L'AURORE
liubens a fait une nioH do Procris. Lo peintre allemand Elzoimer, qui vivait à la fin du xvn' siècle, a montré un style tudesquc dans sa composition de Céphale et Procris. Au milieu d'un paysage, où chaque feuille et chaque herbe sont minutieusement étudiées, on voit Céphale
Fig. 28?. — Pi'ocris et son chien (d'après une pierre gravée antique).
occupé à ramasser des simples, pour guérir Procris qu'il vient de blesser. Le Hollandais Poelenburg a mieux co.mpris son sujet : sa Procris est vraiment jolie, et le mouvement gracieux qu'elle fait en mourant semble un reproche adressé à son amant qui a pu la confondre avec une biche.
Le géant Orion. — La Fable ne s'en est pas tenue là pour l'Aurore et elle lui prête encore d'autres aventures. Il paraît qu'elle avait plu au dieu Mars, et Vénus, par jalousie, lui suscita des désagréments. C'est ainsi qu'elle lui inspira inie passion pour le géant Orion. Ce géant était venu au monde dans des circonstances tout à fait exceptionnelles.
Son père était veuf et sans enfants; il avait promis à sa femme mourante de ne pas se remarier. Jupiter, ISeptune et Mercure vinrent un jour dans sa cabane lui demander l'hospitalité,- et le brave homme leur sacrifia un bœuf qui était tout son avoir. Touchés de sa piété, les dieux lui promirent d'exaucer le souhait qu'il ferait, et le souhait du vieillard fut d'avoir un enfant sans le concours d'aucune femme. Les dieux, qui ne sont jamais embarrassés, lui ordonnèrent d'enterrer la peau du bœuf qu'il avait sacrifié, et de n'y plus toucher pendjuit neuf mois, A l'époque voulue, le })etit nouveau-né fut trouvé dans la terre à la place de la })eau de boMif et reçut de son père le nom d'Orion.
326 APOLLON ET 1)L\NE
Dovonii grand, ou pliilot giganfesciiic, puisque sa tcMc moulait jusqu'aux nuages, Oriou devint épris de Méiope, fille d'OEnopion, et la demanda en mariage. Irrité d'avoir essuyé un refus, il l'enleva. OEnopion supplia Bacclius de ne pas laisser cet outrage impuni ; le dieu envoya à Orion un profond sonnueil, pendant lequel OEnopion lui creva les yeux. Cependant un oracle ayant prédit à Orion qu'il lecouvrerait la vui' par les premiers rayons du soleil levant, il se Idiirna du coté de l'orient, et ce fut sans doute à cette occasion (jiie l'Aurore, qui l'aperçut, conçut pour lui une passion tellement Aive (pi'elle l'enleva.
Cette union ne fut pas de longue durée, car Apollon, s'étant aperçu que Diane avait un certain penchant pour Orion et craignant qu'elle ne s'y abandonnât, atTecta un jour de douter de l'adresse de sa sœur dans le maniement de l'arc, et, lui montrant sur la mer un point noir tpi'on distinguait à peine à l'horizon, il lui demanda si elle pourrait atteindre jusque-là. Diane envoya sa tléche, qui atteignit Orion à la tète, car c'était lui qui nageait dans la mer sans prévoir le danger ((u^il courait. C'est ainsi que l'Aurore, toujours malheureuse en amour, devint veuve une seconde fois. Au reste, Orion après sa mort fut transformé en une brillante constellation qu'on représente sous la forme d'un homme armé d'un glaive.