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L'AURORE

Tithon et l'Aurore. — Tithon est habituellement regardé eoinme répoux de l'Aurore ; il n'était pas de la race des Dieux, mais l'Aurore obtint pour lui l'immortalité. Seulement, comme elle avait oublié de demander en même temps la jeunesse, Tithon devint tellement \ieu\,

Fig. 280. — L' Aurore '(par Tho'waldscii).

sa décrépitude fut si horrible et le rendit si malheureux, que TAurore, prenant sa situation en pitié le métamorphosa en cigale. Depuis ce jour l'Aurore ne cesse pas de pleurer et ses larmes font la rosée du matin. Memnon, qui fut tué par Achille à la guerre de Troie, était fils di; Tithon et de l'Aurore.

Céphale et Procris. — D'après d'autres traditions, la Rosée, personnifiée dans Procris, était au contraire la rivale de l'Aurore, car toutes les deux aimaient Céphale, que les mythologues modernes regardent comme le soleil levant personnifié. Céphale. (fui aimait Procris autant qu'il en était aimé, devint son époux.

Céphale était tellement beau que l'Aurore ne pouvait se lasser de l'admirer. Dans un tableau de Guérin , on voit l'Aurore, laissant échapper de ses doigts les roses qu'elle fait naître et soulevant le voile de la Nuit pour contempler Céphale endormi. Une peinture de vase d'un style archaïque nous montre l'Aurore courant après Céphale t[ui s'enfuit à toutes jambes (fig. 281). Car il aimail Procris et ne voulait pas l'abandonner, même pour une déesse.

Pourtant l'Aurore, voyant que rien ne [louvait décider Céphale a s'unir à elle, imagina un stratagème pour le détacher de Procris. Elle lui affirma que l'amour qu'il avait pour sa femme n'était pas |)artagé, et [tour lui [>ermettr(; d'en avtnr la preuve elle lui donna la faculté de changer de visage. Ci'phalc, loiirinciih' [lar la jalousie», feignil de (|uil-

APOLLON ET DLVNK.

ter sa fcninio. et revint an hoiit di' (|iiel(|iie temps avec un yisage et une tonrnnic dillei-enle. il liouxa l'roeris en larmes, et ne voulant voiipersoniu', mais (jnand elle eut appris (]iril était arrivé un étranger qui se disail ami de son niaii, elle raecueillit dans l'espoir d'entendre an

Fig. 281. — L'Aurore et Céphalc (d'après une peint urc de vase).

moins parler de celui qu'elle aimait et qui l'avait quitfée. Céphale, curieux de pousser l'aventure jusqu'au bout, fit tant qu'il finit par faire consentir Procris à accepter lui nouvel hymen ; mais à peine avaitelle prononcé le oui, que Céphale reprit sa première et véritable figure. Procris confuse s'enfuit dans les bois et prit la résolution de ne plus revoir son époux et de se consacrer au culte de Diane.

L'Aurore s'applaudissait de son stratagème, et espérait bien remplacer Procris dans le cœur de Céphale. Mais Diane ne l'entendit pas ainsi : elle remit à Procris un carquois et des flèches merveilleuses qui atteignaient toujours le but, et l'ayant rendu(> complètement méconnaissable en lui donnant un aiitre visage, elle lui enjoignit d'aller tenter sur Céphale la môme épreuve que Céphale avait faite sur elle. Procris obéit et, s'étant approchée de Céphale qui ne pouvait la reconnaître, elle lui montra ses flèches merveilleuses, qu'elle voulait apporter en dot à son époux. Enfin elle s'y prit si bien qu'elle amena Céphale à lui proposer un hymen, et dès qu'il eut consenti, elle reprit son [)remier visage.

La réconciliation eut lieu; mais Procris, jalouse de l'Aurore dont elle connaissait la passion, prit le parti d'accompagner son mari, partout oii il irait, menu? à la chasse. Un jour qu'elle était ])armi les broussailles, Céphale entendant un bruit qu'il prit pour celui d'une biche, lança son dard et tua la malhem'euse Procris. Désespéré, il alla se jeter dans la mer, près du })i'omontoire de Leucade,

Les mythologues présentent Céphale comme une des nombreuses personnilications que prend le soleil levant dans la mythologie grecque ; il est aimé à la fois par l'Aurore et par la Rosée (Procris), mais il ne peut pas s'unir à l'Aurore, quoi qu'elle fasse, tandis qu'il cherche avidement la fraîcheur que donne la Rosée, seulement il la tue par ses ravons desséchants.

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