‹ La Mythologie dans l'art ancien et moderneChapitre 68 sur 111 · CHAPITRE Vl · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vl

KDUCATION DE BACCHUS.

M.mtIui- ( liczr.vhèlo. — I/enfîince de Bacchus. — Bacchus et Ampéln^

Bacchus et les satyre:

Bacchus chez Gybéle. — Nous avons \u que le jeune dieu, apirs bien des péripéties, finit par être amené à Cybèle.

Un bas-relief du Louvre nous montre une variante du récit de Nonnos. On y voit Cybèle ou Rhéa, avec la tète couronnée de tours, qui accueille'le jeune Bacchus; seulement, au lieu de Mercure, ce sont les nymphes qui présentent l'enfant à la déesse qu'on ne voit qu'cà mi-corps, parce qu'elle sort de la terre dont elle est la personnification. Jupiter assiste à la scène et regarde son fils d'un œil satisfait (fif?. 536).

Kig. :)3G. — Bacchus acciu^illi par Cybèle (d'après un bas-relief dir Louvre).

Suivant une autre tradition. Bacchus aurait été trouver Cybèle sans autre aide que lui-iucme. Junon, qui ne pouvait lui pardonner d'être le fils de Jupiter, le frappa de folie dans son enfance et le jeune dieu voulut, pourse guérir, aller consulter l'oracle de Dodone, mais un lac formé subitement lui barra le passage. Il put néanmoins le traverser, grâce à l'àne sur lequel il était monté, et apprit bientôt que Cybèle lui rendrait la santé en l'initiant à ses mystères. Après avoir quelque temps erré en proie;, son délire, il arriva en Phrygie, où Cybèle le guérit en effet en

BACCHUS ET SON CORTKlJE.

lui enseignant son culte. L'usage des cymbales, des llanibeaux, des bètes lÏTOces pour conduire le dieu, vient en elïcf (b's cultes orientaux.

L'enfance de Bacchus. — Xonnos, auquel il faut toujours recourir <jNan(l il s'agit de Bacclius, raconte ainsi la uianière dont se sont passées les années de son eniance :« La déesse l'éleva, et le litmonter tout jeune encore sur son char traîné par de voraces lions... A neuf ans, possédé déjà de la passion de la chasse, il dépassait les lièvres à la course; de sa jnaiii cnfantint', il domptait la vigueur des faons tachetés ; il portait on

Ki^. y.]'. — I.(.' boiTcau de Bacchus icnc cuite aiitiiiiic .

traxers de son épaule, droit sur son dos, la tigresse intrépide à la peau mouchetée, dégagée de tout lien, et montrait à Rhéa (1) dans ses mains les petits qu'il venait d'arracher au lait abondant de leur mère ; puis il traînait après lui de terribles lions tout vivants; et, serrant dans ses deux poignets leurs pieds réunis, il en faisait don à la mère des dieux, pour les atteler à son char. Rhéa observait en souriant et admirait ce courage et ces exploits du jeune dieu, tandis qu'à la vue de son fils vainqueur de formidables lions, les yeux paternels de Jupiter rayonnaient encore de plus de joie. Bacchus, dès qu'il eut dépassé la limite de l'enfance, se revêtit de moelleuses fourrures, et orna ses épaules de Tenveloppe mouchetée d'un cerf, en imitation des taches variées de la sphère céleste. 11 réunit des lynx dans ses étables de la plaine de Phrygie, et attela à son char des panthères diaprées, honorant ainsi l'image scintillante de la demeure de ses aïeux. C'est ainsi que de bonne heure il dé\eloppe ses goûts montagnards auprès de Rhéa, l'amie des hautes collines; sur les pics, les pans entourent dans leurs rondes le jeune dieu, habile danseur aussi; ils franchissent les ravins de leurs

Mi L'auiour dit tantôt Cybèle, et tantôt Rhéa; à répoque où vivait Xonno■^. il y avait une «'onlusioa conipU'to entre la mère de Jupiter et la déesse de Piirvgi<'.

EDUCATION DE BACGHUS.

pieds velus, et, célébrant Baechiis dans leurs sauts bondissants, ils l'ont résonner le sol sous leurs pieds de chèvre. » (Nonnos.)

Plusieurs monuments se rattachent à l'éducation de Bacchus, et surtout à sa première enfance. Un des plus caractéristiques est une terre cuite où Ton voit le petit Bacchus dans son berceau : un faune tenant son thyrse et une bacchante agitant son llambeau exécutent une danse bachique autour de l'enfant (fig. o37). L'art moderne s'est naturellement empar('' de ce sujet qui convenait aussi bien à la peinture qu'a la

Fig. 5)8. — L"(klucation de Bacchus (d'après un tableau du Poussin, musée du Louvre .

sculpture. Le Poussin est de tous nos artistes celui qui a le mieuv compris l'esprit de la mythologie. Un de ses meilleurs tableaux dans ce genre est Y Éducation de Bacchus. L'enfant divin est occupé a boire le jus du raisin, qu'un satyre presse dans une coupe d'or, tandis que des amours jouent avec une chèvre, ou reposent sur le sein des nyml»hes du bocage (fig. 538).

Bacchus et Ampélus. — Lorsque Bacchus était eu Asie Mineure, se baignant avec les satyres dans les eaux du Pactole et jouant avec eux sur les coteaux de la Phrygie,il se lia de la plus étroite amitié avec un jeune satyre nommé Ampélus. Ils devinrent bientôt inséparables ; mais un taureau furieux tua un jour le malheureux Ampélus, et Bacchus, ne pouvant se consoler, versa de l'ambroisie dans les plaies de son ami qui fut métamorphosé en vigne : et c'est précisément ce suc divin qui donna au raisin sa qualité enivrante. (Nox.nos.) Bacchus en elTet cueillit unt;

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