‹ La mythologie (volume 2)Chapitre 2 sur 77 · M AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

M AVANT-PROPOS

même d'une jeune mère ? . . . Non , bien certainement ! Il y a donc , pour le moraliste comme pour l'écrivain , une chose honorable à tenter. Si cet écrivain réussit à plaire en instruisant , s'il sait choisir et conserver quelques-uns des vers charmants de Demouslier , en y joignant des morceaux de poésie célèbres, cet écrivain, disons-nous, réalisant le vieil adage Miscuit utile dulci, rendra service à tous les âges et à la morale , qui regrettait parfois le succès de Demoustier !... M. Philipon de la Madelaine est-il cet auteur , et son ouvrage réunit-il toutes ces conditions?... ce n'est point a nous à le dire , mais nous l'avons pensé puisque nous éditons, avec un grand luxe de gravures et des frais considérables , ce petit volume dont le prix est à portée de toutes les bourses.

Qu'il nous soit permis d'ajouter que le traducteur de là Jérusalem délivrée 3L traité ce sujet avec le tact et la science dont il a fait preuve dans ses nombreux ouvrages. Complétant un

AVANT-PROPOS. vu

travail que personne avant lui n'avait encore entrepris de présenter aux gens du monde et à la jeunesse , dans tous les immenses développements dont la Mythologie est susceptible, M. Philipon de la Madelaine a parlé des fables et des religions de Tlnde , de la Scandinavie et de rAmérique. Tous les dessins sont de M. Baron, dont le crayon habile a trouvé mille compositions neuves sur des sujets qui ont servi tant de fois aux peintres et aux statuaires de tous les temps.

Nous espérons donc que le public encouragera un livre recommandable par les noms de récrivain et de l'artiste, et, nous osons le dire , par le soin que nous avons mis à le bien exécuter.

MALLET et (>.

■Il ."Idil'f 1 wïÎbU': k I ......I' ..|.(>iM*'l 't. :

I mil ,,iwiitl

. .C KIMt -'Ij J'Ikl 171" II) ■

jilifuij 'il 4|||i tn"t< •'t>n*»fr>i tti(>K iiy| <>lliiiluiituiNi"t'<i nvrf iri' jq^ ip-iJl riv . "..>nt. I •), i'< ni».riTn>*l Wh

Sans la mythologie, qui est l'histoire et l'explication de U\ fiible, il est impossible de lire avec fruit les poètes et les écrivains de l'antiquité et de comprendre les œuvres des peintres et des stiituaires. Il faut donc la regarder comme le complément nécessaire d'unç bonne éducation.

Tous les peuples ont eu leurs fables et tous ont eu leurs mjthologics. Les plus célèbres sont celles des Grecs, dos Scandinaves et des Indiens. Mais

i LA MVTHOLOGIE.

comme les plus récentes de ces inventions semblent se rattacher, par mie chaîne non interrompue, aux plus anciens récits qui nous soient restés des auteurs profanes ou sacrés, on a voulu trouver leur commune origine; c'était chercher la source et la cause des religions. En remontant aussi loin, ou ouvrait un vaste champ au\ conjectures et aux controverses les plus variées. Ce qu'il faut croire avec les meilleurs esprits, c'est que l'Histoire Sacrée, déGgurée par mégarde ou dans un but coupable, prêta la majesté de sa poésie aux iictions superstitieuses dont s'emparèrent tour à tour les esprits grossiers et délicats. Mais sans chercher à faire d'inutih;s rapprochements , il est permis de penser que le besoin d'adorer un être supérieur et d'en recevoir des consolations ou des bienfaits, joint au désir de conjurer ses colères, inspira les humains.

Les prêtres de la Phénicie et de l' Egypte préparèrent les éléments de ce culte profane qu'ils transmirent aux Grecs. Ceux-ci l'adoptèrent, et, après l'avoir épuré, ou plutôt porté jusqu'au raffinement, ils le léguèrent aux Romains, qui multiplièrent leurs dieux en même temps que leurs vices^ s'accrurent; puis leurs armées, qui parcouraient toutes les parties du globe , donnèrent sans doute aux Scandinaves et aux Gaulois l'idée du culte d^Odin et de

LA MYTHOLOGIE. t

Teutatès. Quant aux fables de Boudiia et dos peuples de r Amérique , elles eurent un môme berceau et suivirent dans leurs développements les progrès intellectuels et civilisateurs de ces diverses nations. Toutes deux d'ailleurs ont, comme la mythologie grecque, de nombreuses ressemblances avec r Histoire Sacrée, et nous pourrons les signaler à mesure qu elles se présenteront à nous.

Ainsi , sous le rapport de fart et de Tinstruction , la mythologie est utile; sous le rapport de la morale , on peut , avec une étude sage et prudente , en en écartant les images dangereuses , y trouver des exemples et des enseignements.

Là , pour nous enclianter, (ont est mis en usage ; Tout prend un corps, une tlme, un esprit, un visage; Chaque vertu devient une divinité :

Miner\'e est la prudence, et Vénus la beauté. Ce n'est plus 1^ vapeur qui produit le tonnerre. C'est Jupiter armé pour effrayer la terre. Un orage terrible aux yeux des matelots, C'est Neptune en courroux qui gourmande l(»s flots. Écho n'est plus un son qui dans l'air retentisse. C'est une nymphe en pleurs qui se ])laint de Xarcissi». Ainsi , dans cet amas de nobh^s fictions, I^ poète s'égaie en mille inventions , Orne, élève, embellit, agrandit toutes choses. Et trouve sous sa main des fleurs toujoui*s écloses.

BoiLKAr.

La plus riche et la plus merveilleuse de ces niy-

LA MÏTIIOLOUIE.

thologies était celle des Grecs : nous lui accorderons la plus grnnde filace dans notre livre. Nous commencerons par elle, mais nous parlerons successi>ement de toutes les autres.

Page 1