig. 274. — Les Amazones (d"après un vase peint, du musée de Naples).
bouclier h double échancrure, sont les armes des Amazones. Mais le costume de ces héroïnes n'est pas le même sur les statues et sur les vases, oi^i on leur voit souvent des vêtements tout bigarrés et des pantalons collants (fig. 274).
La Bataille des Atnazones de Rubens, à Munich, est un des plus célèbres tableaux du grand maître flamand.
Les Amazones sont mêlées à toutes les traditions nationales de la Grèce et on les voit tour à tour en lutte avec Hercule ou Thésée. C'est dans la guerre de Troie qu'elles apparaissent pour la dernière fois. Ennemies jurées des Grecs, elles sont toujours vaincues, et le vainqueur en les voyant tomber est saisi d'admiration pour leur valeur indomptable. Parmi les légendes héroïques des Grecs, aucune ne leur inspirait plus de vanité que leur lutte contre les Amazones. Athènes et Mégare montraient avec fierté le tombeau de leurs reines, près de ceux des héros qui les avaient vaincues, et leurs glorieux combats étaient partout représentés sur les frises ou les métopes des temples. Les statues montrent les Amazones combattant tantôt à pied, tantôt à cheval.
APOLLON ET DIANE
Hercule est le premier qui ait combattu les Amazones et qui les ait vaincues. Aussi après son apothéose, nous le voyons figurer à côté des dieu\ protecteurs de la Grèce dans les combats qui curent lieu par la suite. Sur un vase peint, représentant un combat des Grecs et des Amazones, on voit, dans la partie supérieure, Hercule déifié, en com-
Fig. 275. — Les Grecs et les Amazones (d'après un vase peint).
pagnie de Minerve, d'Apollon et de Diane (fig. 275). Diane était la protectrice des Amazones, et M. Guigniaut fait remarquer, à propos de ce vase, que cette alliance de dieux et de cultes paraît représenter celle que formèrent enfin, après une longue lutte, les colons ioniens et les indigènes asiatiques, premiers adorateurs de la Diane d'Ephèse.