B A C CHUS M Y S T I Q U E
lui vcnail du hi-act'let en foiiiie do serpoiif (|trcll(' porte au liras gauche (fi g. 5o4).
Le beau buste d'Ariadne dont on voit b- moulage dans t(tutes nos écoles de dessin pourrait bien être simplement une image de Baccbus lui-même, car ce dieu affecte souvent des formes féminines (fig. 06 1).
Ariadne est représentée comme la compagne de Baccbus sur presque tous les monuments qui représentent le triompbe du dieu, qui, lorsqu'il est avec elle, paraît généralement sous sa forme jeune et imberbe. Un bas-relief du Musée Britannique peut passer [»our le type de ce genre de composition qui est assez fréquent sur les monuments. On y voit d'abord à gauche Baccbus et Ariadne, à demi couchés sur le char triomphal : Baccbus verse le vin dans une jatte que tient u.n personnage rustique placé derrière lui. Le char est traîné par deux centaures dont l'un joue de la double flûte, tandis que l'autre pince de la lyre. Devant
Fig. ôôô. — l^c lit do Baccliiis d'iiprès iii: vase antirnu'.
eux, le dieu Pan ouvre de son pied de bouc la corbeille mystique. Silène, sur son àne, accompagné de bacchantes, de satyres et de personnages rustiques, forme l'autre côté de la com[iosition (fig. 558).
Le lit nuptial de Baccbus et d'Ariadne est figuré sur un vase, oîi les deux époux sont accompagnés d'Hercule, Baccbus, couronné de lierre, tient dans sa main droite un rbyton et dans la gauche une coupe : Ariadne tient un thyrse et une canthare. Le couple est accompagné de deux bacchantes et d'une figure ailée qui paraît être le génie des mystères ou Télétè, l'initiation personnifiée (fig. 555).
Les noces mystiques de Baccbus et d'Ariadne figurent sous les formes les plus variées dans une ([uantité presque innombrable de monuments. Tantôt on voit les deuv époux, couronnés de pampres, tenant des thyrses dans leurs mai us et portés sur des chars train es par des centaures (fig. 557), tai\tôf ilssonl à demi couchés, en facelini de l'autre, dans un parallélisme
B A ce nus ET SOxN COHTKUi:.
orneinciital, et lo jeune Ainpélos (la vigne) s'a\;iiu'p vei's cii\ -iir un eliaitraîne par des tigres, qne monte nu ainonr jouant de la Ijre; quelcjnefois Ariadnc, à demi couverte par le voile de lianeée, paraît en compagnie d'Hyménée tenant son (lambeau sur un char traîné par deux panthères que guide r Vuioiu'. e( Bacchus est par derrière, la tèle couronnée
Fig. 5.")(>. — \potliéos(' <1(' Baci'Ims et, Vriadui'.
de raisins (fig. 559) ; ailleurs les deux époux figurent sur un char traîné dans les airs par un centaure et une centauresse qui joue de la lyre : l'Amour vole devant eux (fig. 556).
Bacchus et Proserpine. — Les scènes cpii ont toujours trait à l'union mystique des deux époux sont très-fréquentes sur les monuments funéraires de l'antiquité ; mais Ariadne est quelquefois identifiée avec Proserpine. Bacchus est ici considéré connue dieu de la moi't. Le soleil d'automne, qui nuiritles raisins, est l'avant-coureur de l'hiver où la végétation meurt; il est donc naturel que Bacchus soit associé avec Proserpine, qui, comme fille de Cérès, représente la végétation, et comme épouse de Plulon, mai'(pie l'hiver, c'est-à-dire ]o moment où la \<''ge-
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liACClILS KT SON CO MTÉi; K.
I.itioii (]isparaît sous la tiMic. !'i()sn|iiiic. la iciiic dos Enfers, osl soii- \cn\ coiiIoikIik; avec Ariadiic, la Mlle de Miiios, (jiii ju^o les mortels à leur eiili'('(> aii\ enfers. Ariadne, considérée eoninie Tixresse éternelle, (pii i('|>ond si hicn a l'idée que les anciens se faisaient de la mort, est naturellement associée à Bacclius, (!t leur union mvstique est peut-être le syniltolc (pTon r(Micontre le jdus frecpicminent sur les sarcophages.
iM^i. .")(j ). - Bac'clius i.'t Pi-osM'piir' hii->t<î iintiquoi.
Sui' lin (-(debre sarcopluige du mus(''e Pio-CilénuMitin, on voit Bacclius (d Ariadne ou Proserpiin) célébrant leur union sur le lit sacré. Ils sont tous les deuv couronnes de lierre. La déesse tient la coupe et le tandjour hacluque, tandis que le jeune dieu présente à boire à sa paîillière, courbée entre eux (tig-. 503). Mercure, des Ménades et des Satyres complètent la coiujtosition à di-oitc et à gaucbe. Au centre et au-dessous du groupe principal, on \oit Silène et le vieux Pan entre deux amours. L'n sujet analogue est figuré sur le couvercle du même sarcophage. Les deux divinités occupent le centre, et Ampélos arrive sur un char traîné par deux tigres sur un desquels est monté un amour ailé qui pince de la lyre. De l'autre côté on voit un Pan ivre que soutiennent les Ménades (tig. 362).
Sui- un superbe camée antique, on voit Baccbus sur son char triomphal (d accompagné d'une déesse, (|ui peut être Proseipine aussi bien ({u Ariadne (fig. 564). Dans les fêtes mysti(|ues d'Kleusis, Bacchus apparaissait comme fils de Cérès, et pi'enait alors le nom d'iaccbus. Dans la guerre des Géants, Bacchus avait été tué par les ennemis des Dieux ; son corps avait été coupé en morceaux, et il a\ait sul)i pendant plusieurs jours la loi de mortalité. Ses membres disséminés furent apportés à (^lérès, qui lui rendit la vie : c'est jtour cela que Cérès était considérée comme sa seconde nnue. On smait en outre (ju'il avait été aux enfers chercher sa première mère Séméle (pii avait ('d('; brùlee en voyant Ju|>iler.
Lu joli miroir tdrus(jue i-eprésente Baccbus, dans une attitude pleine
Kiir. ô(Jl. — iJusto dAriadno d'après uiin staliic ainii[iii').
(ili' HACCHLS KT SON COHTEGE.
(le liiàcc. pressant sa tète contre le sein de Sémélé (luil a ramenée de
Fis:. 561. — Bacclius et Proserpine (d'après un camée antique).
enfers et (|ni est placée derrière lui. Apollon, tenant en main unebran-
Fig. Ô65 Bacchus et Sémélé (d'après un miroir étrusque).
elle de laurier, assiste à cette scène, en compagnie d'un petit satyre (pii jone de la donble flûte (fig-. ofio).
BACCIILS iMYSïIQUE. 611
Dans les mystcres d'Eleusis, l'épi de blé qui renaît a la \ie après avoir pourri dans la terre, et le vin généreux qui sort du raisin foulé dans le pressoir étaient des symboles de résurrection, qu'on présentait au\ initiés sous la forme de gâteau sacré et de libation. Dans les sarcophages oii Bacchus apparaît si fréquemment sur les bas-reliefs, il est quelquefois représenté sous les traits du défunt, tandis qu'Ariadne ou Proserpine emprunte ceux de la défunte. 11 y avait dans l'antiquité des fabriques de sarcophages qu'on préparait d'avance avec tous les attributs scul|»tés qui convenaient au monument. La tête de Bacchus et celle d'Ariadne étaient seulement dégrossies, afin qu'on put y représenter le visage de ceux auxquels le tombeau appartiendrait. Apulée, dans ses Métamorphoses, parle d'une veuve, qui fait sculpter l'image de son mari, avec les attributs de Bacchus. Nous avons au Louvre un exemple de cet usage dans le monument très-célèbre qui est désigné sous le titre de Sarcophage de Bordeaux. Xvidiànc est à demi couchée à côté de Bacchus entouré de son cortège de Satyres et de Ménades. La tête d'Ariadne n'est que préparée. Dans un autre bas-relief du Louvre, ce sont deux centaures, faisant partie du cortège de Bacchus et d'Ariadne. qui tiennent en main le médaillon des défunts.