‹ La mythologie (volume 2)Chapitre 17 sur 77 · LE SOMMEIL · texte numérisé non relu

LE SOMMEIL

Le Sommeil, compagnon ordinaire de la Nuit, habite les Enfers. Cependant Ovide place son palais dans la Froide Scythie.

Près des Ciramérions , un mont se creuse en voûte.

Où le Sommeil repose au fond d'un antre frais.

De ce dieu nonchalant solitaire palais.

Jamais de celte grotte au jour inaccessible

Le Soleil n'a percé l'obscurité paisible.

A peine un demi-jour, crépuscule douteux ,

Y rend visible un air humide et nébuleux.

Jamais le chant du cocj n'y réveille l'Aurore ;

Ni le chien vigilant , ni , plus fidèle encore ,

L'oiseau du Capitole, odieux aux Gaulois,

N'y répandent jamais l'alarme de leur voix.

Jamais l'agneau bêlant, jamais le loup sauvage,

Ni l'homme et ses clameurs, ni le moindre ramage,

Ni l'Aquilon qui sifllo à travers les rameaux ,

De ce désert muet n'ont troublé le repos.

Le Silence l'habite. Un ruisseau qui murmure,

Source d'oubli qui sort de la caverne obscure.

Glissant sur les cailloux de son lit sablonneux.

Endort au bruit naissant de son cours paresseux.

De pavots odorants une moisson féconde

S'élève autour de l'antre et se penche sur l'onde.

La Nuit vient les cueillir, et répand dans les airs.

Leur baume assoupissant , charme de l'univers. . .

Au seuil de la demeure aucun garde ne veille ;

Mais au fond de la grotte , à l'ombre d'un vieux dais ,

Sous le double contour de ses rideaux épais.

S élève un lit d'ébèno où, sur la plume oisinise. Plongeant dans le duvet sa langueur [)aresscus(^ , Cjo dieu silencieux , couronné do pavots , Savoure les douceurs d'un étemel ro\yy&. Imitant les objets par de savants mensonges , Voltige autour de lui le peuple ailé des Songes, Essaim égal en nombre aux feuilles des forêts. Aux sables du rivage , aux épis des guéréLs. .

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