ATHLÈTES
(]es fêtes se célébraient à Olympie en l'honneur de Jupiter.
On vous a jmrlé quelquefois
De ces joutes, de ces lournois, Où, la lance en arri^t, la visière baissée. Nos chevaliers, brûlant et de gloire et d'amour,
(Combattaient pour faire la cour
A la dame de leur pensée ,
Qui payait oniinairement
Un œilf un bras de moins, une jambe cassée, D'un bracelet ou d'un ruban.
Demoustier.
Tels étaient à peu près les jeux olympiques. L&s femmes en furent long-temps exclues sous peine de la vie. Malgré cette loi sévère, quelques-unes s'y rendirent en habit d'homme ; plusieurs même osèrent entrer en lice ; et , ayant remporté le prii , elles ouvrirent aux femmes la barrière des jeux olympiques. Ils étaient toujours précédés et suivis d'un sacrifice en Thonneur des Dieux , et principalement d'Apollon. Puis on ouvrait la carrière préparée pour la course , la lutte , le ceste , le disque et les différents tours de force et de souplesse. Dans le principe la course n'était que de six cents pas ou d'un slade. Les prétendants couraient à pied armés de toutes pièces. A la deuxième olympiade, le stade fut doublé. On établit alors la course des chevaux , et à la vingt-cinquième on y joignit celle des chars. Les couronnes étaient de myrte , de chône ou d'olivier.
Les lutteurs combattaient nus. On leur frottait d'huile les membres et le corps pour leur donner plus de souplesse et laisser moins de prise à leurs adversaires. Puis ils essayaient , par force ou par adresse, de se renverser jusqu'au moment où l'un d'eux pliait et tombait sur les reins.
Le ceste était un exercice pénible et dangereux. Les combattants étaient armés de gantelets composés de plusieurs cuirs appliqués l'un sur l'autre ; un seul coup porté sur la tête suffisait pour assommer. On permettait d'user de tous les moyens pour triompher de ses adversaires. Arrachion avait vaincu tous les siens, à l'exception d'un seul. Celui-ci le jeta par terre et l'étrangla ; mais , avant d'expirer, Arrachion lui enleva l'orteil avec ses dents. Le vainqueur , saisi de douleur , demanda grâce , et l'on posa la couronne sur la tête d' Arrachion.
Le disque était un palet de pierre et de métal qu'il fallait jeter à la plus grande dislance possible en se tenant d'un pied sur la pointe d'un cône.
Les juges étaient au nombre de neuf. Ils faisaient un noviciat de dix ans avant de monter sur le tribunal , et juraient d'observer rigoureusement les lois de l'équité.
Comme ces jeux se célébraient tous les cinq ans , ces périodes ont servi, durant plusieurs siècles, d'époques pour la chronologie. Ainsi l'on disait : Tel événement eut lieu la première , la seconde année de la vingtième, de la trentième olympiade.
Les athlètes qui se distinguèrent le plus dans les jeux olympiques furent : Théagène, Enthyme, Milon et Polydamas. On avait élevé à Théagène une statue. Un de ses rivaux allait toutes les nuits la fustiger :
Ui LA MYTHOLOGIE.
elle tomba sur lui et l'écrasa. La statue , traduite devant les juges de Lacédémone , fut condamnée à 4)tre jetée dans la mer; mais, la famine ayant suiti l'exécution de cet arrêt, lesThasiens, compatriotes de l'athlète, consultèrent l'oracle, qui leur ordonna de repêcher et de rétablir la statue. Depuis lors I héagène fut mis au rang des demi-dieux.
M ilon de Crotone est plus célèbre encore. On le vit aux jeux olympiques charger sur ses épaules un taureau de quatre ans , le porter au bout de la carrière sans reprendre haleine, Tassommer d'un coup de poing et le manger le même jour. Il parvint à un Age avancé ; mais
U> TcMnps emporte , dans son cours ,
Et nos forces et nos amours.
Au moment où l'homme commence,
I^ vieillesse vient l'avertir
Qu'il esl déjà temps de finir;
Kt bientôt de son existence
11 n'a plus que le souvenir.
Demoitstier.
Un jour que iMilon se promenait seul dans on bois écarté , il aperçut un arbre que le vent avait fendu en l'agitant. Il essaya d'en séparer les éclats; mais son bras avait vieilli. L'arbre s'entr'ouvrit à la première secousse et se referma aussitôt. Tous k*s efforts (le Milon ne purent le dégager de cette
LA MVTKOLOUIK. i»S
treilile Tatale , et il fut dévori^ par les btXes Té-
Polydnmas avnit étouiïé dans ses liriis un liuu monstrueux; d'un seul cuup il assommait un homme; d'une main il arnMait un rliar attelé de six coursiers. Un jour, taudis qu'il buvait dims une grotte avec ses amis, la voûte s'éliranla , et les convives prirent la fuite. Polydamas , com|iliiut sur ses forces , voulut soutenir cette masse (inorme ; mais le rocher, en s' écroulant, l'écrasa dans su cliute.
Telles sont les suites de la pn'-somptum. I..ft safîc
iM LA UYTHOLOGIE.
évite le danger , le téméraire le brave et succombe.
Nous avons vouhi raconter ici les fables les plus célèbres de la mj-thulogie des Grecs et des Romaios, saas prétendre les rappeler toutes ; car plusieurs d'entre elles sont de nature à ne point trouver place dans un livre destiné à tous les ftges.
C'est ici que s'arrête la première et la plus impottunte partie de notre ouvrage.
LA MYTIIOLOGIK.