FABLES ET DIEUX DE L'INDE
I) est iin)iossib]e de rien voir de plus métaphpique et de plus abstrait que les Tables religieuses des diverses sectes de l'Inde ; et cependant elles offrent trop d'intérêt pour que nous nous dispensions de parler des principales. Cet ouvrage n'a point pour objet de péniitrer d'obscurs mystères, mais de donner des notions utiles sans entrer dans de longs déveioppemetils.
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Le Grand-Brama , bienfaisant créateur, Ne permet point les combats sanguinaires.
Parny.
Brahma est TÉternel, Tlrrévélé, le Créateur, suivant les Hindous. Il est un des trois membres de la Trimourti ou Trinité indienne. Il passa trente-six mille ans à contempler le panorama du chaos des mondes avant de commencer l'œuvre de la création. Alors il produisit sept sphères étoilées , la terre avec ses deux luminaires, et sept Patalas ou régions in férieures, éclairées par huit escarboucles placées sur la tête de huit serpents. Des mondes il passa à la création des êtres qui devaient les peupler. De purs esprits l'aidèrent dans Taccomplissement de son œuvre.
Lu terre était encore sans habitants. Il tira de lui même Menou Sonaîambbouva , qui eut pour femme Sataroupa. Sous ce point de vue , il est la vitalité organique qui va de corps en corps.
« Il est Tobjet des plus antiques adorations des »> brahmanes. Ils le considèrent comme Tintelligence » incarnée dans le monde et dans Thomme au com » mencement des temps , et s'y incarnant de nou- » veau dans le cours de chaque âge , à chaque révo- » lution de Tunivers. Il est la parole par qui tout fut » créé et |)ar qui tout est vivifié. Il est le chef in- » visible des brahmanes , le législateur par excel-
» lence, la science, la doctrine, la loi, la forme des • formes.» (Creuzer.)
Les Hindous l'invoquent régulièrement soir et matin en jetant trois fois de Teau avec le creux de la main sur la terre et vers le soleil , qu'ils adorent comme la plus belle image de T Éternel. A midi ils lui renouvellent leurs hommages en lui oiTrant une simple fleur. Dans le sacrifice du feu , ils lui présentent du beurre clarifié.
Les peintures hindoues représentent toujours Brahma avec quatre tôtes et quatre faces analogues nu\ quatre points cardinaux. De longues barbes descendent de ses quatre mentons. Il n'a que quatre mains , qui tiennent la chaîne mystérieuse à laquelle pendent les mondes et le livre do la loi , le calame ou le poinçon à écrire et le feu du sacrifice. Quelquefois il trace la parole divine sur une feuille de palmier. Un vase recouvert est dans Tune de ses mains. Au-dessus de ses quatre têtes s'arrondit ovalairement une espèce de conque surmontée d'une pyramidelle de flammes , emblèmes de l'eau et du feu. Parfois il est posé sur quelques feuilles de lotos et semble couver l'œuf du monde. Souvent il a pour monture le cygne-aigle Hamsa.
Vichnou, deuxième dieu de la Trimourti indienne , passe pour le conservateur de la création que Brahma a tirée du néant. ■ Il descendit sut
• la terre par un sacrifice dont lui seul était ca-
• pable ; et, pour la sauver d'une perte certaine, » il se soumit à toutes les faiblesses , à toutes les
• misères de l'humanité. Il se fit pasteur, guerrier « et prophète pour laisser aux hommes, en les quit- ' tant , un modèle de l'Iiomme. Lui seul Tait les vé-
• ritables saints. Il réside au centre des mondes, > et tous les mondes sont en lui : il est l'unité dans
• le tout. * (Creuzer.)
On représente ordinairement Vichnou près de son épouse Lakchmi, qu'il enlace de ses bras. Son teini
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**^(Weu; ses yeux ressemblent à des Heurs de lotos; ^on visage brille d'une éternelle jeunesse. Ses membres sont vigoureux ; ses quatre mains tiennent le padma, iesankha, espèce de mollusque ; le tchakra, roue flamboyante , enfin le sceptre du monde. Parfois ses mains élevées versent des bénédictions sur les mortels. Sur sa tête s'élève une couronne à trois étages. Au milieu de sa poitrine étincelle le magnîBque diamant qui éclaire toutes choses et en qui toutes choses se reflètent. De précieux vêtements enveloppent sa noble taille. On lui consacre Taigle, Tépervier, l'abeille bleue, et on place à ses côtés un
oiseau fantastique , brillant assemblage de l'homme
et de l'aigle.
Le culte de Vichnou est répandu dans toute
rinde.